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01 décembre 2010

Janvier: Boston Celtics VS Minnesota Timberwolves

C'est un peu un rêve de gosse.
Il y a 17 ans, je découvrais le basket NBA durant mes années lycées... 17 ans déjà... je prends un sacré coup de vieux là!
Avec Damien, tous les mercredis on achetait l'Equipe pour éplucher les stats et les classements NBA pendant les cours de maths.
Quand on est gosse, ces gars là nous font rêver, surtout que nous étions à l'époque où la vraie Dream Team faisait ses débuts pendant les JO de Barcelone, où Magic Johnson aller arrêter sa carrière, où Jordan allait bousculer les statistiques et rafler 3 titres de suites...

Par la suite, la passion NBA s'est estompée.
C'est normal, on grandit, on nous force à lire Baudelaire plutôt que regarder les bonds en l'air de Jordan.
Mais quand on a eu un rêve de gosse, l'envie reste intacte.
C'est pour ça, que grâce à Claire, je vais enfin pouvoir voir mon premier match NBA!!
Et les Celtics en plus!
La mythique équipe des Celtics, de Larry Bird, de Kevin McHale, Bob Cousy, Bill Russell, Pete Maravich (Pistol Pete Maravich!!), Bill Walton, Robert Parish, Dominique Wilkins...
Aaaahh.. (soupir)...

celtics match.png

Aujourd'hui, je ne connais quasiment plus aucun joueur NBA, mais certains noms restent, et notamment chez les Celctics: Kevin Garnett, Ray Allen, Shaquille O'Neal, Paul Pierce!

Quant à l'adversaire, les Minnesota Timberwolves (de l'ancien Christian Laettner) alors là, c'est le flou: aucun nom ne me dit quelque chose!
C'est ballot, car 2 jours après, c'était Boston-San Antonio...Grrr!! Tant pis, une prochaine fois!

Pour la petite histoire, cette passion NBA s'est estompée, mais le nom du blog vient d'ici...

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27 juillet 2009

Mmmmh le Perche!

 

C'était il y a un mois.

Le samedi.

J'arrive déjà après le gros de la bataille.
Les nuages orageux n'auront fait qu'illusion.
Ils étaient plantés ici uniquement pour nous offrir le spectacle d'un coucher de soleil dont seul le Perche a le secret.

Tous les amis sont ici.
Ils ont travaillé d'arrache-pied toute la matinée et le début d'après-midi.
La partie de pétanque arrosée vient conclure la fin de la journée.
Les biberons, cochonnets et autres carreaux voleront en éclat.

 

P1010933.JPG

Quant à elles, petit à petit, elles sortent de terre pour finir dans le verre.
Elles seront terminées à la fin du long week-end.
Et feront les plaisirs des petits-déjeuner de la saison à venir.

Et puis d'autres amis arrivent.
Pour participer.
A la soirée.
Car l'été, week-end réussi rime avec merguez et saucisses rosies.
Le barbecue se saisit petit à petit, le temps que les verres des convives se remplissent.
Et se vident.

Quant à elles, sur le feu, elles palpitent toujours.
Elles seront les seules à travailler durant le reste du week-end.

Dans cette maison aux fenêtres et aux portes grandes ouvertes, c'est l'air de l'été qui est invité à entrer et ressortir.
A son gré.
Dans cette maison aux fenêtres et aux portes grandes ouvertes, ce sont les cultures du monde entier qui cohabitent.
Et sans se taper dessus.
Cette maison, c'est un globe d'images du monde au milieu de la campagne.
C'est d'ailleurs les autochtones de ce petit coin de paradis qui nous ont poussé, nous, indigènes du pays des sables, à se lancer il y a cinq ans dans notre premier désert.
La Mauritanie, qui a tout déclenché.
Jusqu'à l'existence de ce blog.

Les générations se mélangent autour des merguez.
Dont certaines seront un peu trop grillées au goût de certains.
Mais j'avais à faire avec une correspondance spéciale de Ouistreham ô combien importante.
Ahlala, dès qu'on lâche le barbecue cinq minutes, on s'attire les foudres des amateurs de chipos al dente!

En fin de soirée, nous danserons autour d'elles.
Ou plutôt, elle nous scruteront d'un drôle d'oeil.
Normal.
Car des énergumènes armés d'appareils photo se trémousseront sur des musiques troublant leur repos.
Elles, qui sont encore si jeunes.

