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07 octobre 2008

Alleluia II


Il se passe des choses comme ça.
Parfois.
On ne comprend pas.
Alors on ne cherche pas à comprendre.

Début juillet 2008.
Ma machine me lâche.
Cruellement.
Désarroi.

Fin septembre.
Enfin, je me décide.
A appeler Darty.
Ouf.

Fin septembre.
Rendez-vous est pris.
Avec Darty.

Fin septembre.
Finalement, il n’est pas venu.
Le technicien de Darty.
Et puis je vais faire le kéké au Canada vite fait.

Début octobre.
Je reprends rendez-vous avec Darty.
Pour samedi 4 octobre.
Entre 8 heures et 11 heures.

Vendredi 3 octobre.
Tard.
Un é-Claire de génie.
Alleluia !
La machine remarche.
Grâce à ce génie.

Samedi 4 octobre.
7h08.
J'appelle Darty.
Pour annuler.

Fin de l'épisode Darty.

 

 



Et non, il est hors de question que je raconte pourquoi elle ne marchait plus!!...

22 septembre 2008

Alleluia!


La journée devait sans doute s’y prêter.
Le week-end avait déjà été de bon augure.

Et aujourd’hui, ça m’a pris d’un seul coup.
Pourtant, il faut avouer que ce n’était pas bien difficile.
Mais bon.
Quand même.

Mais ce n’est qu’une première étape.
Ne crions pas victoire.
Car peut-être vais-je perdre.
Et retomber dans mon trou noir.

Lui seul me le dira.

En analysant de près, il y avait une raison simple : la perte de tranquillité.
Cet individu allait semer le trouble.
Le doute.
Cet individu va semer le trouble.
Le doute.

Mais c’est trop tard.
Je ne peux plus faire marche arrière.
Aujourd’hui, à seize heures quarante et une, j’ai mis les pieds dans le système.
L’engrenage.
Sauvage.

Où tout cela va-t-il me mener ?
Il va falloir me dépenser.
Et dépenser.
Pour mieux panser.
Et enfermer le passé.

Mais il va surtout falloir faire face.
Affronter l’individu.
Lui laisser une place.
Celle d’ailleurs qu’il trouvera de lui-même.

Je n’aurai rien à faire.
Je sais.
A part me laisser faire.
Subir.
L’écouter.
Le regarder.
La regarder.
Prier.
Sans doute lui parler.
A lui.
Cet individu.
Qui m’est encore inconnu.

Peut-être s’installera t-il longtemps.
Je le pressens.
Peut-être lui redonnera t-il la voix.
Qu’elle a perdue.
Un jour de _______.

Une chose est sûre.
Je suis sur la bonne voie.
Quant à elle, je l’espère.

Lui, je voudrai qu’il soit l’artisan.
De nos retrouvailles.
Ah ça oui ! Ce serait une jolie fête !

Mais peut-être m’apprendra-t-il une bien triste nouvelle.
Aussi.
Lui.
Qui est chirurgien à sa façon.
Qui comme eux, parfois, manque de tact.

Alors, mercredi, ce ne sera sans doute qu’une première étape.
Ou un retour.
Tout simplement.

Pour une fois.
Ma procrastination est entre les mains d’autrui.



Un technicien de Darty passe mercredi midi.


Alleluia!

09 septembre 2008

Pouah!


On n’y fait jamais attention.
Et pourtant.

Ils nous entourent.
Nous vivons avec.
D’ailleurs, sans nous, ils ne seraient rien.

Leur ancêtre remonte à la préhistoire.
Puis les Mayas, qui l’utilisaient pour se muscler.
Les grecs, aussi.
Aujourd’hui, à Singapour, il n’est utilisé que dans des conditions très strictes.
Alors que chez nous, pffffiou il est partout.
On raconte même que les andorrans seraient champions.

Mais ils polluent.
Ils nous polluent.
Plusieurs fois, par ma faute.
Plusieurs fois, par votre faute.
Surtout lorsque j’étais enfant.
Surtout lorsque vous étiez enfants.

Leur avantage, c’est leur universalité.
Ils se comprennent tous.
Bien qu’ils soient très différents.

Mais ils ont tous un point commun.
Leur assignation à résidence.

Ils se multiplient.
A vue d’œil.
Des millions.
Des milliards.
Ils sont des milliards.

