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02 mars 2011

Deux ans et demi

Tout a commencé le 22 novembre 2008, avec le départ pour Santiago du Chili.

 

chili.jpg

 

Depuis,

Chili
Bolivie
Sofia (Bulgarie)
Afrique du Sud
Ljubljana (Slovénie)
Egypte
New-York
Istanbul
Naples
Munich
Sao Paulo
Rome
Inde du Sud
Tokyo
Vienne
Copenhague
Londres
Ile Maurice
Singapour
Johannesboug
Marrakech
Buenos Aires
Bruxelles
Mexico
Boston
Rome
Nord Pologne

27 destinations.
Et tout ça depuis bientôt 2 ans et demi.
C'est chouette.
Bon, on ne compte pas les 2 premiers mois car il a fallu apprendre à se connaître un petit avant de partir quand même hein.
L'univers du voyage rythme notre quotidien.
L'univers de l'image aussi: Claire s'occupe des photos, je m'occupe des vidéos.
Et d'ailleurs, dans le clip à venir de Rome, c'est Claire qui a bossé et je me suis reposé. Avec les photos de Claire, nous allons faire un stop motion (c'est à dire un clip construit uniquement de photos).

 

rome.JPG

 

A Rome aussi, nous avons rencontré un couple "d'amis que nous ne connaissions pas".
Ca peut sembler bizarre, mais c'est bien le passage du virtuel au réel: via Vimeo (la plateforme video où nous laissons nos clips) certaines personnes aiment ce que nous faisons et commentent nos clips.
Shawn et Caterina nous avaient donc "imposé", la prochaine fois où nous retournerions à Rome, de les rencontrer! Et ce fut une rencontre géniale.
D'ailleurs le nombre de personnes qui nous sollicitent pour venir les voir dans leur ville, pays commence à fortement augmenter!!
C'est pour cela que nous aurons de plus en plus de "Guest stars" dans les clips à venir (qu'ils soient des proches ou des personnes rencontrées!).
2011 s'annonce déjà comme l'année la plus prolifique en escapades!

Il y a eu Marrakech aussi.
Mais pour Marrakech il n'y a pas eu de clip. On n'était pas très inspirés. Ca arrive! Faut aussi que le lieu nous inspire!
En plus, il faisait gris, lourd, l'atmosphère ne nous enjouait pas. Bref, pas envie.
Pourtant, on a des images, plein de plans... mais on préfère proposer de la qualité et non des films à s'endormir.
Du coup, on a vraiment joué les touristes, et c'est agréable aussi de se balader sans les appareils à la main!

 

marrak.JPG

 

On parle beaucoup des clips.
Mais les clips sont juste une illustration d'une escapade: le voyage reste avant tout gravé dans nos têtes.
L'escapade en elle-même permet de "voir ailleurs", c'est avant tout le plaisir de voir d'autres paysages, d'autres architectures, d'autres gens, d'autres curiosités, d'autres langues, d'autres climats...
Nos boîtes à souvenirs que sont nos têtes engrangent, continuent d'engranger et engrangeront encore!
Et avant de partager les clips sur ce blog ou ailleurs, on partage avant tout le voyage ensemble: et ça, ça n'a pas de prix!

Il nous reste bien sûr plein, trop de choses encore à voir! Et même à revoir!
Le format "48h à ..." nous semble souvent trop court, on aimerait rester plus longtemps mais on ne peut pas forcément sur le moment.
Alors on se dit "c'est pas grave, on y retournera!".
C'est sûr que si nous pouvions rester dans chaque destination une semaine on le ferait.
En paralèlle, partir plusieurs mois non-stop autour du monde ne nous tenterait absolument pas.
Pourquoi?
Car nous aimons nous poser à chaque retour de voyage.
Revenir après chaque voyage permet de faire un "break" et de ressentir plus tard l'adrénaline remonter pour l'escapade suivante.
Qui donc n'a jamais ressenti l'excitation des trois derniers jours avant un voyage??
Et puis quitter nos lapins et pépettes pour plusieurs mois serait INCONCEVABLE! :-) Même au bout de 3-4 jours ils nous manquent!
Et puis la Wii Fit nous dirait :"Quoi?? Vous n'allez plus vous entrainer pendant 3 mois?? Non mais Ho, ça va pas là??"

Deux ans et demi de pur bonheur.
Merci Claire!


10 mai 2010

Le "Reportour"


80 jours autour du monde, tous frais payés, liaisons aériennes en Première, descentes dans des hôtels de luxe… ça fait rêver non ?

Et bien c’est l’opération marketing de France-Soir via le « Reportour ».
Un gros buzz médiatique réussi initié par l’agence « You to You » qui a déclenché une masse impressionnante de prétendants.
Faut dire, le programme semble alléchant.

 

reportour.jpg

L’opération se présente comme un CDD, de juin à août.

Les qualités requises sont la tenue d’un blog, de photos et de vidéos. Un plus : sourire.

C’est plutôt rigolo de voir les candidatures, les vidéos de certain(e)s : aaah oui parfois y’a du lourd !
Mais aussi des créatifs, de chouettes essais pour certains maîtrisant l’art de la vidéo autant que je maîtrise le bricolage, mais se démmerdant pour faire quelque chose de bien, d’original.

Alors comment ça marche ?
C’est simple, il suffit de voter et de faire marcher ses réseaux, se débrouiller pour qu’un maximum de gens vote.
Mais pas que.
Ceux ayant reçu le plus grand nombre de votes seront reçus en entretien à l’issue duquel un seul candidat sera retenu.

Quels sont les mieux côtés pour l’instant ?