Dimanche, c'est le repos des gurerriers.
Une balade au plein air, à la découverte du château médiéval.
Tandis qu'elles, elles n'attendent plus qu'un couvercle.

 

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Les uns commenceront à repartir.
Les autres attendront le lendemain pour clore ce week-end champêtre au goût de reviens-y.
Le rendez-vous est déjà pris pour l'année prochaine.

Quant à elles, chapeau sur la tête, elles attendront désormais les appels des plus gourmands.



Elles.
Les confitures de "La Tuilerie d'en haut", cuvée 2009.

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17 mars 2009

Au pays de la quine



Ce doit être le rendez-vous.
De l'année.
Certains s'y préparent.
Au moins depuis des semaines.
Des mois.
Voire des années.

Oui, ceux qui l'attendent chaque année.
Avec impatience.
Ce rendez-vous de l'année.
Car ils jouent.
Ils aiment jouer.
Ce sont des joueurs.
Des vrais joueurs.
Des warriors.

Et ce soir-là, pour eux, ça ne rigole pas.
Ouh ça non !
Tu n'as pas intérêt à les déconcentrer.
A faire le pitre.
Sinon, tu te prends.
Une gueulante dont tu te souviendras toute ton enfance.
Bref.

Je me souviens.
Une fois.
Des gamins qui faisaient les fous.
Je n'en faisais pas partie, car je restais sagement avec mon père et ma mère.
Car à l'époque, j'étais petit.
Sage.
Et je devais rester à carreaux.

Ce soirées-là, je les ai fréquentées de huit à quinze ans.
Tout de même !
Mais c'était un vrai bonheur.
De voir ces joueurs si impliqués.
Parfois pour un vulgaire panier garni.
Avec un tee-shirt Crédit Agricole, une bougie en forme de pot de fleurs, un porte-clés d'amorce Sensas, un ballon Dysney, un bon d'achat de 40 francs à la Poissonnerie Massé, une casquette du conseil général 28 « Ca crée des liens d’être euréliens »…
Oui.

histo01.jpg

Le loto de village.
Mieux.
Le loto d’association.
L’association des cyclistes unijambistes du Thymerais.
Par exemple.

Mais le panier garni, c'est de la rigolade.
Car c'est juste une ligne.
Une ligne de cinq chiffres.
De un à quatre vingt dix. 

Les pros, eux, viennent pour les gros lots surtout.
Ben oui.
Le carton plein.
Le fameux carton plein.
Celui où tu gagnes une télé.
Un magnétoscope.
Un appareil-photo.
Une console de jeu.
Un ordinateur.
Un week-end.
Une machine à laver.

anect01.jpg

Alors on les voit ceux qui viennent pour les cartons pleins.
Ce n'est pas avec les grains de blé à disposition sur les tables qu'ils remplissent leurs grilles.
Mais avec des pièces.
Leurs pièces de centimes.
Bien ordonnées dans leur petit coffret "spécial lotos".
Oula oui! On a affaire aux habitués là.
Des pros.
Non, que dis-je ! Des champions !

Ils sont là pour gagner.
Et te répètent à chaque partie :
« Plus que deux ».
« Plus qu'un ».
« Toujours plus qu'un ».
« Je sens qu’ça vient ».
« Le coffret de DVD collector unplugged de Corbier va être à moi ! ».
« Encore plus qu'un ».
« Ca va être bon là ».
Et eux, ils prient pour qu'à chaque tour, leur numéro manquant tombe.
Et qu'un autre joueur ne gagne pas.
Car l'habitué est mauvais.
Très mauvais perdant.
« Quiiiiiiine* !!!!!!! ».
« Et merde! Y'en a un qui a gagné ».
« Fait chier ! Qui a gagné ? La grosse morue du fond encore ? ».

Oui.
Car chaque année, la grosse morue gagne toujours au moins une ou deux fois.
Et la grosse morue née un vendredi 13, collectionneuse de fers à cheval et cocufiée trois soirs par semaine depuis 1979, en fait, personne ne l'aime.
Et oui, quand on est mariée à un VRP de chez Ricard on s’inquiète pour son plumard.
L'an passé, c'est elle qui a raflé le service à raclette pour 12 personnes: unique!
L'an passé, c'est elle qui a raflé l'écran LCD 82 cm.
En fait, c'est elle qui rafle chaque année les téléviseurs.
Et c'est sur elle qu'est jetée une grande majorité de grains de blé pendant les parties.

