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22 septembre 2008

Alleluia!


La journée devait sans doute s’y prêter.
Le week-end avait déjà été de bon augure.

Et aujourd’hui, ça m’a pris d’un seul coup.
Pourtant, il faut avouer que ce n’était pas bien difficile.
Mais bon.
Quand même.

Mais ce n’est qu’une première étape.
Ne crions pas victoire.
Car peut-être vais-je perdre.
Et retomber dans mon trou noir.

Lui seul me le dira.

En analysant de près, il y avait une raison simple : la perte de tranquillité.
Cet individu allait semer le trouble.
Le doute.
Cet individu va semer le trouble.
Le doute.

Mais c’est trop tard.
Je ne peux plus faire marche arrière.
Aujourd’hui, à seize heures quarante et une, j’ai mis les pieds dans le système.
L’engrenage.
Sauvage.

Où tout cela va-t-il me mener ?
Il va falloir me dépenser.
Et dépenser.
Pour mieux panser.
Et enfermer le passé.

Mais il va surtout falloir faire face.
Affronter l’individu.
Lui laisser une place.
Celle d’ailleurs qu’il trouvera de lui-même.

Je n’aurai rien à faire.
Je sais.
A part me laisser faire.
Subir.
L’écouter.
Le regarder.
La regarder.
Prier.
Sans doute lui parler.
A lui.
Cet individu.
Qui m’est encore inconnu.

Peut-être s’installera t-il longtemps.
Je le pressens.
Peut-être lui redonnera t-il la voix.
Qu’elle a perdue.
Un jour de _______.

Une chose est sûre.
Je suis sur la bonne voie.
Quant à elle, je l’espère.

Lui, je voudrai qu’il soit l’artisan.
De nos retrouvailles.
Ah ça oui ! Ce serait une jolie fête !

Mais peut-être m’apprendra-t-il une bien triste nouvelle.
Aussi.
Lui.
Qui est chirurgien à sa façon.
Qui comme eux, parfois, manque de tact.

Alors, mercredi, ce ne sera sans doute qu’une première étape.
Ou un retour.
Tout simplement.

Pour une fois.
Ma procrastination est entre les mains d’autrui.



Un technicien de Darty passe mercredi midi.


Alleluia!

16 septembre 2008

Cyprien est un coquin


Mélanie était une coquine.
Oui.

Mais Cyprien est un coquin.
Ou plutôt un malin.
Oui.
Malin.
Ca, c’est bien.

Cyprien est originaire de Virignin.
Dans l’Ain.
Zéro un.

Cyprien a fait son chemin.
Collège. Moyen.
Cyprien n’aimait pas Monsieur Perrin.
Le professeur de latin.
Lycée. Toujours Moyen.
Un gros poil dans la main.
Le Cyprien.

Cyprien a préféré donner ensuite un coup de main.
A son parrain.
Lucien.
Brocanteur négociant en bois et meubles anciens.
Qui habitait à Niederbronn les Bains.
Dans le Bas-Rhin.

Et un jour, Cyprien a arrêté.
De jouer avec les « in » « ain » et autres « iens ».

Alors il a quitté.
Lucien et Maîté.
Un jour de mai.

Mais le plus difficile fut de laisser.
Elisée.
Qu’il avait rencontrée, un soir qu’il sirotait.
Son thé glacé.
Au troquet « le Bilboquet », de la ville d’à côté.

Il avait aimé apprendre à jouer avec Elisée.
Rentrer à pieds, à ses côtés.
Flâner le long des quais.

Elisée, elle faisait les visites guidées.
L’été.
Au château de Oisy le Verger.
Dans le Pas-de-Calais.

Ce dernier paragraphe est niais.
Je sais.
Mais ça rimait.
Et non, vous ne me ferez pas marquer qu’elle aimait flâner dans les champs, Elisée.
Non mais!

Mais ce jour de mai.
Cyprien a quitté.
La ville de Lucien et Maïté.

Encore plus niais.
Ouais.
Suis mauvais.


Car Cyprien avait une passion : le temps.
Enfin non.
Deux passions.
Le temps.
Et le poil dans sa main.

Cyprien avait toujours rêvé de pouvoir arrêter le temps.
Alors il s’est donné les moyens.
Car Cyprien, c’est un malin.
Ne l’oublions point.

Ok, j’arrête ces rimes de crétin.
Ca ne rime à rien.


Cyprien, il ne voulait qu’une chose.
Travailler moins.
Pour gagner plus.
Mais gagner plus, de temps.

Cyprien n’a pas fait Saint-Cyr.
Mais Cyprien était curieux.
Très curieux.
Et c’est tout simplement que son rêve est devenu réalité.