Il y a le talentueux MonsieurDream, le Cyprien de l’Aude, qui caracole en tête, mais c’est normal car il a un énorme réseau via son Rewind de 20 minutes.
Il m’avait d’ailleurs devancé il y a 2 ans de cela sur un concours video soumis au vote des internautes, le scoopotron
Cyprien, j’aime bien, il fait de l’excellent boulot, c’est propre, c’est créatif, il ira loin.
Si il gagne, ce sera :
- surtout grâce à son énorme réseau qui amènera du flux sur France-Soir
- pour ses qualités de présentation
- pour sa capacité à éditer des vidéos en des temps très réduits
A moins qu’il ne se soit présenté dans l’unique but de relayer le buzz de France-Soir…


Mais ma faveur va plus à Romain, de « romainworldtour ».
Forcément.
J’aime beaucoup ce qu’il fait.
Il a une histoire personnelle derrière son tour du monde, un état d’esprit qu’il raconte: avant de partir, pendant et après. Cet esprit mêlé d’humilité, j’aime bien.
Et puis il fait de chouettes vidéos et écrit bien.
S’i il gagne ce sera :
- pour sa capacité d’adaptation/expérience : l’assurance d’aucune mauvaise surprise
- pour ses qualités rédactionnelles et de prises de vue
- pour son côté authentique de transmission de ressentis
- pour son réseau déjà existant et créé à l’occasion de l’opération, grandissant de jour en jour : France-Soir sera assurée d’un flux
Alors allez faire un tour du côté du profil de Romain sur le Reportour et n’hésitez pas à lui laisser un vote !

Résultats le 20 mai.


On a lu certaines critiques à propos de cette opération, comme quoi elle est trop marketing, qu’un tour du monde en 80 jours c’est trop court, que descendre dans des hotels de luxe ce n’est pas à l’image d’un vrai tour du monde… il faut que les détracteurs sachent que quoiqu’il arrive, quelqu’un partira le faire, ce tour du monde et que lui, il s’en foutra royalement de ces ragots quand il squattera un 5* et voyagera en Première…

 

edit de 22h38: Cyprien va abandonner, ça se sentait tout ça...

22 avril 2010

Eyjafjöll Part 3

Hier, nous sommes donc arrivés à Roissy.

Un monde fou, et on s'est même dit "oulala, là, on est mal barrés...".

Mais on s'y attendait, aussi.

Et on patiente, nous sommes sur liste d'attente. On tente vite fait voir s'il reste de la place, et grand bonheur, oui!!! On enregistre vite fait les bagages, et on court vers la porte d'embarquement, tels ben Jonhson, mais dopés à l'envie de fouler le sol jordanien...

Premier contrôle de passeport... c'est long... on court ensuite pour se diriger vers le terminal satellite, via un shuttle... on commence à se dire "merde, merde, on va être justes!!" et puis une fois arrivés au contrôle de bagages à main, j'entends l'affreux son du biiiiiip grave de leur machine sur nos billets: l'embarquement est terminé... le vol partira sans nous.

Alors là, énoooooorme déception! On y était presque, par chance on avait nos billets, et puis hop, le labyrinthe de Charles de Gaulle aura eu raison de nous...

Le pire, c'est qu'il fallait ensuite récupérer les sacs, partis dans les méandres des tapis de Roissy. Enorme queue au comptoir pour lancer une recherche, puis finalement récupérés une heure plus tard.

 

casino_aeroport.jpg
cette fois-ci, à Roissy, on a perdu

Alors arrive le douloureux moment de rentrer, retraverser Roissy, prendre le RER, puis le bus, avec nos sac où était inscrit sur le tag bagage "AMM", pour Amman.... c'est dur!

 

C'est dur, mais c'est le jeu. Tant pis. Il y en a qui ont perdu leurs seules vacances de l'année.

 

Alors oui, la vidéo de Londres sera prête pour la semaine prochaine, et c'est finalement "en famille" à Lille que nous atterrirons pour ce WE... en attendant l'escapade de mai au chaud, au soleil et dans une eau bleu turquoise....

 

 

 

20 avril 2010

Eyjafjöll Part 2

Nous sommes prêts, habillés, sacs bouclés, nous pensions éventuellement partir aujourd'hui vu que l'ensemble des vols longs courrier reprennent.

Tous, sauf un, celui d'Amman de 13h50.

Donc, hop, on reste une journée de plus à caliner Pépin et à avancer sur la vidéo de Londres.

Les suites? On retente une dernière fois demain, sinon, on va se rabattre sur une destination moins exotique mais qui pourrait être fort sympathique si notre soleil perdurait...

 

À suivre...

18 avril 2010

Eyjafjöll Part 1

Nous voici donc arrivés en Jordanie!

In extremis, nous avons pu partir ce dimanche, affretant un jet pour Amman. Nous nous sommes faufilés incognito au travers de la foule à Roissy.

Non, j'déconne.

Nous sommes bel et bien toujours à Paris, en attente d'avoir un peu plus de nouvelles sur la ré-ouverture des aéroports. Nous devions partir ce dimanche à 13h50, et nous nous fixons une date maximum pour partir: mercredi midi. Si d'ici là no news, alors la vidéo de Londres sera terminée plus vite que prévue...

 

À suivre...

15 avril 2010

Avril c'est du speed

Ca y est, c’est arrivé.
Et ça devait forcément arriver un jour ou l’autre !

Oui.
Je suis en retard.

Nous allons partir pour nos premières vacances de l’année (10 jours) en Jordanie le WE prochain alors que le clip de notre WE londonien (le WE dernier) n’est pas encore monté !
Hop, j’ai une vidéo de retard !
C’est moche !
Alors le clip Londres attendra notre retour, et le clip de Jordanie attendra que celui de Londres soit terminé…
Et le « court-métrage » de l’Inde attendra que le clip de Jordanie soit fini et le « court-métrage » de Jordanie attendra que celui de l’Inde soit terminé…
Tout en sachant, au milieu de ça, que la destination de mai est déjà fixée…

Ca nous fait un joli bazar et plein de boulot pour ce printemps !

Mais l’actualité maintenant, c’est la Jordanie.
Une deuxième fois, deux ans après.
Faut dire, j’avais eu un énorme coup de cœur.
Et devant le Khazneh à Petra, c’est bien des heures entières la bouche ouverte et les yeux émerveillés, que je pourrai passer.

 

petra2.JPG


Et la Jordanie c’est tellement chouette, un petit pays qui se fait très bien sac au dos, dans une atmosphère chaleureuse sur fond de muezzin.

Alors rendez vous début mai pour une vidéo londonienne qui va déchirer !