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Et les habitués, eux, ils sont experts en statistiques.
Et probabilités.
« Le 24 ».
« Ah, il sort rarement le 24 dis donc », raconte un habitué.
« Le 76 ».
« Ohlala! Qu'est-ce qu'y sort ce soir le 76! A la pause, j'vais changer d'carton et en prend' un avec le 76. J’t’en ramène un aussi avec une part d’gâteau au yaour (prononcé yaour) que le p’tit de m’dame Gronchin a fait ?».
« Je me souviens, une fois, le 32 est quasiment sorti à chaque partie ! »
Car l'habitué est joueur.
Il tient à son téléviseur.
Il veut enfin revenir avec un téléviseur.
Pour en mettre un dans sa salle de bain et ne rien rater de l’émission de Julien Courbet le vendredi soir quand il prend son bain.

Sauf que l'habitué, il n'a jamais compté.
Qu'il prend chaque année.
Quatre cartons pour lui.
Quinze euros.
Quatre cartons pour sa femme.
Quinze euros.
Six cartons pour ses deux gamins.
Vingt euros.
Donc cinquante euros.

L'habitué, il fait environ dix lotos par an.
Pendant la saison, de novembre à avril.
Depuis quinze ans.
Donc cinquante fois dix.
Cinq cents.
Fois quinze ans.
Mais depuis cinq ans avec ses gamins.
Donc 5500 euros.

Ah ça oui!
Il aurait pu s'en payer des écrans LCD avec 5500 euros.
Un dans chaque pièce.

Mais au final, il regarde toujours Julien Courbet.
Le vendredi soir.
Dans le téléviseur 36cm de son salon.

Mais il reste optimiste.
Car il sait qu’il y en a 100 000 par an à travers la France.

 

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* Un gagnant, lorsqu’il a une ligne ou un carton plein crie « Quiiiiine » pour se faire connaître.
Pourquoi ? Car le loto de village est aussi appelé « jeu de quine ».
Pourquoi « jeu de quine ? » …. Sais pas, et j’ai la flemme de chercher.
Alors j’offre un tee-shirt La Poste dédicacé par la grosse morue pour celui/celle qui donnera la réponse.

03 mars 2009

Soixante-trois jours

Ahlala.
Difficile tout ça.

Pfffiou !
Quelle vie !

Bon.
Oui, c’est moche.
Maxi-moche !
Car j’écris moins.

Mais mais mais.
On va expliquer.

On va prendre une période standard.
Deux mois par exemple.
Ces deux derniers mois.
Du 15 décembre au 15 février.
Soit 63 jours.
Soit 39 jours ouvrés.
Si si.
Les jours ouvrés, c’est important.

15 au 21 décembre, je termine la première vidéo du Chili.
Soit 168 heures non stop.

Le 21, c’est l’Hiver, donc ça se fête.
Donc une journée de perdue.
Hips.

Du 22 au 24 décembre, on travaille.
Et on travaille dur pour pouvoir offrir des clémentines frelatées pakistanaises à sa famille.
D’arrache-pied.
10 heures – 16 heures, non stop, avec une courte pause entre midi et 14 heures et en ne prenant qu’un café à 11 et 15 heures.

Le 25, c’est Noël.
Alors Joyeux Noël.
« Bisous bisous ! »
« Oh la belle dinde ! »
« Chic chic chic !! Messe de minuit à 20 heures ! ».

Du coup, le 26, c’est crise de foi.
Ah oui, on n’y passe pas à côté.
Oui oui, de « foi » : la messe de minuit à 20 heures, c’est pas pour moi.
La messe de minuit à minuit non plus d’ailleurs.
Je préfère laisser la grand-messe de 20 heures à l'abbé d’Arvor.

Du 27 au 29, on part dans le froid à Sofia.
A faire des glissades et des cochoncetés dans le bain.

Le 30, il faut se remettre des courbatures des glissades.
Et aller travailler pour envoyer deux mails.

