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19 mars 2010

Pépin Président!!

C’est une période d’élections.
Elections secondaires disons nous.
Oui, les Régionales, pour nous, français moyens, c’est secondaire.
Le président de région, c’est pas lui qui va modifier ce qu’on va avoir dans son assiette le soir.
Quoique.
C’est lui qui va orienter les politiques en matières de transports, de projets urbains qui pourraient éventuellement créer des emplois (et du coup modifier ce que le chômeur ayant trouvé un emploi grâce à ce projet trouverait dans son assiette pour dîner).
Etc, etc.
Avons-nous/allons-nous voter ? Là n’est pas la question.

La question était tout autre.
Depuis quelques mois, notre famille s’est agrandie. Nous sommes passés de deux à sept : Pépin le lapin et Thelma, Louise, Coca et Pepsi les cochonnes (cochonnes d’Inde (que nous n’avons pas ramené de là bas hein…)).
Pour la petite histoire, mais j’y reviendrai plus tard dans un post, Thelma nous a fait deux petits alors qu’elle sortait juste de l’animalerie… donc les deux nouvelles boulettes de poils n’étaient pas prévues initialement

Donc, la question serait plutôt de se demander : et si Pepin et les pépettes pouvaient voter, ils voteraient pour qui ??
Ah la bonne question !
D’un premier point de vue, forcément, ils voteraient écolo. Logique.

Mais donc, si ils pouvaient voter, c’est qu’ils auraient assez d’intelligence pour aller voter, donc qui dit assez d’intelligence, dit forcément qu’il pourrait très bien y avoir une bête qui se présenterait !
Imaginez, donner le droit de vote aux animaux ! C’est tout notre paysage politique qui serait chamboulé !
Imaginez voir un lapin ou un hamster député ?? Un animal président ?!

 

pepin allonge.jpg

Là, par exemple, Pépin est en pleine réflexion sur la réforme des retraites. Si si !
Il voit l’avenir dans sa boule de cristal d’osier


Vous pensez que c’est complètement « bête » ce que j’écris là ?
Que je deviens fou ?
Que j’ai mangé trop de graines ?
Que le topinambour et le rutabaga me montent à la tête ?
Que je me mets à fumer leur foin?

Aristote disait bien que « l'homme est par nature un animal politique ».
C’est dire !
Alors ce n’est pas tant éloigné de la réalité que ça.
Car :
- des grosses truies ont déjà fait partie d’un gouvernement
- certains sénateurs sont des gros porcs
- tous les jeunes politiciens sont des jeunes loups
- les anciens sont passés maîtres en politique de l’autruche
- Charles de Gaulle et Jacques Chirac étaient de grandes girafes
- à l’UMP ou chez les socialistes, on ne compte plus les rapaces et les requins
- des pigeons voyageurs alternent régulièrement entre droite et gauche
- certains renards manipulent les médias à leur guise
- on ne compte plus les marmottes et autres loirs dans les rangs de l’Assemblée Nationale
- un lièvre (Guy Drut) a été ministre de la jeunesse et du sport
- il n’y a que des vautours dans le parti d’extrême de Mr « Le Stylo »
- les ânes prolifèrent partout
- le porte-parole de l’Elysée a toujours été un vrai perroquet
- on a bien eu pendant 14 ans une grenouille comme Présidente de la République
- tous se traitent de noms d’oiseaux

Quant aux colombes, elles se font rares.


Alors, notre Pépin, il aurait sa place, non ?

pepin debout.jpg

Là, il se voit déjà dans le jardin de l'Elysée à regarder les carottes pousser

 

12 septembre 2007

Ornella

Dès le premier jour, je les avais remarqué. Eux.
Un couple de quadragénaires.
En face. Là-haut. Au deuxième.
Enfin elle, surtout elle.
Très élégante, élancée, raffinée, distinguée.
Il était là aussi. Lui, leur chien.
Seule tâche au tableau. Le chien dans un appartement.
Faute de goût.

