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14 avril 2008

1er jour, Syrie 2007

Syrie, 7ème partie.
Je devais initialement partir en Iran, mais me suis heurté à un refus net de la famille...
J'ai alors opté pour la Syrie, bien que mon frère m'ait dit en ironisant "Syrie?? Arrête, c'est pire!!".
Mais c'est normal, ils tiennent au petit Maxime. Merci.




Samedi 13 octobre. 1er jour.

La tête un peu dans le pâté tout l'après-midi. Une sieste de 14h à 14h45 aura eu raison de moi et de ma fin de nuit agitée, tellement pressé, stimulé, excité pour le départ qui, peu à peu, se rapprochait: me suis levé à 7h30 et finalement, ce fut une bonne chose car encore de nombreux bouclages à terminer. "bouclages à terminer"... bon français ça hein!!
C'est le radio réveil qui aura raison de moi en ce début d'aprem... et heureusement! Je n'imagine même pas ne pas me réveiller!

Charles de Gaulle.
Petit hic: j'ai oublié ma carte FlyingBlue, et comme je voyage avec Alitalia jusque Damas via Milan, ça m'aurait rapporté des points. Tant pis, on verra et s'occupera de ça au retour. Aujourd'hui, toujours pas fait... aaaah, procrastination, quand tu nous tiens...
Voilà, je l'ai dit: Damas, Syrie.

Et cette fois-ci, seul, comme pour le Tibet. Second voyage en solo, mais première fois en solo dans un pays arabe et du Moyen-Orient qui plus est. Enfin seul dans un pays arabe.
Du beau, rien que du beau en perspective. Et ça le sera.

17h50, premiers embarquements pour la première étape milanaise. Le cliquetis des billets compostés de la porte F36 arrivent jusqu'à mes oreilles, la queue s'amincit: je m'y faufile.

Milan.
Et forcément, envie d'une clope. Alors je cherche la future porte d'embarquement et me plante.
A peine le temps de m'en griller deux vite fait et de sentir la douceur de l'atmosphère milanaise avant de remonter dare-dare, filer au duty free pour y faire les provisions de clopes, à me relire, c'est dingue quand même cette addiction!!! un sandwich et une boisson et me voici dans cette salle d'attente de l'embarquement assez froide, moche, crapouillou et qui aurait besoin d'un coup de neuf.
Il est 20h55, l'heure des hymnes nationaux pour la demie-finale de rugby France-Angleterre. Sérieux, ça, ça me fait chier de la rater! Mais bon... Bon, au final, rien perdu...

Là, j'ai l'impression que tout passe très vite, pas trop le temps de me poser et de savourer cette attente. Remarque, pour un fumeur, c'est pas plus mal. Et rebelote sur la clope...
Je sais comment va tout se passer: vais être balancé à Damas. Mais le même coup de blues du premier soir en Chine, je ne l'aurai pas, je sais. Et ce pour plusieurs raisons: suis encore plus familier avec les carnets, les aquarelles; les pays arabes, je commence à les connaître; parti seul, déjà fait; et j'ai tous mes euros sur moi... Ca, c'est la clé

Alors pourquoi la Syrie?
Initialement, ça devait être l'Iran. Sans doute une prochaine fois. Et ça l'a été, et bien passé auprès de la famille
La Syrie reste un des berceaux de notre civilisation, lieu du premier alphabet, des premières écritures, bousculée entre Mésopotamie, Babylone, les perses, les grecs, les romains, les croisés et templiers.
De vrais pans entiers d'histoire en Syrie. Et puis, Maya m'a donné l'envie aussi d'aller voir ce qu'il s'y passe. Maya est une amie syrienne vivant à Paris
Aussi, le fait que pour les femmes il y ait un mélange entre occidental et traditionnel m'a séduit.
La Syrie, j'aime déjà.
Bon, je passe à dimanche direct là, sans transition.

Normalement, je stoppe le « premier jour » ici ... mais bon, là, la journée du samedi et du dimanche se sont enchaînées direct sans pause, vol de nuit oblige. Et sur le samedi, faut dire, y'a rien eu d'intéressant de raconté. Alors continuons sur le dimanche, qui reste finalement « première journée ».
(Et comme on est le 14 avril, « Saint Maxime », alors exceptionnellement, ce sera bonus...).


