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05 avril 2008

1er jour, Yemen 2007

Le Yemen, 6ème volet de la série "des premiers jours".

Encore une semaine avant de partir, je ne connaissais pas la capitale, Sana'a.
Je devais partir dans le Hoggar encore 10 jours avant en groupe, mais pas assez de personnes, ça a été annulé.
Et j'ai trouvé finalement le Yemen, un bon compromis, mais pas de sable.
Plutôt des montagnes, à pic, avec un trek assez costaud d'ailleurs pfiouuuu!



Vendredi 9 mars 2007. 1er jour.

Allez, on est parti.
Rien vu venir, aucun moment pour la préparation, tout est arrivé si vite entre la fièvre d'hier et la fièvre du départ de ce soir. Oui, suis parti, j'étais encore sous anti-bio, j'avais la tête qui tournait.
Déjà, j'arrive en retard pour récupérer le billet, me paume dans les couloirs de l'aérogare, oublie de retirer de l'argent, passe un coup de fil à Seb de dernière minute... Enfin, tout ça a été plutôt speed aujourd'hui, pour quitter le boulot à 14h30 et faire la course tout l'après-midi afin de préparer l'aspect matérialiste (mais ô combien important) du voyage. L'achat des carnets et de la crême solaire, et puis 2 paquets de carambars.

Enfin bon, je me serai speedé pour partir au Yemen: Yeah men! Copyright Seb

Le plus bête et le meilleur en fait, c'est de ne pas avoir eu le temps de se poser tranquillou à l'aéroport, comme deux bonnes heures pour se préparer, se mettre dans l'ambiance du départ, dans l'excitation, dans ce moment où l'on sait qu'on va partir, sentir ce bien-être si...
Ah si, je l'ai senti en quittant le boulot hier aprem. Sortie, tout en sachant que quelques heures après, j'allais enfin fouler de mes pieds les terres du Moyen-Orient et de la péninsule arabique. Oui, première fois que j'irai au Moyen Orient. Bon, ça a un brin fait flipper mes parents, car le coiffeur de mon oncle s'était fait kidnapper là bas 6 mois auparavant...

J'ai commencé le carnet le vendredi, mais là, on est déjà samedi matin et vais peut-être faire comme en Libye, sans tenir jour par jour les étapes. Ca ne sert à rien.
Six heures de vol pour rejoindre Doha au Qatar, petite péninsule dans le golfe persique, non loin de ces petites choses comme le Barhein, Dubaï... Ces petits coins mais très riches. D'ailleurs, en survolant, voir les raffineries est impressionnant.

Dix huit degrés sont annoncés, mais en sortant, ce sont dix huit degrés d'une lourdeur et d'une humidité saisissante!
Doha.
Petit royaume du pétrole, Etat minuscule d'une richesse rare, construit à coups de béton, de vitres miroirs et de modernité. Ca sent le fric, l'oseille, le flouz, la thune, la maille, le pognon, le blé à plein nez.
L'aéroport est une vraie plate-forme de voyageurs perdus, errants des quatre coins au monde et en transit.
Illustration: un bar accepte toutes les devises... Même le dollar est accepté, dingue nan???!! Mais bon, le coca à 6 euros, on apprend à apprécier chaque bulle.

Pauses clopes (dans des endroits enfumés bien évidemment), et hop! Prêt pour la dernière ligne droite pour Sana'a, capitale du Yemen.
(A noter: les repas exceptionnels de la Qatar Airways).
Au décollage, superbes vues sur les complexes pétroliers de bord de mer, avec une mer turquoise, se mêlant directement à l'ocre du sable.
La fatigue est bien présente mais les yeux tiennent encore le coup. L'excitation était bien là.

Enfin Sana'a!
Le groupe va enfin pouvoir se former, même si certaines têtes semblent déjà avoir été repérées.
Longue attente à la douane. Et tellement longue que le groupe est parti sans moi! Le guide a confondu quelqu'un d'un autre groupe avec moi! Bref, ce sera rattrapé une fois tous arrivés à l'auberge, comme sur les photos et avec cette architecture si typique... et nous ne sommes pas encore dans l'ancienne ville! Ai failli me retrouver avec un groupe de 8 personnes à l'âge assez avancé... Au final, ce sera un groupe de 15 personnes, avec moyenne d'âge de 40 ans quand même... et je ne parle même pas du bus d'italiennes là, j'avais déjà fait le deuil et m'étais préparé en partant de Paris...

