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18 septembre 2007

1, 2, 3, nous irons au bois

Ni une ni deux. Il n’en fallait pas plus.
Ce serait fabuleux.
Ils ne seraient pas les premiers. Non, sans doute pas.
Quoique. Sûr qu’ils se comptent sur les doigts de la main.
Faut être barré quand même. Givré.
Mais la folie, c’est chouette aussi de temps en temps.
Après eux, d’autres essaieraient aussi. Forcément.
Vous peut-être.

Se retrouver. Seuls. Dans un décor de bois.
Autour, l’anarchie de plantes. D’arbres.
La tête dans les étoiles.
Comme là bas, au pays du sable.
Le sable en moins, l’excitation en plus.

Par contre tout serait ficelé. Ah oui. Quand même.
Minutieusement préparé.
Chaque pause. Chaque détail. Ne rien oublier.
Telle est la clé du succès.
Une organisation digne d’une attaque Napoléonienne.
Celle de Bérézina, on dirait qu’ils la mettraient de côté.
Ce qui serait à craindre, ce serait les espions prussiens mal intentionnés qui s’y seraient glissés aussi.
C’est un risque.
Mais après tout, l’ensemble n’est que risque.
Mais pas d’originalité sans risque.

Alors ils diraient qu’ils l’ont fait. Eux.
Ils seraient critiqués.
Ils seraient admirés.
Ils seraient traités.
D’irresponsables.
Après tout, ce n’est qu’un jeu.
Ils en seraient capables.

Arrivée en soirée. Tard. Presque à la fermeture.
Le jeu commencerait par une séance de cache-cache. Sacs au dos. Avec les hommes bleus.
Se faufiler. Retenir son souffle. Sentir son cœur s’emballer.
Adrénaline.
Puis pause.
On déballe.
Enfin.
On souffle. On savoure. On profite. On rit. On s’aime.
Enjoy.
Déjà, c’est gagné.

Puis, on remballe.
Puis on se cache.
Puis de nouveau on se faufile.
Puis de nouveau on retient son souffle. Le cœur s’emballe.
Adrénaline II, le retour.
Puis on court ! Court, court !
Là, c’est encore gagné.
Extraordinaire.

Quoiqu’il arrive, plus tard, ce serait de l’ordre de l’anecdote.
A raconter aux enfants, quand ils seraient grands. Très grands quand même.
A raconter aux petits-enfants. Quand ils seraient grands. Très grands quand même.
A ne raconter qu’aux très grands en somme.


Ca, c’est imaginer.
Imaginer avant de réaliser.
De réaliser… Une nuit à la belle étoile, dans un parc, en plein Paris.
Alors ?
Fou ?

Un risque.
Le lendemain matin, les gardiens les attraperaient.
Zut. Flûte.
Mais c’est réalisé.
Procès.
Jugement (petit sans doute).
Amende.

Mais aussi, imaginons cette juge.
Sévère au premier abord.
Et eux, là, devant-elle, jouant les mauvais enfants, tête baissée synonyme d’un
« Excusez-nous madame, nous voulions seulement jouer ».
Et elle, toujours avec son air sévère, par-dessus rajoutant
« Ces pratiques sont interdites par la loi. Une amende vous sera demandée ».
Normal. La juge exerce son métier.

Mais elle viendra. Plus tard. A la fin de l’audience. Discrètement.
S’approchera de la jeune femme, main sur l’épaule, sourire malicieux et lui chuchotera à l’oreille
« J’ai trouvé votre audace touchante. J’aurai aimé, dans ma jeunesse, que mon fiancé me propose de réaliser une telle folie, rien que pour s’amuser… ».