Ah, au fait, hier c’était la St Maxime.
Et ce qu’est formidable avec Claire, c’est que c’est tous les jours la St Maxime! 

28 décembre 2009

Les courses du WE

On en a pris plein la tête ce WE.
Oui, on a fait les fous pour 48h dans une ville qui est un vrai jeu vidéo, ici là:

DSC00255.JPG

Encore un merveilleux cadeau de Noël de Claire. 


Du coup, le retard commence à se faire sentir puisque le clip d'Inde du sud n'est même pas terminé, que Delhi va approcher à grand pas et que Zagreb clôturera un mois de janvier de folie!

En attendant (et avec de l'avance car avec les deux cochons d'Inde Thelma & Louise déjà installées et Pépin le lapin qui arrive demain, le temps va être sacré d'ici le 31!) je vous souhaite une demildis pleine de créativité, de fantaisie et de voyages!

Et comme on dit là-bas:  明けましておめでとう !!

06 mars 2009

I love these games

Alors les deux sont ouverts à tous.
Si si.

Le premier.

Ca se passe sur le site de Voyage.
Mais si, vous connaissez.
La chaîne du câble.
Celle qui nous donne le bourdon et envie de repartir dès qu’on la regarde.
Ici là.

Ils organisent un concours de vidéos de voyages.
Et pour gagner quoi ?
Une machine à laver neuve.
Un voyage pardi!
Et pour deux en plus.
Destination au choix.
Beauvais ou Wellington.
Comme vous voulez.
Avec l’aller.
Et même le retour !

Alors bien sûr, j’y ai mis certaines de mes vidéos hein.
Ben oui, on ne sait jamais…

avion gamin.jpg

Le deuxième.

Cette fois-ci, ça se passe sur le site de Géo.
Ici.
Le joli magazine aux reportages qui nous donnent le bourdon et envie de repartir dès qu’on les regarde.
Ils organisent un autre concours : envoyer un reportage (photos et récit).
Si tu ne fais pas de vidéos de voyage, ça te laisse toutes tes chances.
Et pour gagner quoi ?
Le DVD Collector Unplugged de Daniel Guichard enregistré en mars 1984 à la salle karaoké du bar « La Mouchette d’argent » du camping de Perpezac-le-Noir en Correze.
Un autre voyage pardi !
Et pour deux encore.
Destination au choix.
Gif sur Yvette ou Tokyo.
Comme vous voulez.
Avec l’aller.
Et le retour aussi je crois.
Enfin faut que je regarde, je ne suis pas sûr.

Là bas, tu vas pouvoir raconter le récit de ton voyage « barroud » pieds nus en roller à roue en velcro sur la neige à travers l’Amérique Centrale, du Nicaragua à la Belgique avec comme seul argent une fausse pièce d’un euro importée du Nigeria en mars 1995.
Tu y ajoutes une photo de toi aux prises avec un lémurien enragé à griffes en inox en train de te piquer tes rollers sur fond d’un volcan à 7000m en éruption, avec tes cernes du réveil d’une nuit passée dans le duvet troué qui t’a sauvé la vie face au blizzard du Groenland lors ton précédent trek, et là, tu gagnes.
Facile, non ?


Alors bien sûr, je vais y mettre un reportage aussi hein.
On ne sait jamais…


A vous!






Bon, après.
Faut juste espérer, si on gagne, que l’avion arrive à bon port...

avion encastré2.jpg

 


26 août 2008

Mon Iran, en mille mots

Téhéran, 11 mars 2008, 22h10.

Une fois l'avion posé, le décor était planté.

«
Nous sommes désormais en République islamique d’Iran.
Nous vous rappelons que l’alcool est interdit.
Et que le port du voile est obligatoire pour les femmes.
»

Au départ de Paris, sans doute 95% des femmes iraniennes ne portaient pas le voile.


Téhéran, 20 mars 2008, 01h00.

Je rentre pour Paris.
J’entre dans l’appareil.
Autour de moi, toutes les femmes sont voilées.
Je m’installe.

Nous sommes dans l’avion, désormais en zone internationale.
Cinq minutes plus tard, 95% des femmes iraniennes auront jeté le voile.




Voilà.
En deux moments clés.
L’atmosphère culturelle actuelle iranienne est posée.


L’Iran.

Un berceau du monde.
De notre civilisation.
De l’Empire de Babylone à celui des Perses.
Non loin de l’origine de l’écriture.
Aux mosaïques les plus extravagantes.
A l’architecture époustouflante.
Au peuple à l’hospitalité inégalée.
Le cœur sur la main.

Je me souviens.

J’arrive.
Tard.
Minuit.
Dans Téhéran.
Avec le Lonely Planet de 2004.
Devant l’adresse où mon auberge n’existait plus.
En fin de compte.
Alors le taxi me laisse.
Je marche.
Me dis que je vais faire comme en Syrie le premier soir, me trouver un trottoir confortable.
Et deux policiers à moto s’arrêtent.
Kalachnikov à la main.
«
Il ne faut pas traîner seul à cette heure-ci avec vos sacs. Venez avec nous.
»
Et me voici.
Arrivé dans une auberge.
Escorté.
Amir Kabir street.
Où on m’accueillera comme un fils.
M’offrira le thé.
Des pâtisseries.


C’est bien là-bas.
En Iran.
Que je n’ai jamais autant rencontré de monde.
Qu’on n’est jamais autant venu vers moi.
Me voir.
Me parler.
M’inviter.
M’offrir.
Me sourire.

On ne reste pas indifférent à ce peuple.
A ces gens.
Qui vous regardent.
Parfois avec amusement.
Parfois avec intérêt.
Parfois avec plaisir.
Parfois avec envie.
Et d’autre fois avec tristesse.
Oui.

Là-bas, ces gens, ces Marjane Satrapi, à chaque coin de rue on les croise.
Ces hommes.
Ces femmes.
Qui rejettent la révolution islamique de la fin des années 70.
Portent sur eux le refus de se plier aux règles de cette révolution.
Discrètement.
Intrinsèquement.