Le 31, il faut préparer le dîner du réveillon.
Acheter des Haribo.
Programmer le magnétoscope pour enregistrer le bêtisier de TF1.
Programmer le magnétoscope pour enregistrer le bêtisier de FRANCE2.
Programmer le magnétoscope pour enregistrer le bêtisier de FRANCE3.
Programmer le magnétoscope pour enregistrer le bêtisier de M6.
Programmer le magnétoscope pour enregistrer les Asterix.
Programmer le magnétoscope pour enregistrer les Sissi Impératrice.
Le 1er janvier, c’est fête.
Lever à 18 heures, coucher à 20 heures.
Après la messe.

Le 2 janvier, exceptionnellement, je ne travaille pas.
Oui, ça m’arrive.
Donc.
Visionnage.
Du bêtisier de TF1.
Du bêtisier de FRANCE2.
Du bêtisier de FRANCE3.
Du bêtisier de M6.
Des Asterix.
Des Sissi Impératrice.

Du 3 au 4 janvier, il faut faire du ménage.
Dans les cassettes vidéos.
Donc.
Effacer.
Le bêtisier 2008 de TF1 pour pouvoir être prêt à enregistrer le bêtisier 2009 de TF1.
Le bêtisier 2008 de FRANCE2 pour pouvoir être prêt à enregistrer le bêtisier 2009 de FRANCE2.
Le bêtisier 2008 de FRANCE3 pour pouvoir être prêt à enregistrer le bêtisier 2009 de FRANCE3.
Le bêtisier 2008 de M6 pour pouvoir être prêt à enregistrer le bêtisier 2009 de M6.

Quant aux Asterix et Sissi Impératrice, l’année prochaine j’ai décidé.
De ne plus me faire couillonner.
Car chaque année, ce sont les mêmes.
Donc je vais les garder.
Non mais !
Ca fera 8 cassettes JVC VHS de 240 minutes d’économisées, soit près de 100 euros.
Soit près de 100 nuits d’hôtel à Calcutta.

Le 5 janvier, c’est fête.
Oui, c’est fête.
Car la veille, je me suis rendu compte que j’allai pouvoir dormir 100 nuits à Calcutta grâce à Asterix et Sisi.
Du coup, je suis optimiste, j’écris une note.
Celle-ci là.

Le 6 janvier, je transfère la vidéo de Sofia de mon caméscope à mon ordinateur.
Compter 1 heure et dix minutes de transfert pour dix minutes de vidéo.
La vidéo brut de Sofia faisait 55 minutes.
Bref, près de huit heures pour transférer une vidéo d’à peine une heure.

Du 7 au 12 janvier, nous cherchons une musique pour coller sur la video de Sofia.

Le 13 janvier, nous jouons à notre jeu favori.
Nous sortons le ballon-globe.
Et collons un malabar bi-goût au hasard sur un pays.
Yeux bandés.
Ce sera.
L’antarctique.
Ooops non. Raté. Fait trop froid là-bas et les chameaux sont mal-aimables.
Rebelote.
Deuxième malabar bi-goût.
Deuxième œil bandé.
Ce sera.
L’Afrique du Sud.
Chic !

 

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Du 14 au 19 janvier, je monte Sofia.
Très technique en plus cette coquine.
La vidéo hein.

Le 20, je ne m’en souviens plus.
Ah si.
C’est la Saint Séb.
Je lui envoie un sms.

Le 21 janvier, c’est la sainte Agnès.
Donc c’est fête.

Du 21 au 24 janvier, nous cherchons un objet à faire tomber pour l’Afrique du Sud.
On a bien pensé à un pare-choc de Twingo, mais pas pratique à transporter.
Et puis on aurait l’air de cons dans l’avion.
Ce sera finalement un objet africain.

Du 25 janvier au 1er février, c’est l’Afrique du Sud.
Nous nous faisons peur.
En voyant des rhinocéros nous zapper les priorités à droite.
En voyant le camping peu à peu s’inonder.
En voyant des serpents envahir le camping.
En voyant le moteur de la voiture fumer.
En confondant la pédale de l’embrayage et celle du frein (rhoooo ben oui, ca faisait plus de deux ans que je n’avais pas conduit… ça arrive hein… et puis on roule à gauche, et puis le volant est à droite, et puis y’a que des nœuds en sortant de l’aéroport…).
Nous nous faisons plaisir.
A ne plus confondre frein et embrayage et à rouler à 10 à l’heure.
En découvrant l’incroyable gentillesse des locaux.
En savourant la beauté de la vie sauvage.
En volant les regards d’un éléphant un peu perdu.
En appréciant la démarche majestueuse de la girafe.
En…
En…
Pfffffiou !!!