Dimanche 14 octobre. 2ème jour.

Vol Milan-Damas.
Petit repas pas très élaboré et folle envie de dormir, mais mal installé. Tant pis, une petite heure de repos avant d'être brusquement réveillé par la descente sur Damas. Tant mieux, on arrive, car l'attente comme ça, ça me saoule. Suis devenu très impatient comme garçon. Bizarre que je n'ai pas écris que la clope me manquait là...

Damas.
Yeux explosés.
Douane.
Mais folle envie de pisser (oui, toujours très élégant) , donc me retrouve ainsi direct au niveau des embarquements: en fait, si j'avais voulu, j'aurai pu sortir direct, pas difficile ici d'éviter la douane, mais faut récupérer le sac.
Douane. Bizarrement, le type regardera longuement mon visa nigérien et me posera des questions. Première fois aussi long à la douane.
Sac récupéré, ouf! un "ouf" au moins à l'aller.. Je file dehors pour la clope syrienne et prends un bus direction Damas. aaah ben la voilà la fameuse clope!
Il fait bon, je suis bien. Très bien même. Manque plus qu'un "On est bien, hein, Tintin"... J'arrive à 2h à Damas. J'apprendrai une semaine après, par des belges arrivés à 3h30 le même jour qu'une fusillade a eu lieu à l'aéroport et qu'un type a été tué... Sans doute aurai-je été un brin moins serein...
Le bus me lâche dans un trou perdu en ville, avant qu'un tacos ne vienne me voir: super, comme ça, vais lui demander d'aller direct à l'hôtel Al Haramain. Et non sans mal! Petites rues, Damas de nuit me plaît.

Arrivée à l'hôtel et là... trois autres touristes dehors, à l'entrée de l'hôtel, assis... il est fermé!
Je n'ai jamais dormi dans la rue, et ben ce soir, enfin ce matin (4h), ce sera une première. Allez hop, on serre les fesses sur ces pavés durs comme... ben durs comme des pavés.
Zou! Ai envie de dormir, je ne tiens plus.

Peut-être dormi vingt minutes, mais c'est chiant ces pavés. Finalement, je me relèverai, pour marcher et dessiner cette rue. Ce sont des allemands les trois avec moi à attendre dans la rue. On trouve ça rigolo les 10 premières minutes de squatter le trottoir, mais ça devient vite relou...
A 5h15, quelqu'un entrera dans l'hôtel, le jour s'est levé. Ca me semble tôt d'ailleurs.
Finalement, un allemand me dira qu'il est plutôt 6h15... Ok... J'avais même pas capté qu'il fallait changer d'heure: le gars qui prépare vachement bien ses voyages!!!
Nous entrons dans l'hôtel, le fundunk. Le gérant dormait dans l'entrée... on aurait pu entrer depuis longtemps, car la porte n'était pas fermée, il fallait juste la pousser un peu fort... Alors ça, t'as vraiment l'air d'un con quand tu t'en rends compte!
Je laisse le sac ici et reviendrai à partir de midi pour réserver pour ce soir.
En attendant, direction la vieille-ville.

Il est 7h30, rues désertes, souks fermés, personne. Dingue.
Petite balade matinale dans les rues désertées de Damas, rues étroites, vides, limites glauques pour certaines, avant d'arriver sur la place du Palais des Omeyyades. Voilà.
Vais pouvoir me poser quelques minutes ou plutôt une bonne heure et demie à faire le dessin de la mosquée de Damas, la mosquées de l'Omeyyade. Beaucoup de plaisir pris pour ce premier vrai dessin fait au Moyen-Orient. Ce que je n'écris pas, c'est qu'à ce moment de la journée, il faisait déjà très bon dehors, et que quitter Paris dans la fraîcheur et se retrouver à se faire bercer par le soleil et la chaleur est un pur bonheur, comme celui de déguster un fondant au chocolat encore chaud...
Moment d'aller voir à l'intérieur ce qu'il s'y cache, sauf que le mot d'ordre à l'entrée sera « bassé »... j'ai compris que ça voulait dire: « fermé »... Pas d'bol, tant pis, plus tard.
Il commence à se faire faim et soif et puis j'ai déjà passé 4h à marcher dans la vieille ville, envie d'autre chose et les pieds commencent à fatiguer.