Mais on n’y fait jamais attention.

Imaginons.
Imaginons-les.
Tous.
Tous frais.
Tels qu’ils sont. Aujourd’hui.
Là où ils sont. Aujourd’hui.
Et nous, au milieu de ce décor.
(…)
Ne serait-ce pas affreux ?
Je serai bloqué.
Vous seriez bloqués.
Une vraie plaie.
Imaginez.
Les rues entières pleines de _______-____ tout frais !
Pouah !

Mais heureusement.
Cela n’arrivera jamais.
Car comme nous, ils vivent.
Meurent.
Et disparaissent.
Au fil du temps.
Mais personne ne les regrette.

Puisque.
Puisqu’ils sont tous éphémères.
Et que l’un remplace l’autre.
Eternellement.

Parfois, ils destressent.
Souvent, ils énervent.
Rarement, ils étonnent.

Alors.
Je prends.
Je jette.
Vous prenez.
Vous jetez.
Nous prenons.
Nous jetons.

Comme les conjugaisons.
A l’école.
Sauf que eux et l’école, ça fait mauvais ménage.
Un peu comme Darty et moi.

Mais faisons-y attention.
Comme pour tout.
En observant.
Posons-nous sur un banc.
Ils viennent à nous.
A notre œil.
Parfois à notre main, hélas.
Mais regardons.
A terre.

Regardons-les.

Car plutôt de les regarder comme polluants, certains vont jouer avec.
Les peindre.
Pour qu’ils s’expriment.
Autrement.
De l’art.
Street art.  

 
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C’est spécial, je vous l’accorde.
Mais ça change.

D’autres vont chercher à les relier.
Pour représenter des constellations.
Street art. Aussi.
La dimension devient tout autre.
Un autre regard.
Amusé.



Et hier, je m’en suis pris un sur les fesses.
Et celui-ci, je ne suis pas prêt de l’oublier.



Les chewing-gums.
Collés ça et là.

 

09 juillet 2008

Une histoire se termine

C'est terminé.

C'est difficile d'écrire ces mots.
Très.
Difficile.
D’admettre.
De reconnaître.

Depuis, je suis plongé dans une angoisse noire.
Mais c'était inévitable.
Je reconnais mes torts.
Mon comportement.
Je n'ai pas su prendre soin d'elle.
Encore une fois.

Alors j'ai envie d'écrire.
Pour oublier.
Sans doute.
Peut-être la faire revenir?
La reconquérir ?
Non.
En vain.
Impossible.
Elle était catégorique.

J'ai bien appelé son meilleur ami, D___y.
En urgence.
Dernier recours.
Pour que lui, réussisse à lui parler.
La convaincre.
Tenter de la faire revenir.
Mais non.
Même lui, n'a pas su lui redonner l'envie.
Même lui, qui pourtant, comme moi, la connaissait.
En profondeur.

C'est à ce moment là que j'ai compris.
Qu'il fallait tirer un trait.
Sur le passé.
Mais Dieu que c'est douloureux.
Encore.

Je me souviens.

C'était jeudi dernier.
En soirée.
Je suis allé la voir.
Sans doute trop routinier.
Elle était toujours aussi belle.
Rayonnante.
Malgré sa peau si blanche.
Malgré ses quelques boutons.
Mais je m'en fichais.

J’ai commencé par la toucher.
Elle n’a pas réagi.
Je lui ai parlé.
Elle est restée muette.
Elle m’a énervé.
Je l’ai alors violenté.
Et m’en suis atrocement voulu.
Ca ne me ressemble pas.

Je sais que pendant ce temps, c’est un substitut qu’il va me falloir.
Une inconnue.
Repartir de zéro.
Tout recommencer.
Mais j’ai peur de tomber.
Sur une vulgaire.
Une anonyme.
Une laide.
Une ingrate.

Il va falloir du temps.
Et en grand procrastineur que je suis, encore davantage.

C’est l’ancien locataire qui nous avait présenté.
Monsieur Bourbon.
Il était gentil monsieur Bourbon.
Je lui en serai toujours reconnaissant.
Malgré qu’elle soit aujourd’hui partie, elle m’a énormément fait avancer.
Elle a su prendre soin de moi.
Tous les deux, ils s’étaient rencontrés station Gaieté.
Sur la ligne 13.
Un vendredi.
Un signe.