Ces femmes, habillées à l’occidentale, avec leur léger foulard sur les cheveux qui glisse inexorablement vers leur nuque.
A la beauté qui n’est plus à prouver.
Au regard « persan » et charmeur.

Ces hommes, qui viennent vous voir.
Vous parler.
De politique.
De religion.
Et qui crient.
D’être tenus par le gouvernement.
Aucune liberté.
Et lorsqu’ils vous racontent :
«
Tu sais, vous les occidentaux, tout ce que vous racontez dans vos médias au sujet de l’Iran, et bien vous ne vous trompez pas. Tout est vrai…
»
De glace.
On est glacé.

Sept iraniens sur dix sont déprimés.
C’est triste.
Car ils sont tellement intelligents.
Tellement chaleureux.
Tellement ouverts.
Attachés à leur culture.

Le cœur sur la main.
Encore et toujours.
Malgré tout.

Je rencontrerai Heidar.
A peine vingt ans.
Sous le calme apparent de ce garçon se cachait de la colère.
Heidar était monstrueusement cultivé.
Il parlait le français.
L’anglais.
Friand d’histoires occidentales.
Il n’avait qu’une idée en tête.
Fuir l’Iran.

Il voulait être journaliste.
Et je le revois.
Me raconter son histoire.
La sienne.
Celle de sa famille.
De son oncle emprisonné.
Et sa colère.
Colère envers son gouvernement.
Qui tient les rênes de tout son peuple.

Oui.
Seulement quelques personnes tiennent un peuple tout entier.
C’est bien ça le plus triste.
Heidar, c’est sa détresse qui m’a marqué.

Ce sont ces personnes que l’on croise.
Qui nous apprennent de nouvelles choses.
Avec du plaisir, de l’envie.

En Mauritanie, j’avais appris que.
« La connaissance est une fortune qui n’appauvrit pas celui qui en offre ».
Ici, en Iran, ces gens prennent plaisir à partager cette fortune.
Ca se voit.
Ca se sent.
Et ils n’en sont pas avares.
Et restent intègres.
Et humbles.

Alors là-bas.
On savoure.
De se promener dans les rues de Shiraz, au sud, dans ses allées parsemées de roses, à l’atmosphère douce et se savoir à quelques kilomètres de Persepolis.
De ne croiser quasiment aucun occidental.
Dépaysement total.

De découvrir la place de l’Imam d’Ispahan et d’y faire des rencontres extraordinaires.
De se faire prendre en photo par trois iraniennes amusées qui voudront tout savoir sur nos modes de rencontres hommes/femmes chez nous, en occident.
De déambuler dans les rues si bruyantes et animées de Téhéran.
De jouer à se faire peur, en prenant un bus à la gare routière d’Ispahan à 23 heures, là où deux mois auparavant un touriste français s’est pris une balle dans la tête.
D’écouter des heures entières les iraniens revendiquer haut et fort leur identité perse.
Et non arabe.

De se délecter des saveurs de mets iraniens.
D’aimer surprendre un jeune couple se prendre la main en se cachant de regards inquisiteurs.
De découvrir une pancarte Ikéa alors que trois jours auparavant on était en Suède.
De ressentir combien les moments passés ici complètement isolées, il y a quelques années, durent être affreux pour des personnes comme Betty Mahmoudi.
De se faire chérir par les gérants d’auberges.
De rencontrer un ou deux autres occidentaux, la tête retournée également par ce pays et ses richesses.
De s’enfoncer de plus en plus dans le cœur du pays et voir davantage de visages s’ouvrir.

Et de marcher.
Marcher.
Et encore marcher.
De jour.
Comme de nuit.

A la recherche d’authenticité.
De perte de repères.
D’être balancé.
Amusé.
Paumé.
Lâché.

Libre.




Mais pas eux.

23 juillet 2008

Solidarité sud-américaine

«
- Chef, nous devons recruter expressément !
- Quoi ?? Comment oses-tu ! Comment oses-tu me déranger en pleine séance de suivi de retrouvailles en salle de débarquement de l'aéroport de Kuala Lumpur entre une jeune expatriée chilienne et son fiancé brésilien?
- Chef, il y a vraiment urgence ! le contrat du chef de projet « Lancers d’assiettes dans la cuisine » arrive à son terme.
- Mais il nous emmerde lui! Laisse-moi en paix au moins deux minutes! Et puis de toute manière, ça fera du bien pour tout le monde ça! Et là, j'ai une séance d'étreinte vieille de plus de six mois à suivre!
- Bon, très bien. Mais vous savez ce que ça veut dire !
- Oui oui, je sais! Prépare moi les CV, et file, et ne me dérange plus! Je m'occuperai de ça plus tard! Ah mais!
»

Dieu marmonnait dans sa barbe blanche.
Oui.
Il était à la tête de la plus grande entreprise n'ayant jamais existé.
La vie.

Il manageait des millions de chefs de projets.
Ces derniers étaient chargés, à chaque instant, de provoquer ce dont pourquoi ils avaient été recrutés.
Le rythme était dur.
Du coup, il constatait un énorme turnover auprès de ses chefs de projets.
Ils devaient, chaque seconde, dans le monde, s'attacher à leur mission.
Toute personne.
Toute couleur.
Tout pays.
Tous âges.

Le chef de projet « Lancers d’assiettes dans la cuisine » n'avait pu tenir que quelques jours.
Les millions de disputes avaient eu raison de lui.
Dix disputes par centième de secondes.
Le rythme était trop effréné.

Et tous, enviaient certains postes.
Dont le chef de projet « biiiiip censuré ».
Et puis le chef de projet « Bébés ».
Oui, lui, il avait la belle vie, car chaque seconde, il donnait la vie.
Chaque seconde... ce qui restait néanmoins un rythme de fonctionnaire paradisiaque.

Les séances de retrouvailles, d'étreintes, étaient celles qu'il préférait entre toutes.
Bien sûr, sa fonction de chef suprême lui imposait parfois d'assister à des séances de cyclones.
De tremblements de terres.
De guerres.
D'éruptions.
D’épidémies.
Entre autres.
Il devait aussi y assister.
C’était le jeu.
Car.
C'était aussi dans son contrat.
A lui.