Retour vers l'hôtel car midi approche et pause falafels dans un bouiboui. Je prendrai ma chambre (vraiment pas top, mais bon...), une piaule de 6m2 à tout casser, sans fenêtre avec une affreuse odeur de pieds, mais pas encore les miens hein pause dans le patio et énorme coup de barre, presque à me demander si je repartirai, mais le soleil m'appelle, ce salopio!

Alors changement de pompes et c'est parti pour une énorme marche très monotone au début le long de grands boulevards affreux et avant de rejoindre un quartier résidentiel sympa comme tout; beaucoup d'enfants, de jeux pour enfants; bref, une splendide deuxième partie d'aprem ponctuée d'un dessin où des enfants seront me voir. Faut dire, j'étais en plein milieu d'un carrefour sur un petit par-terre d'herbes
Particularité à Damas: beaucoup de gamins ont des pistolets et mitraillettes à petites billes plastiques, ça semble une mode... étrange mode...  Surtout quand je me retrouverai le lendemain matin, dans la mosquée, alors que je dessinai, avec ces pistolets et mitraillettes pointés sur moi à bout portant avec le laser. Tout simplement scandaleux!! Suis pas quelqu'un qui s'énerve facilement, mais là me suis fait violence, et dans une mosquée en plus!!Inadmissible.
Aussi, beaucoup « d'amis »: c'est à dire de garçons se tenant par la main, marque de grande affection dans les pays arabes, sans qu'ils ne soient gays (rappelons que dans la majorité des pays arabes, l'homosexualité est strictement interdite).
Ce qu'il me manquerait ici jusqu'à cet aprem, ce sont des terrasses pour se poser: rares, très rares. Oui, les terrasses sont finalement une habitude très occidentale. Comme celle-ci là, fréquentée uniquement par des jeunes, comme s'ils avaient un besoin de se retrouver, posés.

A Damas, de nombreuses femmes voilées ou déjà avec le voile sur la tête. Pas trop de voiles intégraux. Il est vrai que je m'attendais à davantage de femmes habillées à l'occidental.
Et puis... et puis certains syriens, jeunes et moins jeunes ont quand même des mines de gangsters, assez patibulaires!  je rajoute: je dis bien CERTAINS...
Certains jeunes se la pètent un peu trop quand même avec leur allure rétro mêlée à des Dolce & Gabbana à tout va Oui, ils se la pétent un peu trop les loulous avec leurs fringues, ceintures, lunettes D&G.. mais s'ils savaient vraiment que Dolce et Gabbana étaient gays, sans doute eux, ne porteraient pas ces fringues et accessoires....
C'est la jeunesse syrienne qui veut plaire, c'en est flagrant. Quant aux jeunes filles, on sent qu'il ne leur en faut plus beaucoup pour définitivement abandonner le voile. D'ailleurs, en Syrie en général, 60% des femmes sont voilées, le pays reste "open": mais il suffit parfois d'être dans une ville ultra conservatrice comme Hama où 90% des femmes sont voilées et de faire 80km pour arriver sur la côte méditerranéenne et à Tartous où là, c'est 80% de femmes non voilées... un contraste saisissant!!
En revanche, dès qu'il y en a une sans voile, en jean et plutôt mignonne, elle est regardée par tous comme des alpinistes regarderaient l'Everest, le respect en moins. Ca, c'est flagrant aussi. C'est clair, être une femme non voilée la bas et habillée à l'occidentale nécessite de pouvoir supporter tous les regards, et sans gêne.

Retour vers le « Palais de la Reine », qui me sert de repère, et là, encore de nouvelles rues animée; en fait, Damas vit à partir de 16h, et de chouettes coins, des terrasses à narguilé sympas croisées, et irrésistiblement attiré par les souks en soirée, plutôt le souk Hamydié, celui qui mène à l'Omeyyades.
Impressionnant.
Enormément de monde. Oui, une des plus grande mosquée du monde Islamiste
Et des femmes. Beaucoup de femmes; des regards croisés, toujours agréable...
Damas vraiment plus sympa en fin de journée quand la ville s'anime. J'aime beaucoup. Et j'attends de voir Alep aussi, sans doute encore plus authentique et moins bétonnée. Alep est la deuxième ville de Syrie, au nord, une des plus anciennes villes du monde Islamiste.