Intimidé, elle m’a plu.
Entre nous, le courant est tout de suite passé.
Elle était jeune.
Fraîche.
Dynamique.
Tout ce que j’aime.
En somme.

Alors depuis jeudi, je ne sais plus quoi faire.
J’ai bien traîné sur des sites internet.
Pour en rencontrer une nouvelle.
Aussi fraîche.
Jeune.
Dynamique.
Mais avec moins de boutons.
Oui je sais, je deviens exigeant.
Mais bon.

Mais tout ça reste très douloureux.
Et je sais.
Qu’il va falloir du temps.
Pour la remplacer.



Ma machine à laver.
Qui m’a abandonné jeudi dernier.




01 juillet 2008

Mosaïque

« 
- Dis, papy Maximounet, tu m'racontes une histoire ce soir hein?
»

« 
- Oui, petit descendant, mais après t'être lavé les dents.
Et ne fais pas comme Joey Starr, ne fais pas semblant.
»



Je m'en souviens.
Il va bientôt y avoir quatre ans.
Déjà.

C'était un samedi après-midi.
Et elle m'a pris d'un coup.
Elle.
L'envie de créer.

J'avais envie.
De jouer avec les couleurs.
De jouer avec l'huile.
Sur une toile.
La toile.
J'ai toujours trouvé cet objet très joli.
Et fort.

Alors je suis parti.
A pieds.
Le velib n'existait toujours pas.
Mon idée en tête.
Ma future création en tête.
Direction Graphigro.

Alors j'ai cherché.
Je ne connaissais rien.
Mais savais qu'il me fallait.
De l'huile.
Et une toile.

Et je les ai trouvé.
Et je suis rentré.
Empressé.
Comme un enfant avec son Kinder tant convoité.

« 
- Oui papy Maximounet!! Chic, chic! Un Kinder, un Kinder!
»

« 
- Te te te. Trop tard petit descendant, tu as les dents propres. Fallait pas te les laver.
Ca t'apprendra.
»

Rentré.
J'avais une folle envie de créer.
Mais ne savais peindre.
Alors, suis allé au plus simple.

J'ai pris la toile.
De quarante centimètres sur quarante centimètres.
Un crayon de bois.
Et ai tracé des lignes verticales.
De trois millimètres de côté.
Et ai tracé des lignes horizontales.
De trois millimètres de côté.
Tu vois, petit descendant, c'est le seul côté ordonné que j'ai.

Au bout d'une heure, j'avais mon quadrillage.
Mes petits carreaux.
Prêts.
Dix-sept mille petits carreaux.
Pour être précis.

Et c'est après que j'ai commencé.

« 
- A manger les Kinder???
»

« 
- Ah mais!! Suis un peu, cerveau d'poule!! Sinon, je te cache tes DVD des Teletubbies!
»

« 
- Non non non, papy Maximounet, continue, continue s'te plait, et puis les Teletubbies, z'ont que quat' doigts, savent pas peindre!
»

Et c'est après que j'ai commencé.
A peindre chaque carreau.
A l'huile.
Et de couleur différente.

Une mosaïque.

De cette mosaïque, je voulais que quelque chose ressorte.
Parle.
S'exprime.
Pour les esprits les moins imaginatifs.
Mais au final, ce seront les autres qui verront.
Les esprits les plus imaginatifs.

Au début, j'étais très assidu.
Patient.
Très patient.

Aujourd'hui, je le suis moins.
Assidu.
Patient.

C'est plus rare.
Mais d'autant plus.
Précieux.
Appréciable.
Agréable.

De retrouver cette mosaïque.
Qui au final, me suit.
Depuis bientôt ces quatre années.
Si importantes.

Dix-sept mille petits carreaux.
Oui.
Ton papy est un grand malade.

P1000641.JPG


« 
- Papy Maximounet, tu vas en faire quoi? La vendre? Pour m'acheter des Kinder et des malabars?
»

« 
- Petit descendant voyons!! Jamais! Elle a une histoire!
Tu aimerais qu'on te coupe un bras toi??
»

« 
- Ben non! J'pourrai plus manger de Kinder!
»


Dix-sept mille petits carreaux.
Il y en aurait même un en nutella.
Encore quelques soirées.
Et encore quelques uns.

Un.
Deux.
Trois.
Quatre.
...