Arrivés, nous prendrons nos chambres. Je serai avec Laurence, Martine et Jacqueline au sixième et dernier étage (sans ascenseur!) dans la suite royale. Chacun peut se reposer avant d'aller faire la visite de la vieille ville. Oui, 3 nanas pour moi tout seul, mais stop, ça s'arrête là...
Terrasse superbe sur le vieux Sana'a. Tout simplement magnifiques ces bâtiments, j'en profiterai pour faire mon premier dessin au Yemen, vu de la terrasse. En regardant la vieille ville, on se croit retourner à une lointaine époque, celle de la reine de Saba, qui régna sur Sana'a.

Visite de la vieille ville.
Ici, les femmes sortent mais sont toutes voilées; on ne voit que leurs yeux et leurs regards. Croiser de somptueux regards est envoûtant. Sous le voile persiste le mystère, même si on devine que la plupart sont habillées à l'occidental. N'empêche que c'en était impressionnant; TOUTES les femmes étaient intégralement voilées de noir en dehors de leur regard, et ne masquant aucun habit ou chaussure de type occidental sous leur tunique: le premier jour, ça reste mystérieux, intriguant. Au bout de 15 jours, ça devient usant et pesant, surtout quand aucune expression n'est perceptible.
Frappant: nous ne sommes pas assaillis par les vendeurs dans les souks, on ne nous relooke pas, un sentiment de grande liberté au milieu de ce décor massif par ces maisons à hauts étages et à la décoration si belle et typique! Je me sens vraiment bien ici, très bon sentiment.

Oui, là bas, je me suis vraiment bien senti, même si une grande majorité de magasins et de voitures exposaient en grand des portraits de Saddam Hussein.
Chez nous, les hommes friment avec leurs voitures; là-bas, ils friment avec leurs kalashnikov.
Nous aurons beaucoup marché, beaucoup soufflé, beaucoup grimpé au milieu de décors de cartes postales.
Nous sommes restés dans l'Ouest montagneux et pas allés à l'Est, dans le désert, là où se trouvent la majorité des problèmes au Yemen dont on parle encore aujourd'hui.
Il y a eu des rencontres, beaucoup de rencontres.
Des gens chaleureux, à grande hospitalité, n'hésitant pas à nous offrir thé, brioches... et même le qat, cette plante qu'ils machent à longueur de journée, et qu'ils gardent en boule dans leur bouche.
(N'empêche que le qat est dégueu et qu'il entraine de nombreux trafics: les champs sont gardés par des hommes armés jusqu'au cou, car il aurait des vertus propres à la coca.
Le Yemen, ça reste un excellent souvenir, surtout quand il vous arrive ça.

 
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Maisons typiques décorées de chaux. Plus il y a de chaux et de couleurs, plus la famille est riche.
(Pas de chaux ni de couleurs sur la façade de mon appart à Paris hein...)


 
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Ici, des gens très très très riches!


 
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Des montagnes abruptes et des crêtes très très très mauvaises pour les cardiaques.


 
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Des villages hauts perchés. On se croit revenir au Moyen Age, du temps des châteaux forts.


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Là, bizarrement, je n'faisais pas mon fanfaron.
Les genoux tremblaient et à aucun moment je n'ai regardé en dessous... Interdit!!


 
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Sana'a

Commentaires

J'ai une cousine qui part travailler à Dubaï un an (dans le seul but de ramasser le plus de thunes possible, d'après ce que j'ai compris...).
Tes photos sont magnifiques et quant au "Yemen: Yeah men !", alors là, c'est carrément sublime ;).

Écrit par : Lauren | 07 avril 2008

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Oui Lauren, le Yemen est superbe, mais trop méconnu.
Les locaux nous disaient: "parlez du Yemen autour de vous, vous vous en êtes rendus compte, c'est un merveilleux pays et accueillant".
Ils ont raison.
L'Est du pays est un peu plus "chaud", mais cache le Khub El Khali, un des plus beaux déserts au monde, où selon une légende, les dunes chanteraient...

Écrit par : Maxime | 07 avril 2008

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