Du 2 au 4 février, il faut envoyer des mails travailler, pour payer le prochain voyage.

Le 5 février, faut trouver le prochain WE.
Quand on va pas trop loin, on ne joue pas au ballon-globe.
Mais à la boîte à lettres.
Et ce sera le S.
Comme Slovénie.
Donc Ljubljana.
Prononcé Loubiana.

Le 6 février, il faut trouver la musique pour le clip de l’Afrique du Sud.
Pas évident.
Moults choix.

Du 7 au 13 février, je monte la vidéo de l’Afrique du Sud.

Et le 14 février, c’est la Saint-Valentin.
Mon double est au Cameroun.
Donc je regarde les Sissi Impératrice.
Vu que je les ai gardés.
Ben oui.



Donc deux mois résumés.
Maintenant, je suis tranquille pour deux mois.
En gros.

 





Bon, je retourne à la vidéo...

09 janvier 2008

Partial Niger

Au début des années 90.
Là bas, au Niger.
Là bas, au Mali.
La rébellion.

Et puis le calme.

En 1995 on leur promettait un avenir meilleur.
Une paix consolidée.
Lui, l’Ifhoga, natif de Tidene, en fit un combat.
Lui, l’Ifhoga, natif de Tidene, en paya de sa vie.
Lui, Mano Dayak.

Tout a re-débuté en février.
Depuis quelques années tout se passait en silence.
La colère remontait peu à peu.
Mais en silence.

Et rien.
Rien ne changea.
Pire.
Certains profitèrent de cette paix retrouvée pour ré-exploiter.
Uranium.
Investir davantage.
Français. Chinois.
Les meurtrir davantage.
Lentement.

Eux.
La minorité sans droit de parole.
Elle.
Leur terre exploitée sans qu’ils ne bénéficient des retombées.

Uranium, détail parmi d’autres.

Alors tout a re-débuté en février.
A Iferouane au nord du bel Aïr.

Les touaregs se sont soulevés.
Car rien n’a changé.

Légitimement.
Pour se faire entendre.
Mais sanglant.
Car ne peuvent s’exprimer autrement.
N’avaient d’autre choix.

Ténéré à nouveau interdit.
Pourtant lui, le plus beau de tous.

Thomas et Pierre l’ont compris. Ils voulaient savoir.
Thomas et Pierre souhaitaient nous en parler.
Thomas et Pierre en paient aujourd’hui le prix fort.

Alors ils y sont partis.
Dans ce pays, le plus pauvre du monde.
Coûte que coûte.
Sans autorisation, ils seraient passés par l’Algérie. Ou la Lybie.
Mais ils l’ont eue.
L’autorisation.
Pour un autre prétexte.

Ils sont allés à Agadez.
Et dans l’Aïr.
Rencontrer les rebelles.
Et ils devaient se rendre à Niamey.
Rencontrer les autorités nigériennes.
Dans un souci d'impartialité.

Alors oui.
Ils sont bien allés à Niamey.
Alors oui.
Ils ont bien rencontré les autorités.

Mais tout ne s’est pas passé comme ils le souhaitaient.

Les autorités les ont arrêté.
Les journalistes étaient interdits à Agadez, dans l’Aïr et le Ténéré.

Sans doute le gouvernement de Niamey ne souhaite pas donner la parole aux rebelles touaregs.
Le gouvernement de Niamey n’a souhaité que couper la parole.
Celle des rebelles.
Celle de Thomas et Pierre.
Celle de la diplomatie.

Thomas Dandois et Pierre Creisson encourent la peine de mort.
Pour avoir simplement fait leur travail.

Leur travail...
Comme vous, Monsieur le Président Tandja.

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03 septembre 2007

Epistolaire posthume

Extraordinaire.
Génial.
J’aime !

Tout s’est passé comme ça.

Nous ne nous connaissions pas.
Jamais nous n’aurions pu nous connaître. Encore moins nous croiser.
Et pourtant.
C’était écrit.
Ils s’appellent Simone, Madeleine et Pierre.
Trois vies. Trois personnages. Trois destins.
Nous nous sommes rencontrés ce Week-End.
Je suis allé vers eux.
Pour deux ce fut un appel.
Simone, elle, fut le fruit du hasard.
C’est elle d’ailleurs qui m’a donné envie de chercher Madeleine et Pierre.
Simone, elle fut mon coup de cœur.