 
P1000649.JPG


 
Patience.
Elle n'est pas finie.
Comme toi, elle ne sera sans doute jamais terminée.
Elle dort toujours.

« 
- ZzzzZzzz...
»






04 décembre 2007

Cachées

Elles s’y réfugient toutes.
Toujours.
Au moins cinq fois par jour.
Tous les jours.
Toute l'année.
Qu'il fasse froid.
Qu’il pleuve.
Certaines plus que d’autres.
Les miennes ?
Souvent.
Oui.

Elles peuvent être signe d’aisance.
De mal être.
De bagout.
De nonchalance.
D’immaturité.
De normalité.
Tout simplement.

Devant.
Derrière.
En haut.
Sur les côtés.
De quoi s’emmêler.

Parfois bloquées.
Cherchant au fond.
Une clé.
Une pièce.
Parfois profondes.
Trop.
Pour une clé.
Une pièce.

L’été, c’est plus rare.
Normal.
Quoique.
Sauf cette année.
L’hiver, c’est mixte.
Femmes et hommes.
Mais généralement plus masculin.

Certains amoureux aiment se les échanger.
Seulement les amoureux.
Les miennes n’iraient pas à la rencontre de n’importe qui.

Dans le métro, c’est la distinction de la plus grande majorité.
Dans le métro. Mais dans les bus aussi.
Elles caractérisent l’attente.
Normal, il faut s’occuper.
Il faut les occuper.
Mais pourquoi ?

Forcément, certaines sont sales.
D’autres se préservent.
Et d’autres encore se cachent.
Pour notre plus grand drame.
Car certaines, on aimerait les voir.
Si elles sont à l’image de l'autre.

Elles seules, les femmes y accordent une grande importance.
Forcément moins lorsqu’elles y sont blotties.
Parfois serrées.
Parfois à l’aise.

Enfant, on nous réprimandait.
«
Ce n’est pas bien.
C’est mal élevé.
Il faut se tenir.
»

Alors on a envie d’envoyer valser.
Mais avec elles, pas évident.
Il vaut mieux les avoir ici que dans le nez.

Et si elles n'existaient pas ?


Les mains dans les poches.

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20 novembre 2007

Un primé

Tous les matins il est différent.
Si ceux qui n'aiment pas le changement sont idiots, alors lui, il a relayé l'idiotie bien loin.
Aux oubliettes.
Quoique.
Ce n'est pas parce que l'on aime les changements que l'on est pas idiot non plus.
Et lui, parfois, il l'est.
Oui.

Petit.
Grand.
Large.
Mince.
Epais.
Intéressant.
Ridicule.
Passionnant.
Riche.
Pauvre.
Heureux.
Emouvant.
Triste.
Drôle.
Destabilisant.
Dramatique.
Anecdotique.

Oui, il est tout ça à la fois.
Comme l'Homme en fait.
Sauf qu'ils savent que la connaissance est une fortune qui n'appauvrit pas ceux qui en offrent.
Enfin, ceux profonds.

Chaque jour on en croise des dizaines de différents.
Mais peu savent attirer notre attention.
Enfin tout dépend.
Du jour.
Des circonstances.
De l'humeur.

Il existe des lieux où ils se passent de main en main.
Comme des pièces de monnaie.
D'autres où il est absent.
Comme les pièces de mon porte-monnaie.

Depuis cinq ans, à Paris, on nous en offre.
Une nouvelle mode.
Mais contrôlée.
Manipulée.
Qui s'est propagée à la province.
Depuis trois ans.
Je crois.

Avec lui, ça circule.
Et vite.

Sans lui.
Sans lui nous pourrions vivre normalement.
Oui.
Mais il nous manquerait quelquechose.
Indéniablement.
Il n'y aurait alors que des anciennes.
Car d'ordinaire il ne laisse que peu de place aux anciennes.
Contrairement aux nouvelles.
Allez savoir.
Lorsqu'il est frais elles sont fraîches.
Dépassé, elle sont dépassées.
Il est comme ça.
Lui.

Avec un temps d'avance, une journée d'avance, il serait un trésor.
Un trésor à ne pas mettre entre toutes les mains.

Car il reçoit l'attention.
Une extrême attention.
Parfois.
Des femmes en sont jalouses.
Pour de l'incroyable.
Certains nous ont fait avancer.
Nous ont permis d'être ce que nous sommes.
Ne l'oublions pas.

