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22 avril 2008

Polaroid

Ca remonte à l’été dernier.
Je me souviens, c’était au même moment que ça.

Un soir.
Tard.
Je rentrai à velib.
Accompagné.
Très bien accompagné.
D’ailleurs.
Je m’en souviens très bien.

C’était encore du temps des pénuries de places de velib.
Oui, nous pourrons dire à nos petits enfants que nous avons connu Paris du temps de la pénurie de places de velib.
Formidable.
Ils nous regarderont avec des yeux admiratifs.
Obligé.

«
- Waouw ! Papy Maximounet a bravé Paris du temps de la pénurie de places de velib ! ».
- Mon papy Maximounet est fort, grand n’a peur de rien sauf de la vaisselle et des factures. T’es mon héros mon papy.
»

«
- Oui mon petit descendant, ton papy a même parfois failli se prendre des prunes (oui, il faut leur parler fruits et légumes pour qu’ils comprennent à cet âge là) et il a traversé une fois les yeux fermés la place de l’Etoile (et il faut aussi leur raconter de belles histoires pour s’endormir les yeux fermés dans les étoiles).
»

Bref.

Nous marchions.
Rue de Sèvres.
Minuit.
Et à terre, sur le trottoir.
Deux polaroids.

Imaginez :
Trouver des photos d’inconnus.
Sans connaître leur histoire.
Leur vie.
Une part d’intimité inconnue qui vous est offerte.
Un peu comme cette pellicule photo que j’ai retrouvée enfouie dans le sable en Algérie.
Que doit-il y avoir à l’intérieur ?
Qui l’a oubliée ?
Est-elle ancienne ?
Que va-t-on découvrir ?
Des questions, souvent sans réponse.
Surtout quand cette pellicule reste muette une fois développée.
Mince.
Frustration.
L’auteur gardera son intimité.

Je m’égare.
Revenons à nos deux polaroids de la rue de Sèvres.
La photo semble passée.
Couleurs ternies.
Dessus, deux femmes.
Asiatiques.
Sans doute chinoises.
Sur la place des droits de l’Homme.
Au Trocadéro.
Clin d’œil d’après coup : Chine sur la place des droits de l’Homme… ça laisse perplexe.

Et cette photo elle avait une histoire.
Cette photo, nous pouvions la dater.
Pour celui à l’œil aguerri.
Car en fond, il avait la Tour.
Notre Tour Eiffel.
Avec son compteur.
Comptabilisant encore le nombre de jours avant l’an 2000.

Nous sommes en août 2007.
Nous trouvons deux polaroids sur un trottoir de la rue de Sèvres avec une chinoise posant devant la tour Eiffel sur le parvis de place des droits de l’Homme quelques jours avant l’an 2000.
Sept ans.
Sept ans plus tard.
Sept ans au Tibet, clin d’œil.

Alors elles.
Que faisaient-elles ici ?
Alors eux.
Ces polaroids.
Que faisaient-ils ici ?
Qui les a perdu ?
Qui voulait que je les trouve pour publier un post et leur redonner vie au lieu d’être oubliées au fin fond d’un tiroir ?

«
- Dis, papy Maximounet, pourquoi tu te poses autant de questions hein ? Dis pourquoi.
»

«
- Ah mais !! Finis ta glace, petit descendant bien curieux! Et on ne mange pas la bouche pleine !
»

Le plus génial, c’est qu’une photo a été prise avec l’une des deux chinoises tenant dans ses mains deux polaroids.
Donc, il y en avait un troisième.
Forcément.
Et ce troisième, je ne l’ai pas.
La collection n’est donc pas complète.
Spielberg pourrait en faire un film « A la recherche du polaroid perdu ».
Oui, Jean-Yves Spielberg, un amateur de dailymotion qui foire tous ses films avec des bandes sons de Daniel Guichard.
Mais non.

 

280630419.JPG

 

N’empêche que.
Si on se donnait vraiment les moyens, il y aurait possibilité de retrouver les propriétaires de ces deux clichés:
Sans reproduction.
Sans voyager et errer à les retrouver.
Sans internet.
Non.

Une seule possibilité.
Enfin si, voyager une fois.
Juste pour une minute, sur place, et montrer ces polaroids…

Alors?
Où et comment ?




Bon, c’est vrai, faudrait être un peu casse-cou et très malin…
«
- Mais, papy Maximounet, t’es mon héros, donc tu pourrais le faire !
»

«
- Ton papy a envie de rester ton papy mon mignon.
Et il n’a pas envie que tu le regardes sur un polaroid posé sur ta table de nuit où serait écrit « C’était mon papy Maximounet »…
»