L'impression est très bonne, l'état d'esprit aussi, me sens bien en Syrie (bon, sauf le mal de tête de ce soir et le manque cruel de sommeil).
Allez, retour à l'hôtel, prendre possession de la chambre et aussitôt repartir manger quelque chose. Et se boucher le nez car ça sentait trop les panards (toujours pas les miens à ce moment-là...)
Ce sera soirée écriture sur le carnet parallèle. Sur le carnet "secret"
Dernière balade nocturne à travers la citadelle et le souk.
J'aurai donc continué cette soirée jusqu'au bout et me faisant même dragouiller par un type qui me sortira cash « you are very good » avec un sourire malicieux... alors je lui dis en serrant les fesses « good bye » sentant que c'était vraiment pas ce qu'il attendait. Hallucinant! Même en France il ne sont pas aussi directs! Il m'a à moitié fait flipper ce con, me demandant l'hôtel où je squattais, s'il pouvait m'accompagner... non mais ho!!

Retour à l'hôtel, une bonne douche et squat de la terrasse du patio pour écrire les derniers mots de la journée. A mon avis, la nuit risque d'être assez longue...

Première journée en Syrie. Grosse journée. Complète.
Beaucoup marché, écrit et dessiné, l'état d'esprit est excellent.
J'ai appris qu'ici, pour voir de la foule, il ne faut pas être du matin. Ben ça tombe bien, ça me convient!
Que c'est bon d'être ici, à son rythme, celui des yeux et du stylo. Le rythme du plaisir. Total.
On pourrait s'y sentir mal.
Faut dire, ça a de quoi être déstabilisant, se retrouver téléporté dans un autre univers, car il s'agît bien d'un autre univers, une autre culture, un autre mode de vie, une autre mentalité. Et puis seul.
Mais j'aime. Pas forcément être seul même si ça ne me dérange pas, je sais m'occuper, avoir un emploi du temps et une organisation adaptés à un voyage en solo.
Juste, leur mode de vie me convient et me plaît bien, j'aime me sentir étranger et familier à cet étranger.
L'étranger qui se sent chez lui, où il suffit d'errer dans les allées, les souks, découvrir des endroits, même en ville, sac en bandoulière, yeux ouverts...
On est paisible, au calme, aucune contrainte, aucune pression, on se gère soi-même, on apprend aussi à se connaître en cas de coups durs, dans l'euphorie, dans la foie, le risque. Ses limites en somme.
Quand on regarde, cotoie les gens que l'on croise, on apprend. Car tout n'est toujours qu'apprentissage; apprendre à mieux agir, apprendre à ne pas agir comme certains pourraient le faire.
Ouvrir les yeux. Regarder.
Se nourrir de ce que les yeux nous relaient, de ce que les oreilles peuvent surprendre.
Apprendre, surprendre... Prendre...
Prendre ce qui est à prendre.
Le saisir.
Savoir le choisir.
Choisir ce qui est à saisir.
Et agir. Agir pour soi tant que possible.
Le voyage est un vrai investissement. Sans doute le meilleur puisqu'il balaie le court et le long terme à la fois. Récolter le fruit de cet investissement est ce qu'il y a de plus précieux.
J'avais dit "mot pour mot", mais là, je dois un poil couper...

Ca démarre excellemment bien cette petite escapade.
Une bonne nuit sous la douceur damascène, les étoiles veillent.
A demain.



La Syrie reste un merveilleux souvenir (en dehors qu'Alitalia a paumé mon sac au retour et me l'a livré une semaine après...).
Des rencontres formidables et des sites à couper le souffle pour les amateurs de vieilles pierres.
Un voyage où j'ai beaucoup écrit et dessiné, aux paysages à l'image de ses habitants: très variés.
Aucune ville ne se ressemble, aucun faciès syrien type, du fait de sa position de carrefour entre l'Occident et le Moyen-Orient, sans cesse balancée dans son Histoire entre cultures différentes, ancien fief de l'Empire de Babylone avec l'Irak.
(Au passage, je vous recommande vivement l'expo Babylone actuellement au Louvre: une pure merveille).
En Syrie, j'y retournerai, ne serait-ce pour mes courses d'épices à Damas...



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Alep


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Hama

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Palmyre
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L'Euphrate
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Basilique de Saint-Siméon