Mais cette séance de retrouvailles entre la chilienne et le brésilien lui tenait particulièrement à coeur.
Tous ses chefs de projets mêlés à cette histoire avaient bien travaillé.
Il en était content.
Fier.
Le chef de projet « Communication épistolaire » s'était démené.
Le chef de projet « Téléphone en panne » fut brillant par moments.
Le chef de projet « Larmes » s'est surpassé.
Le chef de projet « Souvenirs », comme à son habitude, s'est accroché.
Le chef de projet « Je pète un plomb » s'est fait remarquer.
Le chef de projet « Avion raté » n'a pas manqué une miette.
Et.
Le chef de projet « Retrouvailles » a su manager tout ce petit monde avec brio.

Clap Clap Clap.
Bravo.
Dieu applaudissait.
Il souriait.
Touchait sa longue barbe, signe de plaisir.
De voir ces deux jeunes petits se retrouver.
Avant de se re-séparer.
Oui.
Car le chef de projet « Ecoute je me plais ici, va falloir décider, et puis j'ai changé » fera des siennes.
Mais plus tard.
Laissons-les un peu respirer quand même.
Séparés si longtemps!

Dieu était content.
De si belles étreintes.
Qu'il en avait oublié son chef de projet « Lancers d’assiettes dans la cuisine ».
L'espace de quelques secondes.
Juste le temps d'assister à cette scène.

Oui.
Grâce à notre chilienne et notre brésilien, ce sont bien vingt-neuf secondes de passées sans chef de projet « Lancers d’assiettes dans la cuisine ».
Dix à chaque centième.
Mille à chaque seconde.
Vingt-neuf mille disputes annulées.

Et parmi ces vingt-neuf mille, la probabilité est que un pour cent ait été cruciale.
C'est à dire deux cent quatre-vingt-dix disputes qui auraient mal tourné.
Donc deux cent quatre-vingt-dix drames évités.
Donc deux cent quatre-vingt-dix familles toujours ensemble. Réunies.

Si nous rapportons alors cela à notre France.

Notre planète compte sept milliards de personnes.
Notre France compte soixante millions de personnes.
Pour deux cent quatre-vingt-dix drames évités dans le monde.
Donc deux virgule cinq familles françaises concernées.
Donc deux familles normales.
Et puis une monoparentale.

Chef de projet « Statistiques et prises de tête » :
- C'est bon Maxime, ton calcul tient la route pour l'instant.

Merci.
Et sans doute, que vous, moi, via les racines de nos réseaux étendus, connaissons-nous au moins une de ces familles?
Regardez:
Puisque nous nous « connaissons » tous via les réseaux sociaux tentaculaires du type Facebook.
Et puisque l'adage est « l'ami de mon ami est mon ami » ou plutôt, aurait tendance aujourd'hui à être « je cherche à ce que l'amiE de mon ami devienne mon amiE ».

Chef de projet « Je nique poke via Facebook »:
- Ah ah, plutôt perspicace le Maxime!

Donc, nul doute que l'un d'entre nous ait connaissance d'une de ces familles.
Alors toi.
Ou vous.
Si je te vouvoie.
Vous, qui connaissez une de ces familles, tu es chargé d'une mission auprès d'elle.
Oui.
Tu vas dire à cette famille de retrouver la chilienne et notre ami brésilien.
Et vite.
Avant que notre chilienne ne se fasse emmerder par le chef de projet « Ecoute je me plais ici, va falloir décider, et puis j'ai changé » et que tout ça soit effacé, n’ait pas lieu.
Oui, il est encore temps.

Alors vous faites ce que tu veux :
Tu prends.
Un papier et un stylo.
Un clavier et un écran.
Un billet et un avion.
Et vous contactez notre chilienne pour éviter qu'elle ne fasse une bêtise.

Chef de projet « Causes perdues »:
- Héhé... Oui oui, c’est ça...


Ah mais !
Chef de projet « Causes perdues », tu as déjà assez affaire avec Mélanie.
Alors laisse-nous deux minutes, tu seras mignon.



21 juillet 2008

What else?

Y a-t-il vraiment des règles?
Doit-on obéir?
Suivre une règle?
Un comportement?

Comment s'occupe-t-on?
Y a-t-il des formes pré-définies d'occupations?
Et celui qui pense.
Oui, celui qui pense éternellement, lui, s'occupe-t-il?
Est-ce que penser est s'occuper?

Je suis direction Genève
Voiture dix-sept.
Mais pas de bol.
Un groupe de jeunes est là aussi.
« Camps Jeunes ».
De huit.
A douze ans.
Turbulents.
Ils hurlent.
Et ça se lit.
Dans leurs yeux.
Sur leur visage.
Qu'ils ne sont pas du seizième.

Et puis.
Il y a Georges Clooney.
Enfin son sosie.
Face à moi.
Le même regard.
La même élégance.
Le même poivre.
Le même sel.
Mais pas le même.
Nom.
La monitrice délaisse l'espace de quelques secondes son attention de ses loulous.
Une fois. Deux fois. Trois fois.
Je ne compterai plus.
Sans doute espère-t-elle que ses yeux de biche soient chassés par ceux de Georges.
Clooney.
Et non Guy.
Sans doute.

Je le prendrai en flagrant délit.
Lui.
A deux reprises.

Elle, elle occupe.
Son attention.
Double attention.
De ses loulous.
De son Georges.
C'est connu, les femmes maîtrisent le multitâches.

Georges, lui, il macbooktise.
Que fait-il?
Je ne sais.
Alors forcément, je m'imagine.
Qu'il fait un compte-rendu de réunion sur l'activité d'une entreprise de caoutchouc.
Ou.
Qu'il regarde un DVD de OuiOui.
Ou.
Qu'il ré-organise ses fichiers.
Ou.
Qu'il fait un Super Sudoku.
Ou.
Qu'il regarde les photos de ses dernières vacances à La Bourboule où il a voulu régénérer son capital soleil.
Ou.
Que sa machine est éteinte et qu'il se regarde dans le reflet de l'écran pour vérifier son grain de peau et être au top quand la monitrice le dévisagera pour la vingt-deuxième fois.

