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10 juillet 2009

L'image du vendredi (10)

 

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Iran.

Je suis à Ispahan.
Sur la place de l’Imam.
Une grande et merveilleuse place, centrale à Ispahan.
Les mosaïques des dômes des mosquées resplendissent.

Le lendemain matin, je m’envolais pour Téhéran puis Paris dans la foulée.
Autant dire que ce moment était nostalgique.
Et cette soirée là, à l’image du séjour, nombreux seront les iraniens venant spontanément vers moi pour parler, encore et encore…

En Iran, je me suis rendu compte que réalité rimait avec hospitalité.

26 août 2008

Mon Iran, en mille mots

Téhéran, 11 mars 2008, 22h10.

Une fois l'avion posé, le décor était planté.

«
Nous sommes désormais en République islamique d’Iran.
Nous vous rappelons que l’alcool est interdit.
Et que le port du voile est obligatoire pour les femmes.
»

Au départ de Paris, sans doute 95% des femmes iraniennes ne portaient pas le voile.


Téhéran, 20 mars 2008, 01h00.

Je rentre pour Paris.
J’entre dans l’appareil.
Autour de moi, toutes les femmes sont voilées.
Je m’installe.

Nous sommes dans l’avion, désormais en zone internationale.
Cinq minutes plus tard, 95% des femmes iraniennes auront jeté le voile.




Voilà.
En deux moments clés.
L’atmosphère culturelle actuelle iranienne est posée.


L’Iran.

Un berceau du monde.
De notre civilisation.
De l’Empire de Babylone à celui des Perses.
Non loin de l’origine de l’écriture.
Aux mosaïques les plus extravagantes.
A l’architecture époustouflante.
Au peuple à l’hospitalité inégalée.
Le cœur sur la main.

Je me souviens.

J’arrive.
Tard.
Minuit.
Dans Téhéran.
Avec le Lonely Planet de 2004.
Devant l’adresse où mon auberge n’existait plus.
En fin de compte.
Alors le taxi me laisse.
Je marche.
Me dis que je vais faire comme en Syrie le premier soir, me trouver un trottoir confortable.
Et deux policiers à moto s’arrêtent.
Kalachnikov à la main.
«
Il ne faut pas traîner seul à cette heure-ci avec vos sacs. Venez avec nous.
»
Et me voici.
Arrivé dans une auberge.
Escorté.
Amir Kabir street.
Où on m’accueillera comme un fils.
M’offrira le thé.
Des pâtisseries.


C’est bien là-bas.
En Iran.
Que je n’ai jamais autant rencontré de monde.
Qu’on n’est jamais autant venu vers moi.
Me voir.
Me parler.
M’inviter.
M’offrir.
Me sourire.

On ne reste pas indifférent à ce peuple.
A ces gens.
Qui vous regardent.
Parfois avec amusement.
Parfois avec intérêt.
Parfois avec plaisir.
Parfois avec envie.
Et d’autre fois avec tristesse.
Oui.

Là-bas, ces gens, ces Marjane Satrapi, à chaque coin de rue on les croise.
Ces hommes.
Ces femmes.
Qui rejettent la révolution islamique de la fin des années 70.
Portent sur eux le refus de se plier aux règles de cette révolution.
Discrètement.
Intrinsèquement.

Ces femmes, habillées à l’occidentale, avec leur léger foulard sur les cheveux qui glisse inexorablement vers leur nuque.
A la beauté qui n’est plus à prouver.
Au regard « persan » et charmeur.

Ces hommes, qui viennent vous voir.
Vous parler.
De politique.
De religion.
Et qui crient.
D’être tenus par le gouvernement.
Aucune liberté.
Et lorsqu’ils vous racontent :
«
Tu sais, vous les occidentaux, tout ce que vous racontez dans vos médias au sujet de l’Iran, et bien vous ne vous trompez pas. Tout est vrai…
»
De glace.
On est glacé.