Cyprien a su conjuguer.
Amour du bois.
Amour du soleil.
Amour des vahinés.
Amour du temps.

Amour, tout court.

Car aujourd’hui, Cyprien habite les Iles Tonga.
Et travaille à Samoa.
Oui oui, dans le pacifique.

Ah ça ! Il ne s’embête pas le Cyprien !

A peine une demie heure en hélicoptère.
Car oui, Cyprien continue de travailler le bois.
Dans une petite entreprise samoane.

Et cet hélicoptère est le sien.
Oui.
Cyprien a mis toutes ses économies dans cet hélicoptère.
Car il lui rapporte du temps.

C’est très simple, cet hélicoptère lui rapporte cinquante deux jours par an.
Supplémentaires.
De vacances.
Alors, ça n’a pas de prix.

Regardez :

fuseaux_horaires.gif


Vous constatez.
Le week-end, Cyprien est à Tonga.
Et la semaine, à Samoa. 

Pour les bigleux non géographes, Tonga et Samoa sont au nord de la Nouvelle-Zélande.. 
Et pour les bigleux Collector, là où est écrit "c'est là".
   

Sauf que.
Sauf que durant cette demie heure d’hélico, Cyprien change de date.
Si si.
Car Samoa et Tonga n’ont beau être qu’à cent kilomètres l’une de l’autre, elles ont un décalage, entre elles, de vingt-quatre heures…

Entre les deux, se trouve la ligne internationale de changement de date.

Donc.

Cyprien termine sa semaine à Samoa le vendredi soir.
A 17 heures.
Et arrive alors chez lui, à Tonga.
Le jeudi soir vers 17h30.

Donc.

Cyprien commence sa semaine, en partant de Tonga.
Le lundi matin à 9h.
Pour arriver à Samoa, le mardi matin, vers 9h30.


Et aujourd’hui.
Cyprien est encore plus heureux.
Car il a réussi à négocier.
Ses RTT fixes tous les quinze jours.
Les mercredis…

Ce n’est donc plus cinquante-deux jours supplémentaires.

Mais cent quatre.

L’année de Cyprien contient désormais 469 jours.
Tous les trois ans et demi, Cyprien gagne donc une année.

En trente cinq ans, Cyprien aura gagné dix années de repos…
De quoi laisser rêveur, non ?



Y’a pas à dire.
Cyprien est un malin.

10 septembre 2008

Lui, une troisième fois


En direct.
Il y vingt-cinq minutes.

Je ne m’y attendais pas.
Il m’a eu.
Par surprise.

Cette scène était un clin d’œil.
Sans doute pour ça que je l’ai écouté.
Lui.
Durant quatre minutes.
Le temps que ma rothmans se consume.

En mars dernier, j’écrivais ça, là.

Et là, je retombe sur lui.
Mon vietnamien.
Devant l'entrée de mon boulot.

C’est une impression bizarre.
Lui, ici.
Et moi, là.
Dans un endroit où jamais j’aurai pensé pouvoir le croiser.

Je fume.
Je le vois au loin.
Il arrive.
Et vient vers moi.
Pourquoi moi ?
Et pas mon voisin ?

Le même visage marqué.
Les mêmes rides.
Le même imperméable.
Les mêmes médailles.
La même détresse.

Bref.
Il me parle.
Et bien sûr, c’est la troisième fois qu’il me parle.
Mais ne me reconnaît pas.
Toujours pas.

«
- C’est quoi ici ?
Il m’a l’air toujours à l’ouest. Mais je souris de le revoir. Je tiens ma petite note du jour.
- Des bureaux.
- Des bureaux d’quoi ?
- Des bureaux pour travailler.
- Mais pour travailler quoi ?
- Pour travailler dans les assurances, les banques…
- Aaah d’accord! J’viens d’arriver. Ce matin de Nice. Car j’habite Nice.
Oui oui c’est ça, et moi j’suis le curé d’Melun…
Là, je ne réponds pas. Encore une fois, je bois ce qu’il a à me dire. Je le vide. L’aspire.