Quant à moi, j'observe.
Elle.
Lui.
Et puis elle, cette dame là.
A côté de moi, qui ne lâche pas ses mots fléchés.
Et qui m'a lancé des yeux noirs lorsque je lui ai dit que paratonnerre prenait deux « r ».
N'empêche que.
Elle a effacé.

Quant à moi, j'écoute.
Deux petits loulous derrière moi.
Ils ne se connaissaient pas.
Et désormais, se connaissent.
Oui, l'un a proposé un chewing-gum à l'autre.
Et il y a eu ces répliques, à la suite.
Sorties sur un air détaché.
« 
- Eh, regarde, y'a des nuages!
- C'est quoi des nuages?
- De la fumée
»
Et puis surtout.
« 
- T'as un père toi?
- Non. Juste une maman. Mon père j'le vois pas. Ma mère c'est le soleil, mon père la nuit.
»
Huit ans.
Pas plus.
Le sans père.

Quant à moi, je ne fais rien.
Matériellement.
Oui, mes mains ne sont pas occupées.
A ce moment.

Alors serait-ce donc ça, être occupé?
Etre occupé serait-ce être réduit à avoir les mains occupées?

Réfléchissons.
Si vous êtes occupés, c'est donc que vous faîtes quelque chose.
Avec vos mains.

Lire?
C'est être occupé.
Des yeux.
Et des mains, à tourner les pages.

Oui mais non.
Car regarder la télévision, c'est être occupé.
Avoir l'esprit occupé.
Donc.
Réfléchir.
Penser.
Avoir l'esprit occupé, c'est être occupé.

Mais si on me demande ce que j'ai fait tel jour.
Et que je réponde que j'ai réfléchi à l'ombre d'un poirier du jardin Catherine Labouré.
Alors on me rétorquera que j'ai glandé.

Alors oui.
C'est injuste.
Car je préfère attraper un « Ma mère c'est le soleil, mon père la nuit » plutôt que d'écrire paratonnerre avec un seul « r » et foutre en l'air une grille de mots fléchés.

Et qu'y a-t-il de mieux?
Penser ou s'activer?
L'un est-il mieux que l'autre?
L'un est-il mieux vu que l'autre?

Quoiqu'il en soit.
J'ai.
Observé.
Ecouté.

Et écrit.
Mais en cachette.
Taille six.
Et couleur verte.
Oui, la monitrice a beau avoir des yeux de biche, les miens sont de chat.
Pour ne pas que ma voisine ne me lise.
Qu'elle reste concentrée sur son paratonneRe.
Car je n'aime pas que des intéressés lisent ce que j'écris.
Sur eux.
Normal.
Oui oui voisine, j'ai écrit sur vous.
Vous et votre regard noir.
- Je prends des risques là -
Vous et votre silhouette de Karen Mulder.
Avec non loin d'un demi quintal supplémentaire.

Bref.
Finalement.
En y repensant, j'étais occupé.



« 
- Wé Max, TT OQP!
- Kévin?? Encore toi? Fous-moi le camp! Allez!! Pas vrai d'voir ça!! Non mais!
»




Photo0038.jpg
What else?

04 juillet 2008

Mélanie est une coquine

Mélanie est heureuse.
Enfin.
Elle a récupéré son bol breton en faïence bleu et blanc avec Mélanie d’écrit.
Elle en rêvait depuis toute petite.

Elle va enfin pouvoir.
Boire son Nesquik dans son bol breton Mélanie.
Oui.
Mélanie, aujourd’hui, elle est heureuse.

Car elle n’aimait pas.
Boire son Nesquik dans un bol breton Jacqueline en faïence bleu et blanc.
Mélanie.
Et je ne parle pas du Viandox.
Il n’avait pas le même goût, le Nesquik.
Il n’avait pas le même goût non plus, le Viandox.
Dans un bol breton Jacqueline en faïence bleu et blanc.

Mais Mélanie, c’est avec Henri qu’elle aimerait partager son Nesquik.
Et son Viandox.
Quand elle l’a vu, elle aurait voulu lui offrir.
Un bol breton en faïence bleu et blanc avec Henri d’écrit.
Faut dire, il était élégant, Henri.
Courtois.
Gentil.
Poli.
Lui.

Et tout s’est passé comme ça.

Mélanie rentre de Saint-Malo.
Mélanie est heureuse.
Car.
Mélanie a son bol breton en faïence bleu et blanc avec Mélanie d’écrit.
Déjà.

Et puis.
Et puis Mélanie devait rentrer chez elle.
Installer son bol breton en faïence bleu et blanc avec Mélanie d’écrit.
Donc.
Mélanie prend le train.

Saint-Malo.
Paris.
Tout le monde descend.
Même vous mademoiselle Mélanie.
Oui, vous.
Vous et votre bol breton en faïence bleu et blanc Mélanie.
Allez. Hop.
On descend. Et plus vite.

Oui, car il faut se dépêcher.
Le train pour Orléans n’attendra pas.
Mélanie avec son bol breton en faïence bleu et blanc avec Mélanie d’écrit.

Alors Mélanie court.
Court.
Court.

Alors ils arrivent à gare d’Austerlitz.
Mélanie.
Et son bol breton en faïence bleu et blanc Mélanie.

Le train part dans vingt-trois secondes.
Mélanie court.
Mélanie a chaud.
Mélanie a très chaud.

Mais Mélanie est une coquine.
Oui.
Mélanie a oublié de prendre son billet.
Pas le temps.

Le train part dans seize secondes.

In extremis, ils réussissent à se faufiler dans un wagon.
Mélanie.
Et son bol breton en faïence bleu et blanc Mélanie.

Depuis deux secondes, le train est parti.
Avec eux.
Mélanie.
Son bol breton en faïence bleu et blanc Mélanie.
Sa chaleur ruisselante.
Sans lui.
Le billet.

Mais voilà.
C’était sans compter sur lui.
Henri.
Qui n’a pas de bol breton en faïence bleu et blanc Henri.

