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11 mars 2008

Stannar

On pourrait imaginer.
On pourrait imaginer partir un week-end dans le froid.
On pourrait imaginer partir un week-end en Suède.
On pourrait imaginer partir un week-end à Stockholm.
Ou à Göteborg.
Oui, Göteborg par exemple. C'est moins courant.
Sauf celui de l'air, qui la caractériserait.
Göteborg, dans les courants d'air.

On pourrait imaginer être paumé.
Ou pas.
En arrivant, cherchant directement son auberge de jeunesse.
Hop, sac posé, contraintes terminées, en route pour la découverte.
Oui, ce serait très facile à imaginer.

On pourrait imaginer
Hurler de rire. A les entendre parler, avec leurs intonations made in Ikéa.
« Lé ektan astoglu stanna gune manda svek ».
S'étonner. A monter dans des tramways de l'ère stalinienne.
S'émerveiller. A contempler la beauté des suédoises qui, on imaginerait, ne serait pas un mythe.
S'amuser. A les regarder traverser une route sagement sur les passages piétons.
S'étonner encore. A constater que les suédois sont des personnes sages et calmes.

On pourrait imaginer.
Enormément de choses.
Déjà.
Un menu que notre regretté Gilot-Pétré aurait mieux expliqué que moi.
Que la brume prenne l'apéro en inaugurant la journée, avant que le soleil et le ciel bleu ne se partagent le plat de résistance l'après-midi et que la pluie ne se goinfre seule du dessert de la nuit tombée.
Et tout ça, arrosé de rafales de vent.

On pourrait imaginer.
Qu'un éventail d'Isis tellement riche remette en doute les préceptes d'un inconditionnel de l'Italienne.
On les imaginerait grandes, élancées, sveltes, bi-colores assorties entre blondes et brunes, très fashions, au regard tendre du viking vaincu, à la bouche invitant à l'échange culturel et linguistique, aux courbes aussi harmonieuses que les collines du Perche ou qu'une dune saharienne, aux traits aussi fins qu'une carte faite au Rotring, et au calme aussi fort que mon envie de les fixer.
Soupir.

On pourrait imaginer.
Ces rues animées en journée, qui resteraient un vrai défilé d'élégance.
Animées, mais d'un calme organisé où aucun klaxon ne viendrait entacher la douce quiétude environnante.
Où les gens seraient beaux. Tous.
Ne laissant aucune chance à celui qui aurait malgré lui un nez, un oeil, une bouche de travers.
Là bas, on n'imaginerait pas la pauvreté.
Elle ne se montrerait pas.
Car elle existerait bien.

Mais ces rues, elles me rappelleraient le désert en soirée.
En plus humide.
En moins chaleureux.
En moins étoilé.

On pourrait imaginer.
Sympathiser avec deux étudiants brésiliens en exil à Dublin qui seraient compagnons de ronflements.
Qui s'amuseraient d'être tombés sur un français leur parlant trois mots de portugais dont « lapin » et « navet ».
On pourrait les imaginer braver le souffle et la pluie un soir à la recherche d'un troquet perdu où se concentrerait un repaire de minettes suédoises sans matou à leurs bras.
Peut-être rentreraient-ils tard le soir, la tête qui tourne et criant le nom de fauteuils, de lampes, de coussins en langage Ikéa en essayant de passer inaperçus?

On pourrait imaginer.
Frauder dans un de ces mystérieux tramways staliniens.
Se faire remarquer en étant le seul à se balader avec un parapluie.
Refuser de donner des cigarettes en prétextant ne pas parler suédois. Tiens, bonne idée ça, à noter pour Paris, ça pourrait servir. Décidé: vais me mettre au suédois(e).
Se poser pendant une heure dans la gare à observer ces géants arriver. Partir.
Aller au musée des Beaux-Arts de Göteborg et ne rien comprendre aux explications de l'expo temporaire.
S'arrêter devant un restaurant français proposant des « spaghettis polonaises ».
Manger des salades qui n'ont aucun goût.

Ecrire.

On pourrait imaginer.
On pourrait imaginer prendre son café le dimanche matin, devant une pluie diluvienne, dans un « petit café » offrant des pâtisseries qui n'auraient rien à envier à nos pâtisseries de campagne.
Regardant la pluie tomber, au chaud, oeil espionnant la rue si vide, connecté au wifi de « Solberg23 », se disant vraiment que la technologie a du bon.

Et puis.
On pourrait imaginer que tout à l'heure, on serait catapulté dans un des berceaux du monde.
Tant attendu.





Je crois que je rêve trop.
En fait.



Mais j'adoooooooore.

Commentaires

On pourrait imaginer... que tu es en vacances (veinard).
;)

Écrit par : Corynne | 18 mars 2008

Répondre à ce commentaire

ah ben merci!!!!!Je viens d'imaginer, et ça fait du bien!!!
(et ouais, je coûte pas cher en voyage!)

Écrit par : cynthia | 25 mars 2008

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Les commentaires sont fermés.