- Ah ? Vous habitez à Nice ?
Que va-t-il me sortir cette fois-ci encore …
- Oui, ma famille arrive ce soir de Saïgon à Roissy, à l’aéroport, là où y’a les avions vous savez.
Au moins, il reste cohérent sur son discours, plus d’un an après. Et puis Saïgon, et toujours pas Ho Chi Minh Ville.
- Je vois bien oui, Air France et tout et tout.
- Oui. Et j’ai fait la guerre moi. La guerre d’Indochine. Et ça fait quarante ans que j’suis à Nice.
Il me montre ses médailles.
- Et vendredi, on part à Cayenne.
Alors ça, c’est tout frais, c’est tout nouveau, c’est du scoop.
- A Cayenne ?
- Oui, à Cayenne, voir de la famille. Il fait bon là-bas vous savez.
- Je m’en doute, je m’en doute. En avion ?
- Oui, en avion, de Roissy, à l’aéroport, là où y’a les avions.
- C’est bien, ça.
- Oui. Vous êtes jeunes vous, c’est bien, vous avez quel âge ?
Il articule mal, je ne comprends pas, alors je réponds en hochant bêtement la tête.
- Oui oui.
- Non mais vous avez quel âge ? Vingt-cinq ans ?
Là, j’ai mieux compris.
- Trente et un ans.
- C’est bien, ça. Vous êtes jeune.
Il me prend le bras. Me serre l’avant bras. Les voisins nous regardent. Ma cigarette arrive à sa fin.
Et lui aussi.

- Et oui. Bon, je vais travailler. Bon après-midi.
»

Je repars, je souris.
De l’avoir recroisé.
Mais il est toujours aussi mythomane.

Mais le revoir, aujourd’hui, m’a fait sourire.
Mais surtout, le voir en bonne santé.
C’est con, mais ça fait plaisir.
Au moins.

La prochaine fois, je lui dirai.
Que c’est la quatrième fois qu’on se croise.

La prochaine fois, je lui demanderai.
Pourquoi il raconte autant d’histoires.
Pourquoi il ne raconte pas la vérité.
Pourquoi est-il vraiment ici.

Pourquoi et comment.
En est-il arrivé là.

Sans doute lui offrirai-je.
Un chewing-gum.

Mais j’aimerai connaître sa vérité.


Quant au poète, je ne l’ai toujours pas recroisé.

09 septembre 2008

Pouah!


On n’y fait jamais attention.
Et pourtant.

Ils nous entourent.
Nous vivons avec.
D’ailleurs, sans nous, ils ne seraient rien.

Leur ancêtre remonte à la préhistoire.
Puis les Mayas, qui l’utilisaient pour se muscler.
Les grecs, aussi.
Aujourd’hui, à Singapour, il n’est utilisé que dans des conditions très strictes.
Alors que chez nous, pffffiou il est partout.
On raconte même que les andorrans seraient champions.

Mais ils polluent.
Ils nous polluent.
Plusieurs fois, par ma faute.
Plusieurs fois, par votre faute.
Surtout lorsque j’étais enfant.
Surtout lorsque vous étiez enfants.

Leur avantage, c’est leur universalité.
Ils se comprennent tous.
Bien qu’ils soient très différents.

Mais ils ont tous un point commun.
Leur assignation à résidence.

Ils se multiplient.
A vue d’œil.
Des millions.
Des milliards.
Ils sont des milliards.

Mais on n’y fait jamais attention.

Imaginons.
Imaginons-les.
Tous.
Tous frais.
Tels qu’ils sont. Aujourd’hui.
Là où ils sont. Aujourd’hui.
Et nous, au milieu de ce décor.
(…)
Ne serait-ce pas affreux ?
Je serai bloqué.
Vous seriez bloqués.
Une vraie plaie.
Imaginez.
Les rues entières pleines de _______-____ tout frais !
Pouah !

Mais heureusement.
Cela n’arrivera jamais.
Car comme nous, ils vivent.
Meurent.
Et disparaissent.
Au fil du temps.
Mais personne ne les regrette.

Puisque.
Puisqu’ils sont tous éphémères.
Et que l’un remplace l’autre.
Eternellement.

Parfois, ils destressent.
Souvent, ils énervent.
Rarement, ils étonnent.

Alors.
Je prends.
Je jette.
Vous prenez.
Vous jetez.
Nous prenons.
Nous jetons.

Comme les conjugaisons.
A l’école.
Sauf que eux et l’école, ça fait mauvais ménage.
Un peu comme Darty et moi.

Mais faisons-y attention.
Comme pour tout.
En observant.
Posons-nous sur un banc.
Ils viennent à nous.
A notre œil.
Parfois à notre main, hélas.
Mais regardons.
A terre.

Regardons-les.

Car plutôt de les regarder comme polluants, certains vont jouer avec.
Les peindre.
Pour qu’ils s’expriment.
Autrement.
De l’art.
Street art.  

 
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C’est spécial, je vous l’accorde.
Mais ça change.

D’autres vont chercher à les relier.
Pour représenter des constellations.
Street art. Aussi.
La dimension devient tout autre.
Un autre regard.
Amusé.



Et hier, je m’en suis pris un sur les fesses.
Et celui-ci, je ne suis pas prêt de l’oublier.



Les chewing-gums.
Collés ça et là.