Sept iraniens sur dix sont déprimés.
C’est triste.
Car ils sont tellement intelligents.
Tellement chaleureux.
Tellement ouverts.
Attachés à leur culture.

Le cœur sur la main.
Encore et toujours.
Malgré tout.

Je rencontrerai Heidar.
A peine vingt ans.
Sous le calme apparent de ce garçon se cachait de la colère.
Heidar était monstrueusement cultivé.
Il parlait le français.
L’anglais.
Friand d’histoires occidentales.
Il n’avait qu’une idée en tête.
Fuir l’Iran.

Il voulait être journaliste.
Et je le revois.
Me raconter son histoire.
La sienne.
Celle de sa famille.
De son oncle emprisonné.
Et sa colère.
Colère envers son gouvernement.
Qui tient les rênes de tout son peuple.

Oui.
Seulement quelques personnes tiennent un peuple tout entier.
C’est bien ça le plus triste.
Heidar, c’est sa détresse qui m’a marqué.

Ce sont ces personnes que l’on croise.
Qui nous apprennent de nouvelles choses.
Avec du plaisir, de l’envie.

En Mauritanie, j’avais appris que.
« La connaissance est une fortune qui n’appauvrit pas celui qui en offre ».
Ici, en Iran, ces gens prennent plaisir à partager cette fortune.
Ca se voit.
Ca se sent.
Et ils n’en sont pas avares.
Et restent intègres.
Et humbles.

Alors là-bas.
On savoure.
De se promener dans les rues de Shiraz, au sud, dans ses allées parsemées de roses, à l’atmosphère douce et se savoir à quelques kilomètres de Persepolis.
De ne croiser quasiment aucun occidental.
Dépaysement total.

De découvrir la place de l’Imam d’Ispahan et d’y faire des rencontres extraordinaires.
De se faire prendre en photo par trois iraniennes amusées qui voudront tout savoir sur nos modes de rencontres hommes/femmes chez nous, en occident.
De déambuler dans les rues si bruyantes et animées de Téhéran.
De jouer à se faire peur, en prenant un bus à la gare routière d’Ispahan à 23 heures, là où deux mois auparavant un touriste français s’est pris une balle dans la tête.
D’écouter des heures entières les iraniens revendiquer haut et fort leur identité perse.
Et non arabe.

De se délecter des saveurs de mets iraniens.
D’aimer surprendre un jeune couple se prendre la main en se cachant de regards inquisiteurs.
De découvrir une pancarte Ikéa alors que trois jours auparavant on était en Suède.
De ressentir combien les moments passés ici complètement isolées, il y a quelques années, durent être affreux pour des personnes comme Betty Mahmoudi.
De se faire chérir par les gérants d’auberges.
De rencontrer un ou deux autres occidentaux, la tête retournée également par ce pays et ses richesses.
De s’enfoncer de plus en plus dans le cœur du pays et voir davantage de visages s’ouvrir.

Et de marcher.
Marcher.
Et encore marcher.
De jour.
Comme de nuit.

A la recherche d’authenticité.
De perte de repères.
D’être balancé.
Amusé.
Paumé.
Lâché.

Libre.




Mais pas eux.

28 avril 2008

La promenade du WE

Un petit tour vite fait en 5'11 (avec bonus de fin).




11 mars 2008

Stannar

On pourrait imaginer.
On pourrait imaginer partir un week-end dans le froid.
On pourrait imaginer partir un week-end en Suède.
On pourrait imaginer partir un week-end à Stockholm.
Ou à Göteborg.
Oui, Göteborg par exemple. C'est moins courant.
Sauf celui de l'air, qui la caractériserait.
Göteborg, dans les courants d'air.

On pourrait imaginer être paumé.
Ou pas.
En arrivant, cherchant directement son auberge de jeunesse.
Hop, sac posé, contraintes terminées, en route pour la découverte.
Oui, ce serait très facile à imaginer.