Une fois.
Il ne sera consommé qu'une fois.
Des millions de paires d'yeux.
Pour quelques minutes parfois.
Et derrière, chez les plus profonds, un travail de fourmi.
Alors sur le moment, on en parle.
Et puis c'est comme tout.
Après on oublie.

De bord, il est guide.
Mais généralement, éphémère.
Car il le veut.
C'est ainsi son destin.
Sauf quand il est intime.
Alors il perdure.
Le mien, il n'avance qu'en mouvement.
Mais demandez à Anne Frank.
Elle le sait mieux que moi.


Lui, le journal.

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14 novembre 2007

N° 08821

Hier.

Pourtant.
Et pourtant tout avait bien commencé.

Il y avait des flaques.
Beaucoup de flaques.
Et comme la mer rouge, elles se sont ouvertes devant lui.
Jambes relevées.
Cette fois-ci, personne arrosé.
Normal.
Il n’y avait pas grand monde.

Il pleuvait.
Un peu.
Première fois sous la pluie.
Toujours aimé les premières fois.
Pourtant c’était juste pour dix minutes.
A l’arrivée, ce fut au moins vingt heures.
Peut-être encore aujourd’hui?
Je ne sais pas.
N’y suis pas retourné.
Cent-vingt-huit euros.
Heureusement non crédités.

Peut-être l’a-t-on volé ?
Non.
Ils nous auraient informé.
Mon portefeuille et moi.

Pourtant j’ai tout essayé.
Pendant dix minutes.
A me détruire les doigts.
Sous la pluie.
Dans le froid.
De droite.
A gauche.
Avant.
Arrière.
Rien.
Impossible.

Juste pour deux hamburgers.
Et l’autre, qui me tenait la porte pour entrer.
Pour sortir.
Qui m’hurle dessus car je ne lui donne pas la pièce.
J’ai des bras aussi.
Merde.

Sous la pluie.
Dans le froid.
Engueulé.
Emmerdé.
Bloqué.

Quitte à rentrer.
A pieds.
Et glisser, sur les trottoirs.
Me casser un pied.
Me casser les pieds. Lui, là, à la porte.

Deux hamburgers pour cent-vingt-huit euros.
Dur à avaler.
Mais non.
Finalement, ils l’ont retrouvé.
Lui.

Ils ont dû couper l’antivol.
J’aurai souhaité y assister.
Dommage.
Il habillait le quartier.
Face à La Poste de Littré.
Face au MacDonald rue de Rennes.


Lui, le velib’ n°08821, accroché à la barrière.


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05 octobre 2007

Nocturne

Après réflexion, il est un grand drâme.

Nous sommes bizarrement faits.
Etrange.
Dérangeant.
Frustrant. Surtout.
Ce besoin de sommeil quotidien.
Encore plus étrange.
Encore plus bizarre.
De se dire que le sommeil peut être frustrant.
Mais c'est simple.

On dit toujours que nous n'avons jamais le temps de ne rien faire.
Et pourtant, si.
Nous faisons tout.
Tout ce dont nous avons envie.
Mais nous y passons moins de temps, car nous en manquons. Parfois.
C'est tout.
C'est simple.

Mais.
Nous sommes devenus gloutons.
Gloutons de notre temps.
De notre temps personnel.
Du temps pour soi.
Alors on en a. Oui.
Mais on en veut.
Davantage.
Encore plus.
Toujours plus.
Et dès que l'on en a toujours plus, il nous en faut encore plus.
« Davantage encore toujours plus de celui qu'on a toujours plus ».
Des paliers à atteindre.
Effet boule de neige.
Cercle vicieux.
Exigence.
Derrière se cache un caprice.
En fait.

Mais voilà.
On se met à imaginer.
On se met à rêver.
Que nous pourrions ne dormir que trois heures par nuit et se reveiller le matin en ayant l'impression d'en avoir dormi huit.
Imaginer.
D'abandonner l'appel de la couette d'une heure du matin pour le décaler à celui de cinq heures.
Et de se lever à huit.
Trois heures.
Juste trois heures de sommeil.

Alors les journées rallongeraient.
Les journées rallongeraient de quatre heures.
Les semaines rallongeraient de vingt-huit heures.
Les mois rallongeraient de cent-douze heures.
Les années rallongeraient de mille-trois-cent-quarante-quatre heures.
Alors les années rallongeraient de presque soixante jours.
Alors les années rallongeraient de presque deux mois.