«
Et merde ! Encore une fois j’vais me faire avoir ! Vais encore tomber sur un gros connard. Mais il est beau ce con en plus !
- Je suis désolée, je n’ai pas eu le temps de prendre de billet !
Si je vous dis que vous êtes aussi beau que des escarpins Mark Jacobs, vous pouvez faire quelque chose ?

Bon, comment vais-je la gérer cette petite mignonne…
- Je sais, je vous ai vu courir.
Y’a peut-être moyen que j’me l’envoie vite fait entre deux wagons si je lui fais une faveur.
- Installez-vous dans le wagon 1ère classe, je vous en prie, il n’y a personne, nous vous y serez plus à l’aise.

Courtois en plus. Ou bien c’est parce que je pue trop d’avoir couru et qu’il ne veut pas que j’emmerde les autres passagers avec mes odeurs ??
- Merci beaucoup, vous êtes très gentil.
Quel sourire il a ! Et ces yeux!! Mazeeeeeette !!

Bon, comment s’y prendre alors…
- Ecoutez, ça va aller pour cette fois-ci. Mais gardez-le pour vous.
Bon, si elle ne me saute pas dessus direct après ça, je n’connais plus rien aux nanas. Celle de tout à l’heure m’avait déjà sauté dessus au bout d’une minute !!

Il est gentil en plus !!!
- Vous voulez dire que vous ne me verbalisez pas et que je peux rester ici, en 1ère ?
Il a de ces yeux !!! Waouh !!

Allez fonce mon gars c'est le moment!
- Oui, vous pouvez rester ici. Mais bon, maintenant, que nous sommes tranquilles, à l’aise, passons aux choses sérieuses si vous voulez bien…

Oula !! Mais c’est qu’il a l’air chaud bouillant du slip en plus ce petit !! Lui, à mon avis, il veut voir autre chose que mon bol breton en faïence bleu et blanc Mélanie.
- …
»


Non.
Mélanie est une coquine, oui.
Mais Henri n’est pas un coquin.
Je rectifie.
Mélanie est une coquine, parfois.

Et tout ne s’est pas passé comme cela.
En fin de compte.
Je suis mauvaise langue.

Henri, charmé, mais qui n’a pas de bol breton en faïence bleu et blanc Henri, lui a proposé de s’installer en 1ère.
Oui.
Et avec courtoisie.
Et surtout.
De ne pas la verbaliser.

Mélanie, charmée, a doublement accepté.

Et puis.
Et puis, Mélanie et Henri ont parlé.
Trois.
Quatre.
Voire cinq minutes.

Mélanie était rouge.
Henri était rouge.

Mais il s’est passé un drame.
Mélanie et Henri ont discuté.
Mélanie et Henri se sont plus.
Mais Henri n’a rien demandé à Mélanie.
Henri a oublié.
Et Mélanie n’a rien demandé à Henri.
Mélanie a oublié.

Leurs rougeurs l’ont emporté.
Ils se sont quittés.
Sur des tons de tomates siciliennes.

Mélanie est rentrée chez elle.
Mélanie a enfin pu boire.
Son Viandox dans un bol breton en faïence bleu et blanc Mélanie.

Mais Mélanie est triste.
Mélanie s’en veut.
De ne pas avoir osé demandé à Henri son numéro.

Alors Mélanie va s’en référer à une formidable entité pensante aux extraordinaires capacités.
Oui.
Nous nommerons cette entité M_x___.
Cette entité est d’ailleurs un exemple même de modestie.

Après un long entretien avec M_x___, Mélanie reprend espoir.
Un jour, de pouvoir offrir à Henri un bol breton en faïence bleu et blanc Henri.

Car Mélanie aura trouvé le moyen, un jour.
De recroiser Henri dans les couloirs du train Paris Orléans.
Sans que lui ne l’ait reconnue.
Une règle : l’assurance.
Courage à deux mains.
Vingt-deux de tension.
Cœur à la chamade.
Se diriger vers lui.
Bafouille interdite.
Péter un coup.
Une occasion.
Gorge serrée.
Lui reparler.
L’occasion.
Ou jamais.
On y croit.
Mélanie.
Allez.
Zou !

«
Pardon, excusez-moi, mais je suis embêtée.
J’ai rencontré il y a une quinzaine de jours un charmant contrôleur.
Nous avons discuté d’escarpins Mark Jacobs et de bol breton en faïence bleu et blanc.
J’ai beaucoup apprécié.
Mais troublée, j’ai oublié de lui demander son numéro.
Depuis, j’espérai le recroiser.

Dîtes, le connaîtriez-vous ?
»


Oui.
Mélanie est une coquine.
Un peu quand même.

17 juin 2008

Lui, demain

Ca m'a fait bizarre.
Ce soir, il avait une voix inhabituelle.
J'ai pensé que quelque chose n'allait pas.
Je n'en étais pas loin.

Il a cette aventure qui sommeille en lui.
Depuis tout petit.
Cette aventure, qui peu à peu s'effaçait.
Sans doute pour son bien.
Mais sans aucun doute, pour le leur.
A eux.
Quatre.

Mais c'est en lui.

Alors.
Je l'imagine déjà.

Demain.
S'envolant.
Lui, parmi ces seuls 700 envoyés.
Quittant nos terres.
Sa terre, à laquelle il est tant attaché.
Tendu.
Et nous.
Tendus.

Demain.
L'avion décollant.
Se demander s'il a fait le bon choix.
Penser.
Ressasser.
Craquer.
Non. Pas craquer, à ce moment-là.
Il a déjà craqué.
Il craquera encore. Plus tard.

Ils seront plusieurs, oui.
Mais il se sentira seul.
Le temps aidera à se sentir moins seul.
A se serrer les coudes.
Entre eux.
C'est une histoire.
Et j'ai envie.
Que belle, elle reste.
Que belle, elle se termine.

Je l'admire.
Mais j'ai peur.
Pas pour lui.
Je connais.
Je le connais.
J'ai peur pour d'autres.
Eux.
Trois.