On pourrait imaginer
Hurler de rire. A les entendre parler, avec leurs intonations made in Ikéa.
« Lé ektan astoglu stanna gune manda svek ».
S'étonner. A monter dans des tramways de l'ère stalinienne.
S'émerveiller. A contempler la beauté des suédoises qui, on imaginerait, ne serait pas un mythe.
S'amuser. A les regarder traverser une route sagement sur les passages piétons.
S'étonner encore. A constater que les suédois sont des personnes sages et calmes.

On pourrait imaginer.
Enormément de choses.
Déjà.
Un menu que notre regretté Gilot-Pétré aurait mieux expliqué que moi.
Que la brume prenne l'apéro en inaugurant la journée, avant que le soleil et le ciel bleu ne se partagent le plat de résistance l'après-midi et que la pluie ne se goinfre seule du dessert de la nuit tombée.
Et tout ça, arrosé de rafales de vent.

On pourrait imaginer.
Qu'un éventail d'Isis tellement riche remette en doute les préceptes d'un inconditionnel de l'Italienne.
On les imaginerait grandes, élancées, sveltes, bi-colores assorties entre blondes et brunes, très fashions, au regard tendre du viking vaincu, à la bouche invitant à l'échange culturel et linguistique, aux courbes aussi harmonieuses que les collines du Perche ou qu'une dune saharienne, aux traits aussi fins qu'une carte faite au Rotring, et au calme aussi fort que mon envie de les fixer.
Soupir.

On pourrait imaginer.
Ces rues animées en journée, qui resteraient un vrai défilé d'élégance.
Animées, mais d'un calme organisé où aucun klaxon ne viendrait entacher la douce quiétude environnante.
Où les gens seraient beaux. Tous.
Ne laissant aucune chance à celui qui aurait malgré lui un nez, un oeil, une bouche de travers.
Là bas, on n'imaginerait pas la pauvreté.
Elle ne se montrerait pas.
Car elle existerait bien.

Mais ces rues, elles me rappelleraient le désert en soirée.
En plus humide.
En moins chaleureux.
En moins étoilé.

On pourrait imaginer.
Sympathiser avec deux étudiants brésiliens en exil à Dublin qui seraient compagnons de ronflements.
Qui s'amuseraient d'être tombés sur un français leur parlant trois mots de portugais dont « lapin » et « navet ».
On pourrait les imaginer braver le souffle et la pluie un soir à la recherche d'un troquet perdu où se concentrerait un repaire de minettes suédoises sans matou à leurs bras.
Peut-être rentreraient-ils tard le soir, la tête qui tourne et criant le nom de fauteuils, de lampes, de coussins en langage Ikéa en essayant de passer inaperçus?

On pourrait imaginer.
Frauder dans un de ces mystérieux tramways staliniens.
Se faire remarquer en étant le seul à se balader avec un parapluie.
Refuser de donner des cigarettes en prétextant ne pas parler suédois. Tiens, bonne idée ça, à noter pour Paris, ça pourrait servir. Décidé: vais me mettre au suédois(e).
Se poser pendant une heure dans la gare à observer ces géants arriver. Partir.
Aller au musée des Beaux-Arts de Göteborg et ne rien comprendre aux explications de l'expo temporaire.
S'arrêter devant un restaurant français proposant des « spaghettis polonaises ».
Manger des salades qui n'ont aucun goût.

Ecrire.

On pourrait imaginer.
On pourrait imaginer prendre son café le dimanche matin, devant une pluie diluvienne, dans un « petit café » offrant des pâtisseries qui n'auraient rien à envier à nos pâtisseries de campagne.
Regardant la pluie tomber, au chaud, oeil espionnant la rue si vide, connecté au wifi de « Solberg23 », se disant vraiment que la technologie a du bon.

Et puis.
On pourrait imaginer que tout à l'heure, on serait catapulté dans un des berceaux du monde.
Tant attendu.





Je crois que je rêve trop.
En fait.



Mais j'adoooooooore.