Deux mois pour soi.

Chaque soir.
Entre une heure et cinq heures du matin.

Alors on imagine que deux de ces quatre heures quotidiennes seraient vouées à la création.
Un mois supplémentaire rien que pour la création.
Un mois sur douze à créer.
Dessiner.
Peindre.
Sculpter.
Filmer.
Composer.
Photographier.
Tailler.
Chanter.
Mélanger.
Ecrire.
Je n'ose imaginer quels artistes nous deviendrions.
Imaginez.

Alors on imagine qu'une de ces quatre heures quotidiennes serait vouée à la connaissance.
Quinze jours supplémentaires rien que pour apprendre.
Lire.
Dévouvrir.
Regarder.
Interroger.
Chercher.
S'etonner.
Réfléchir.
S'émerveiller.
Je n'ose imaginer quelle culture nous developperions.
Imaginez.

Alors on imagine qu'une de ces quatre heures quotidiennes serait vouée à l'autre.
Quinze jours supplémentaires rien que pour l'autre.
Communiquer.
Appeler.
Partager.
Aider.
Réconforter.
Rire.
Echanger.
Pleurer.
Jouer.
Taquiner.
Câliner.
Savourer.
Je n'ose imaginer quelles relations nous cultiverions.
Imaginez.

Le temps, cette quête.

Je sais.
Je rêve.
Mais.

C'est comme ça.

Apprenons déjà à savourer le peu que l'on puisse avoir.
Qualité prime à quantité.



Vous vous posez la même question.
Je sais.
Oui.
Mais non.
On ne mange pas la nuit.
Non, ce n'est pas bon.

Vais me coucher.


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30 septembre 2007

God bless you

D'ordinaire je n'écris pas le dimanche.
Oui, le dimanche, c'est rosbeef et haricots verts du jardin.
Aucun rapport. Je sais.
J'aime les aucun rapport.

Mais je n'y peux rien.
Suis juste tombé dessus.
Ce dimanche matin au ciel dégagé.
Déjà, quel bonheur.
A l'heure où Laurent Cabrol essayait de nous vendre son four micro-ondes multi-fonctions.
Mais j'en ai déjà un.
Alors tant pis.

Alors j'ai hurlé.
De rire.
Surtout qu'ils en ont un à Lille.
Surtout qu'ils vont en avoir un au Mans.
Encore.
Je vais être cerné.
Atchoum.

Alors j'ai hurlé.
De rire.
Je vais aller à Vernaison.
Il faut que je le trouve.
Obligatoire.

Pourtant ils sont mignons.
Pourtant ils sont rigolos.
Pourtant, j'aurai envie de jouer avec eux.
Oui, au fond, je les aime bien.
Bien qu'ils soient ingrats.

Alors j'ai hurlé.
De rire.
En allant ici.

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11 août 2007

Glacial mais intense

Ca faisait trop longtemps.
Ce soir, j'ai craqué.
C'est humain.
Oui.

Elle, elle était là, en haut.
Elle m'attendait.
Ca faisait des mois, un an je crois qu'insistait, me narguait.
Mon entourage s'est étonné que je résiste aussi longtemps.
Beaucoup m'ont poussé à passer à l'acte.

Ca ne me ressemble pas pourtant, mais je l'ai fait.
Je m'en étonne encore.
Impression bizarre. On se sent neuf.
Ca a duré une heure quinze. Tout compris. Oui. Je ne triche pas.
Fatigué le Maxime.
Elle a eu raison de mes cuisses, mes genous, mon cou.
J'ai eu raison d'elle. Je l'affirme.
Prétentieux? Non. Ca se sent.

J'ai commencé lentement. J'ai eu peur.
Peur de mal faire.
Peur de tout foutre en l'air.
Je crois que je lui ai fait mal.
Oui, pendant un instant, un long filet d'air s'est évacué.
Elle ne parlait pas, je ne sais pas ce qu'elle a ressenti.
Puis avec le temps, la chaleur, elle s'est laissée aller.
Peu à peu, elle s'est humidifiée. C'est le moment que j'ai préféré.
Là, j'ai assuré.
Prétentieux? Non. Ca s'est senti.
Elle n'a rien pu faire, ça s'est vu.
C'est devenu beaucoup plus facile.

