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17 mars 2009

Au pays de la quine



Ce doit être le rendez-vous.
De l'année.
Certains s'y préparent.
Au moins depuis des semaines.
Des mois.
Voire des années.

Oui, ceux qui l'attendent chaque année.
Avec impatience.
Ce rendez-vous de l'année.
Car ils jouent.
Ils aiment jouer.
Ce sont des joueurs.
Des vrais joueurs.
Des warriors.

Et ce soir-là, pour eux, ça ne rigole pas.
Ouh ça non !
Tu n'as pas intérêt à les déconcentrer.
A faire le pitre.
Sinon, tu te prends.
Une gueulante dont tu te souviendras toute ton enfance.
Bref.

Je me souviens.
Une fois.
Des gamins qui faisaient les fous.
Je n'en faisais pas partie, car je restais sagement avec mon père et ma mère.
Car à l'époque, j'étais petit.
Sage.
Et je devais rester à carreaux.

Ce soirées-là, je les ai fréquentées de huit à quinze ans.
Tout de même !
Mais c'était un vrai bonheur.
De voir ces joueurs si impliqués.
Parfois pour un vulgaire panier garni.
Avec un tee-shirt Crédit Agricole, une bougie en forme de pot de fleurs, un porte-clés d'amorce Sensas, un ballon Dysney, un bon d'achat de 40 francs à la Poissonnerie Massé, une casquette du conseil général 28 « Ca crée des liens d’être euréliens »…
Oui.

histo01.jpg

Le loto de village.
Mieux.
Le loto d’association.
L’association des cyclistes unijambistes du Thymerais.
Par exemple.

Mais le panier garni, c'est de la rigolade.
Car c'est juste une ligne.
Une ligne de cinq chiffres.
De un à quatre vingt dix. 

Les pros, eux, viennent pour les gros lots surtout.
Ben oui.
Le carton plein.
Le fameux carton plein.
Celui où tu gagnes une télé.
Un magnétoscope.
Un appareil-photo.
Une console de jeu.
Un ordinateur.
Un week-end.
Une machine à laver.

anect01.jpg

Alors on les voit ceux qui viennent pour les cartons pleins.
Ce n'est pas avec les grains de blé à disposition sur les tables qu'ils remplissent leurs grilles.
Mais avec des pièces.
Leurs pièces de centimes.
Bien ordonnées dans leur petit coffret "spécial lotos".
Oula oui! On a affaire aux habitués là.
Des pros.
Non, que dis-je ! Des champions !

Ils sont là pour gagner.
Et te répètent à chaque partie :
« Plus que deux ».
« Plus qu'un ».
« Toujours plus qu'un ».
« Je sens qu’ça vient ».
« Le coffret de DVD collector unplugged de Corbier va être à moi ! ».
« Encore plus qu'un ».
« Ca va être bon là ».
Et eux, ils prient pour qu'à chaque tour, leur numéro manquant tombe.
Et qu'un autre joueur ne gagne pas.
Car l'habitué est mauvais.
Très mauvais perdant.
« Quiiiiiiine* !!!!!!! ».
« Et merde! Y'en a un qui a gagné ».
« Fait chier ! Qui a gagné ? La grosse morue du fond encore ? ».

Oui.
Car chaque année, la grosse morue gagne toujours au moins une ou deux fois.
Et la grosse morue née un vendredi 13, collectionneuse de fers à cheval et cocufiée trois soirs par semaine depuis 1979, en fait, personne ne l'aime.
Et oui, quand on est mariée à un VRP de chez Ricard on s’inquiète pour son plumard.
L'an passé, c'est elle qui a raflé le service à raclette pour 12 personnes: unique!
L'an passé, c'est elle qui a raflé l'écran LCD 82 cm.
En fait, c'est elle qui rafle chaque année les téléviseurs.
Et c'est sur elle qu'est jetée une grande majorité de grains de blé pendant les parties.

histo03.jpg

Et les habitués, eux, ils sont experts en statistiques.
Et probabilités.
« Le 24 ».
« Ah, il sort rarement le 24 dis donc », raconte un habitué.
« Le 76 ».
« Ohlala! Qu'est-ce qu'y sort ce soir le 76! A la pause, j'vais changer d'carton et en prend' un avec le 76. J’t’en ramène un aussi avec une part d’gâteau au yaour (prononcé yaour) que le p’tit de m’dame Gronchin a fait ?».
« Je me souviens, une fois, le 32 est quasiment sorti à chaque partie ! »
Car l'habitué est joueur.
Il tient à son téléviseur.
Il veut enfin revenir avec un téléviseur.
Pour en mettre un dans sa salle de bain et ne rien rater de l’émission de Julien Courbet le vendredi soir quand il prend son bain.

Sauf que l'habitué, il n'a jamais compté.
Qu'il prend chaque année.
Quatre cartons pour lui.
Quinze euros.
Quatre cartons pour sa femme.
Quinze euros.
Six cartons pour ses deux gamins.
Vingt euros.
Donc cinquante euros.

L'habitué, il fait environ dix lotos par an.
Pendant la saison, de novembre à avril.
Depuis quinze ans.
Donc cinquante fois dix.
Cinq cents.
Fois quinze ans.
Mais depuis cinq ans avec ses gamins.
Donc 5500 euros.

Ah ça oui!
Il aurait pu s'en payer des écrans LCD avec 5500 euros.
Un dans chaque pièce.

Mais au final, il regarde toujours Julien Courbet.
Le vendredi soir.
Dans le téléviseur 36cm de son salon.

Mais il reste optimiste.
Car il sait qu’il y en a 100 000 par an à travers la France.

 

acceuil_carte_03.jpg





* Un gagnant, lorsqu’il a une ligne ou un carton plein crie « Quiiiiine » pour se faire connaître.
Pourquoi ? Car le loto de village est aussi appelé « jeu de quine ».
Pourquoi « jeu de quine ? » …. Sais pas, et j’ai la flemme de chercher.
Alors j’offre un tee-shirt La Poste dédicacé par la grosse morue pour celui/celle qui donnera la réponse.

09 mars 2009

We love Ljubljana


Alors Ljubljana, on a vraiment enjoyé.
C'est en Slovénie et c'est la capitale la plus petite de Slovénie d'Europe.
C'est mignon, c'est frais, c'est vivant.
Bon, faut dire qu'on y était le WE du carnaval.


Ca s'est passé fin février.
Sur 54 heures.
Et ça se passe ici en 3'56.


Allez zou!




Et les marionnettes-chausettes sont faites maison. Et oui!
Trois soirées pleines à les préparer...