Le samedi matin, j'aimai la regarder prendre soin de ses plantes, sur le balcon ensoleillé.
Au détriment des miennes d'ailleurs.
Chaque dose d'eau minutieusement calculée, dans un geste et une posture digne de la grâce d'une diva.
Toujours sourire aux lèvres.
La douceur matérialisée.

Je connais leur salon.
Je connais leur balcon.
Normal, ils sont mes voisins.
Mais même hors voisins, dans les rues de Paris, la nuit, j'aime regarder chez les autres.
Les décorations, les imperfections, les couleurs, les originalités.
Sans doute mon côté voyeur.
Avec le velib', j'en ai découvert d'autres.

Eux, je les croisai.
Le dimanche matin, il sortait le chien et en profitait pour aller dégoter des pâtisseries qu'il offrait à sa douce.

Lui, il est comme tout le monde.
Il aime saluer les gens, ses voisins, ses amis, ceux avec qui il échange les ordinaires dimanche matin dans la quête à la baguette, la viennoise reluisante kidnappée du four du boulanger, du croissant aux formes atypiques chaque jour.
Il aime ces gens.
Ceux-là avec qui aussi il aime partager un brin de route, de trottoir, à la recherche de la paupiette perdue par-ci, du rôti de veau retrouvé par-là, et ceux qui stationnent sur le trottoir, sur leur trottoir gênant tout le monde.
Non, pas tout le monde, uniquement ceux qui ne sont pas du quartier, ceux-là mêmes qui ne savent pas ou ne connaissent pas encore qu’ici, stationnement sur le trottoir rime avec discussions de comptoir.

C’est ici que les groupes se forment.
C'est ici que les apéritifs prennent naissance.
C'est ici que les déjeuners baptisent.
C'est ici que les digestifs marient.

Dans son quartier, on prend ses repères.
Avec ses voisins, on prend des repères.

Seulement, eux, je ne les connaissais pas.
Seulement par interposition.
Ils recevaient souvent.
Changeaient souvent leur disposition de salon.
Leurs plantes, je les ai vues grandir.
Au détriment des miennes, qui ont perdu toutes leurs feuilles.
Sans doute que d’avoir spontanément laissé s’assécher son bonzaï et son oranger durant six mois par pure procrastination y est pour quelque chose ?
Joker.
Bref.

Elle, je ne l'ai pas vue changer.
Elle restait radieuse.
Même le matin quand nous nous saluions.
Toujours très élégante, et moi, trace de l'oreiller sur la tempe gauche.
Marque de fabrique.
Bonjour.
Sourire.

Et puis.
Et puis un soir de début juillet.
Un vendredi soir.
Je m'en souviens encore.
Je l'ai vu sortir le chien.
Lui.
Mais avec une autre.
Ce n'était pas mon Ornella Muti.
Ils sont sortis en même temps.
Et les ai vus revenir ensemble.
Je m'en souviens. J'étais à la fenêtre. Clope au bec. Yeux interrogateurs.
Et bras autour de la taille.
Eux.

Bras autour de la taille.
J’ai cru rêver.

Elle n'est pas là. Absente ce week-end.
Mais ce salaud vilain en profite.

Et le dimanche soir, même scène.
Rebelote.
Quel toupet!
Et elle, toujours pas là.
Je la verrai, plus tard, cette autre, là-haut, sur le balcon, fumer sa cigarette.
Puis tirer les rideaux.
Elle fait comme chez elle en plus.
Elle n'a rien à voir avec Ornella.
Elle a le visage marqué par le tabac.
Et puis quand elle fume elle n’est pas belle.
Rien. Ni même le soupçon de quelque charme.
Mais pourquoi?

Les semaines suivantes, Ornella ne sera pas revenue.
Aujourd'hui, elle n'est toujours pas revenue.

Ne reste que Maléfique.
Et la boule de poils avachie.


Ben merde alors.


Ornella, je vous salue.
Au plaisir.