Une fois terminé, je lui ai dit que je ne recommencerai pas de sitôt. Non.
Ca ne me ressemble pas. Je l'ai déjà dit.
Pourtant, au fur et à mesure, c'est elle qui a fondu. Et non moi.
Avec le temps, c'est elle qui m'a eu à l'usure.
Ce soir, en une heure quinze, j'ai tiré un trait sur une année.

Ca y est, c'est fait. Je souffle.
Elle ne reviendra pas de sitôt.
Je lui ai dit.
Alors besoin de l'écrire. Là, ce soir, tout de suite. Maintenant.
Ca soulage.
Mes amis vont être contents. Depuis le temps qu'ils me poussaient à changer.
Ils la verront autrement car ils ne la verront plus.

Maintenant, elle est partie.
Partie de chez moi.
Envolée.
C'est mieux comme ça.

Elle, c'est la glace du fraiseur de mon frigidaire que j'ai enfin décongelé.



Maxime, procrastineur de première.

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01 août 2007

Elle est là-bas

Ici, j’aime y être.
Ici, comme le temps, rien n’est fixe, tout avance.
Ici, c’est mouvement.
Ici, c’est une sorte de trait d’union entre un lieu et un autre, entre le chaud et le froid, la pluie et le soleil, l’envie et le dégoût, le sourire et la moue.

Mon premier grand souvenir remonte à presque vingt-cinq ans. Elle me paraissait immense. J’y avais peur, peur de m’y perdre.
Quand quinze ans plus tard j’y suis revenu, elle me paraissait si petite !
Mes yeux avaient grandi. Elle, pourtant, était restée à l’identique. C’est marrant.
Nous avions cinq ans. Certains pleuraient, d’autres riaient.
Avec deux autres aventuriers, nous nous étions sauvé. Attirés par l’odeur de la fraise tagada.
Sauvés, mais rattrapés, par madame Péchault avec ses yeux de baleine et ses mains de bûcheron auvergnat.

Aujourd’hui, quand j’y retourne, je regarde.
Je les regarde. Eux, ces gens.
On ne les a jamais vu. On ne les recroisera jamais. Sauf peut-être un ou deux.
Ou une, si elle nous plait. Oui, on peut décider de la revoir, en la complimentant sur la finesse de ses fossettes ou de ses chaussettes. Comme celle-ci, une fois, violon sur l’épaule, natte sur l’autre, à la sockette noire et l’autre bleue.
Elle n’avait pas vu. Je l’avais vu. Je ne l’ai pas revue.

Généralement, ils sont tous pressés.
Généralement, ils sont tous stressés.
Mais ils ont tous un point commun. Ils vont regarder là-bas, là-haut, et avancer.

Mais avant d’avancer, d’abord, on avance tous. Allez.
Une autre fois, c’était en montant à Odéon.
La rame était bondée. Et encore une fois, il faisait chaud.
C’était la fin de semaine.
C’était la fin de journée.
C’était la fin du wagon.
In-extremis je m’y glisse. A la porte et contre la vitre j’étais englué.
Essayez de sortir une cigarette d’un paquet neuf, et de la re-glisser correctement, vous verrez, vous n’y arriverez pas.
Là, c’était pareil. On était vingt, dans cet espace, debout comme des cigarettes. Non light pour certain(e)s…
J’étais le vingtième, la vingtième clope, cabossé, contorsionné pour me calquer à la porte, être en symbiose avec cette vitre meurtrie de coups de cutter et de microbes.
Trois, quatre et cinq stations comme ça. Jusque Etienne Marcel

Etienne Marcel.
Là, sur le quai, au loin, on distingue une sorte de brouillard.
La rame continue d’avancer.
En fait, le brouillard n’est pas un brouillard.
Le brouillard, c’est le jet d’eau d’un extincteur. Un SDF joue avec et s’amuse à arroser les wagons.
Clin d’œil.
Mais juste d’un œil, avant d’ouvrir les deux bien grand : mon wagon, ma porte, ma tête s’arrêtent devant lui.
Sur les côtés, par les fenêtres, l’eau entre. Je ris. D’autres aussi. Ca, c’est bien.
Je sens la fraîcheur du jet contre la vitre.
Les traces de cutter restent imperméables.
Nous avons des portes de métro imperméables. Je vous le dis.
Je ris jaune lorsque je soupçonne mon voisin de vouloir descendre. Ca, c’est moins bien.
Là, j’aurai droit à la douche que j’avais oublié de prendre juste avant.
Fausse alerte.
Soupir.
Je ris encore plus.
L’eau continue de dégouliner sur toutes les vitres.
C’est génial.
Scène improbable, scène formidable.


