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29 février 2008

Avant-première

Débandade.

Falguière. 9h11.

Première fois que je posais pour une photo dans le métro.
Pourtant, l’œil gauche disait merde à l’autre.
Par chance, le col de chemise était repassé.
Seulement le col, le pull cache le reste.
Pourtant me suis pris une rafale de vent en entrant.
Cheveu Jackson Five.
Mais elle a insisté.
J’ai obtempéré.
Docile.
Et elle va me suivre en plus.
La photo.

Mais c’est l’idéal pour un procrastineur :
Le personnel RATP se charge de proposer le pass NAVIGO pour ceux ne l’ayant pas encore en ce moment dans les stations.

Bref.


Falguière. 9h14.

L’Ipod n’a plus de batterie.
La rame arrive.
J’entre.

Et là, c’est l’avant-première.

Je monte avec un étalon.
Serrés comme des poules.
Une odeur de fauve.
Une jolie grande girafe à la peau tachetée.
Un quinqua avec des lunettes aux yeux de veau.
Une biche à la coiffure digne d’un concours de choucroute.
Un gros cochon terminant son pain au chocolat.
Un rapace le regardant manger avec envie.
Une vieille chèvre en train de bêler après un éléphant lui ayant marché sur le pied.
Une grosse vache avec trois centimètres de maquillage sur la peau.
Le roumain poids plume qui a réussi à se trouver une place et multipliant les canards avec son violon.
Le pigeon qui s’est fait piquer sa place par la vieille chouette.


Pasteur. 9h16.

Des bœufs montent.
Un renard qui élabore les meilleures stratégies pour son super méga Sodoku d’or. Seize cases. Attention. Il ne rigole pas le garenne.
Pas de Reese aux yeux de truites. Zut par contre.
Deux jeunes ânes jean slim révisant leurs identités remarquables.
Une marmotte aux yeux collés cachée sous son écharpe.
Une grande jument très élégante que le pigeon observe furtivement.
Une autruche hautaine qui domine tout le monde, au gloss insolent.
Une petite caille toute mignonne avec ses couettes, cachée derrière la girafe. Que le pigeon observe furtivement aussi. Ce pigeon a de vrais yeux de chat.
Un agnelet se met à crier.
Une génisse lit un « Prions ensemble ». C’est connu, les génisses ont la foi.
Un taureau encostardé aux belles cornes. Je lui conseille de surveiller sa femme.


Volontaires. 9h18.

Un bélier entre en force.
Une grosse truie pousse tout le monde pour sortir.
L’autruche bousculée est loutrée. Outrée pardon.
Un dératé court comme un lièvre pour attraper la rame.
Maître hibou, professeur de chimie, prépare ses cours.
Au fond, un dandy qui s’expose comme un paon, armé de son blackberry.
Le lapin, toujours aussi stoïque : « Attention! Ne mets pas tes mains sur la porte, tu risques de te faire pincer très fort ! ».
Deux bergers allemands se remémorent leurs anecdotes de la dernière fête de la bière à Münich.
Trois pies qui jacassent à propos d’un étrange oiseau.
Un coq, à l’oreille bien sale, les écoute.
Les vers, non, verres, pardon, du quinqua aux yeux de veau se méfient du coq.
Un chauve sourit.
Une jolie minette lovée se blottit dans les bras de son matou.


Vaugirard. 9h20.

Je fuis.



Ce matin, le salon de l’agriculture était en avant-première dans le métro.