Alors oui, ils vont être briefés.
Oui, ils vont être suivis.
Oui, ils vont être ensemble.
Oui, ils vont raconter ce qu'ils voient.
Ce qu'ils vivent.
Ce qu'ils ressentent.
Je sais que tout va bien se passer
Mais je n'ai pas envie qu'il y en ait un qui foute tout en l'air.
Un connard.
Juste une seconde.
Si vite arrivée.
J'ai envie qu'il puisse se dire que plus tard, il y reviendra.
J'ai envie qu'il contribue pour que plus tard, moi aussi, j'y traîne ma caméra et mon stylo.
Je le soutiens.
Je les soutiens.

Mais je vais le sentir.
Demain, quand il arrivera.
Demain, quand il verra défiler, avant de se poser,
Cette terre, qui l'accueillera ces quatre prochains mois.

De se dire,
En voyant la montagne ocre, nue et aride s'épaissir,
Les broussailles se multiplier,
Les brumes de chaleur s'installer,
Les vents de poussière s'intensifier,
Qu'il va passer quatre mois là-bas, dans ce monde qui lui est inconnu.
Cette langue qui lui est inconnue.
Ces habitudes qui lui sont inconnues.
Le corps tendu,
D'être si loin des siens.

De se dire,
Quand il sortira de l'appareil, moteurs encore ronronnants,
En posant le premier pied à terre,
Qu'il va falloir être fort.
Que c'est maintenant que tout commence.

Demain.
Car j'ai seulement appris ce soir.
Qu'il partait.
Demain.

Il le savait depuis cinq jours.
Mais il ne m'en a pas averti.
J'aurai pu venir ce dernier week-end.
Mais il ne m'en a pas averti.

Quatre longs mois.
Je suis avec toi.


Mon frère, en Afghanistan.

10 juin 2008

Scoopotron

J'ai été sollicité pour participer à un concours.
Ca m'a plu.
Alors hop, j'ai sauté dessus.

Le principe: écrire un billet avec photo ou vidéo à l'appui.
Le thème: l'absurde.

Ca se passe sur le scoopotron.

C'est un concours, et comme j'ai autant de chances de gagner que l'Afghanistan d'organiser un jour les JO, donc si vous pouviez aller y faire un petit tour et cliquer sur les petites étoiles sous la vidéo, ce serait très sympa.

Mon post est ici.




Aaah oui, j'oubliai!! On peut voter tous les jours!!

29 mai 2008

Bouche bée

Jamais j’aurais pu m’attendre à une telle chose.
La probabilité était nulle.
Donc, non probable.
Et pourtant.


Je remonte dans le temps.
8 octobre 2005.
Je suis au Tibet.

Au monastère de Samyé.
En haut de ma colline.
Avec mon sage.
Celui-ci.
Un de mes plus beaux souvenirs.


27 mars 2008.
Je suis à Paris.

A écrire cette note.
Dont ça :
«
Alors il s'est approché de moi.
S'est accroupi.
Et s'est assis.
A mes côtés.
Les pieds ballants dans le vide.
Aussi.
»

Je n’avais pas joint d’illustration de cette scène pour la note.
Lui, je ne l’avais pas en photo.
Lui, je ne voulais pas le mettre dans la boîte.
J’avais bien pris une photo du monastère, du haut de cette colline.
Mais.
Mais elle n’aurait pas été en adéquation avec le texte.
J’avais préféré décrire.


Je remonte encore dans le temps.
7 octobre 2005.
Je suis au Tibet.

Ou plutôt, je suis en train de dîner dans une salle faisant office de restaurant du monastère de Samyé.
Nous sommes cinq.
Cinq touristes.
J’ai rejoint quatre trois japonais à leur table, m’invitant à boire de la « Lhasa beer, the beer of the roof of the world ».
Et à manger des yacks burgers.
Je m’en souviens.

Cinq touristes.
Dont elle.
Seule à sa table.
En train de dîner.
En train de lire.
En train d’écrire.
C’est une jeune et belle asiatique, brune aux cheveux longs.
Elle nous regardera.
Nous sourira.
Mais ne se joindra pas à nous.
Elle semblait Sage.
Je m’en souviens.


17 mai 2008.
L'escapade de mai.
Je suis en Jordanie.

Dans une auberge.
J’arrive de Paris.
Je pose mes sacs.
Demande un lit en dortoir.
Monte mon sac dans le dortoir.
Mange un carambar.
Redescends dans le salon.
Lis la blague carambar.
Salue les différentes nationalités présentes.
Une australienne.
Un néerlandais.
Un allemand.
Un irlandais.
Et un Maxime.

Je leur parle de ma passion pour les carambars.
Et malabars.
Et puis.

Et puis, je vois une pile de livre dans une bibliothèque.
Me lève.
Vais la voir.
Il y a le Lonely Planet en anglais sur la Jordanie.
Il y a le Rough Guide de la Jordanie.
Un autre Lonely Planet sur Israël.
Et en dessous, il y avait l’improbable…

Le Guestbook de l’auberge.
Mais avec une illustration sur la couverture.
Et quelle illustration !
Une photo.

D’une asiatique.
De dos.
Prise en photo.
Du petit muret de la colline de mon Sage.
Avec vue sur le monastère de Samyé.

 

2129580706.JPG
Dans la note "Mon Sage", nous étions tous les deux, assis, ici.


Pourrait-ce être l’asiatique que j’avais croisé ce 7 octobre 2005 dans la salle de restaurant du monastère ?
J’aimerai.
Pourquoi retrouvai-je la photo d’un des sites qui m’avait le plus marqué, ici, dans cette auberge Jordanienne, à Amman, un soir de mai 2008 ?

Je pourrais être niais et naïf en affirmant que c’est mon Sage qui me l’a replacée sur mon chemin ce soir-là.
Mais non.
Je ne serai pas affirmatif.
Je continuerai de trouver cela fabuleux.
Laisser une part de hasard…
…ou pas.


Y’a pas à dire.
La vie est bien faite.
Les voyages sont merveilleux et restent le meilleur investissement.
A court.
Et à long terme.
Car sont immatériels.
On investit.
Pour le personnel.

Profitons-en.
Tant que possible.