Station ____ __ ____.
Le métro m’y dépose enfin.
Certaines personnes que j’y croiserai n’auront pas eu la même chance que j’ai eue avec mon ami apprenti pompier.

Elle, elle est toujours aussi grande.
Et eux. Ils partent, ou ils arrivent ?
Où vont-ils ?
D’où viennent-ils ?
Qu’attendent-ils ?
Certains ont avancé, d’autres vont avancer.
Certains ont les mains libres, d’autres pas.
Certains se cherchent, d’autres se trouvent.
Des groupes, des familles, des couples, des personnes seules. Et moi.
Ici, comme le sandwich, le téléphone est roi.

Mais ils ont, nous avons tous un point commun.
Nous regardons tous dans la même direction. Là bas, là-haut, au même endroit, à des moments différents.
Oui, c’est sans doute l’objet le plus regardé ici.
Elle attire toute l’attention. C’est elle qui décide de nous faire avancer.
Sans elle, il n’y a plus rien.
Sans elle, plus rien ne bouge.
Sans elle, nous sommes perdus.


L’horloge de la gare.

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25 juillet 2007

Lui, trait pour trait

Il en a vu passer le bougre.
Je crois que le mien est jaloux.

Il était sans doute prédestiné à passer de main en main.
D’une main frêle à une main sûre, d’une main malade à une main tonique, d’une hésitante à une autre décidée.
Et bien souvent, il doit être sale. Enfin, je pense. Oui, de main en main, comme ça, ça me fait froid dans le dos.

Tout le long, il sera regardé.
Certains se fixeront sur lui, d’autres l’ignoreront.
Il est si petit et si beau à la fois. Seul, là, au milieu de son bazar, à lui.

On est contraint de finir avec lui. On ne peut pas faire autrement.
Une fois, j’ai essayé de l’éviter. Mais non. En vain, comme d’habitude.
Et puis, l’autre, il est là, il nous force. On ne peut pas faire autrement, ça ne se fait pas, c’est la règle.

En fait, c’est nul. Oui.
Ils pourraient très bien être différents, d’une stature différente, d’une couleur différente, d’un toucher différent, d'une saveur différente.
Oui, on aimerait qu’ils soient originaux. Que ces vingt secondes finales passées en leur compagnie soient au moins un bon souvenir. Sentir leur fraîcheur, leur trait, et se laisser aller avec eux.

Lui, parfois, c’est une véritable libération.
Lui, parfois, il nous soulage, on le prend avec plaisir, les mains revigorées, jouant avec. Il doit aimer ça qu’on joue avec lui.
Il arrive qu’il soit aussi supplice.
Il nous fait trembler, encore plus.
Je le regarde et veux lui demander quelle a été sa dernière victime, quelle a été sa plus grande anecdote, quel a été son souvenir le plus glacial, le plus authentique, le plus riche, le plus vrai.
Mais ce bougre, il ne parle pas.
Enfin si, il parle. Oui, il ne s’exprime qu’en marchant sur la tête. Quelle drôle d’idée.

Mais comme moi, comme toi, comme nous, il vieillit.
De l’âge, il en prendra aussi. De sa vigueur, il en perdra aussi.
Et puis un jour, il deviendra muet, et terminera oublié, comme un vulgaire objet, jeté.
Pourtant, lui, témoin de tant de mots et de maux.

Il est complètement différent du mien.
Le mien, il a vécu. Je l’ai emmené partout.
Enfin, disons que le mien, il est toujours pareil, il ne change pas. Je le remplace souvent, trop souvent.
Mais c’est toujours son jumeau qui prend la relève.
C’est peut-être pour ça que j’ai l’impression d’avoir toujours le même.
Tous les deux, ils sont différents, pas la même histoire, pas les mêmes rencontres.

Le mien mélangé au sien, ça doit être merveilleux.
Oui.
Lui, il a vécu ce que le mien ne vit pas.


Le stylo de mon toubib.

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