Peut-être qu’avec davantage de temps j’aurai pu en rencontrer, en croiser d’autres.
Une prochaine fois peut-être.
Chaque chose en son temps.

Simone, ce sont ses croquis qui m’ont séduit.
Elle était cachée. C’est en regardant un vieil atlas de géographie de Vidal-Lablache que je l’ai aperçue.
Je suis allé vers elle et elle a commencé à me raconter sa vie. Une partie. Juste celle que j’ai pu comprendre.
Elle avait un coup de crayon fabuleux. Il ne m’en fallait pas plus.
Des femmes. Simone ne dessinait que des femmes.
Des poses de femmes nues, des modèles de vêtements.
Elle ne m’a pas dit si elle faisait de sa passion son métier. Je ne l’ai pas découvert. Cela restera de l’ordre du mystère.
Mais je suis resté sur ma fin.
Simone a vécu en Inde. Elle suivait son père, médecin. Elle me donnera un de ses carnets de voyage d’Inde.

Madeleine et Pierre, c’est grâce à Simone que je les ai rencontré.
Hier midi. En me baladant.
Ils étaient ensemble. Mais sans s’adresser la parole.
L’un et l’autre, au milieu d’autres. Perdus, mélangés.
J’ai comme senti qu’ils me criaient à l’aide.
Madeleine vivait à Paris. Paris Xème. Elle s’adressait à ses parents.
Pierre était à l’est. Non loin de Reims. Il s’adressait à sa fiancée puis à sa femme.

Madeleine et Pierre ne m’ont pas trop parlé. Je n’ai pas voulu. Je voulais qu’ils me parlent plus tard.
Je savourerai davantage.
Pour eux, je suis passé une première fois.
Leur homme de maison ne m’a pas du tout plu. Alors je suis reparti. Mécontent.

Du reste, je suis resté troublé un certain temps. Mes amis me l’ont dit.
Remarque, c’est compréhensible.
Alors je n’ai pas aimé. Eux, les voir avec cet homme. Non digne d’eux.
Et pourtant.
Ils ont vu du pays.
Quels ont été leurs voyages. Baladés. Echangés.
Simone, Madeleine et Pierre. Comme tout d’ailleurs là bas.
Tout se passe.
Je m’étais approprié Simone. De manière douce, agréable, joviale. Merci Raymond.

Il me fallait désormais Madeleine et Pierre.

Je retournerai voir l’homme de maison à l’allure patibulaire.
En prenant sur moi. Très désagréable.
D’ordinaire on dit d’une personne désagréable dans ce cas qu’on l’évitera.
Oui, j’acquiesce. Je suis d’accord avec ce concept.
Mais là, Madeleine et Pierre, je ne pouvais pas les lui laisser. Non.
Ils m’ont demandé. Je sais.

Alors j’ai rusé. Peu parlementé. Il ne m’en donnait pas l’envie.
Et puis.
Et puis je pris Madeleine et Pierre par la main.
Je les ai sortis.
J’en étais heureux.
Fier. Fier comme un enfant revenant avec un dix sur dix en récitation.
Oui, aujourd’hui, ils sont avec moi. Ils vont pouvoir me parler. Calmement.

Avec eux, c’est un premier trésor que j’ai trouvé.
Simone, Madeleine et Pierre.
Ils ne voyageront plus.
Ils resteront avec moi.
J’ai envie de les faire revivre. A ma façon.

J’ai envie.



Ce Week-end, j’étais à la braderie de Lille.

« Simone », je l’ai remarquée chez le brocanteur d’en face.
Il ne restait d’elle que ses carnets à dessins, ses aquarelles et quelques textes dans de vieilles chemises du début du siècle dernier.
« Madeleine », elle existe pour moi d’après ses quatre-vingts lettres manuscrites de correspondance d’avec ses parents du milieu du siècle dernier que j’ai trouvé.
« Pierre », il existe pour moi par ses quarante lettres manuscrites de correspondance d’avec sa fiancé (qui devînt sa femme) durant sa mobilisation dans les tranchées de la guerre 14-18.

Leur mémoire, un vrai trésor.

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