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15 février 2008

1er jour, Niger 2006

Départ pour le Niger.
Le désert du Ténéré est souvent cité comme le plus beau.
Nos yeux l’ont constaté.

Première fois et seule fois à ce jour où nous avons marché sous une chaleur vraiment difficile à supporter.
Chaque matin, nous devions initialement marcher de 8h30 jusque midi. La chaleur anormale à cette époque a fait que nous avons dû commencer à marcher à 6h30 pour stopper à 11h.
Le midi, sous la chaleur, même le lever de fourchette était un réel effort.

Bref, partir en vacances pour se lever 2h30 plus tôt qu’à Paris, ça laisse perplexe.
Mais rien qu’une seule courte nuit à la belle étoile, bercés par Aldebaran, Pollux et Bételgeuse, lovés par le Sirocco, vaut toutes les nuits parisiennes.





Samedi 25 février. 1er jour.

…Un château, un merveilleux parc, des rayons de soleil, des demoiselles en dentelle et moi qui traverse ce parc, sourire aux lèvres…
…3h. Le réveil me tire de ce rêve.

Nous sommes trois chez Max ce matin, cette nuit, les yeux enfarinés, le cheveu capricieux mais la tête déjà ailleurs. Et c'est reparti pour la 3ème personne! (et bizarrement c'est toujours quand je ne pars pas seul).
Oui, ils se lèvent ce matin pour rejoindre Agadez au Niger.

Le taxi est à l’heure. Nous aussi. Nous pouvons sauter dedans.
A Orly, la neige et -2° nous accueilleront, ainsi qu’une énorme file d’attente au stand Point-Afrique pour récupérer les billets.
Dans la file, plusieurs destinations seront représentées: Djanet, Louxor, Agadez et Tamanrasset. Il est déjà trop tôt pour essayer de mettre des visages sur notre potentiel futur groupe… Classique.
Pas le temps de tergiverser, enregistrement des bagages, dernière clope en France avant de filer à la douane et d’embarquer.
Dernier au revoir à la France et dernières pensées aux proches.
Aïe.. Problème… Max est déjà en tee-shirt, mais un passage obligé dans le froid et la neige s’impose pour grimper dans l’avion… Pas malin le gars.

Le voyage semblera assez long, avec une escale à Marseille et d’autres nouveaux arrivants. L’envie de retrouver le sol africain est trop forte, provoquant l’impatience de sortir de la carlingue.
Sommeil, musique et quelques échanges rythmeront le voyage.

Nous commençons la descente et bizarrement l’équipage mettra la climatisation dans l’avion, alors que la température était déjà très fraîche… Peut-être histoire d’accroître davantage le choc thermique qui se profilera dès la sortie de l’avion.
Au bout de quatre heures depuis Marseille, l’avion se pose enfin sur le sol nigérien.
A terre, la visibilité est réduite, des brumes de chaleur et des vents de sable nous accueillent.

Enfin nous sortons, et c’est une véritable bouffée de chaleur qui nous prend par surprise à la gorge. Impression très agréable que de « nager » dans ce torrent de chaud, en ayant bien sûr pied…
Il faisait -2° ce matin à Paris et 40° ici à Agadez, sans la moindre trace de neige. Ni même de verglas. Si si.
Enfin de retour en Afrique, au pays des sables, des déserts, des dunes, de l’immensité, de l’infini à perte de vue où toute vie ne peut résister sans aucune ressource...
Sensation forte et ô combien agréable que de se faire fouetter le visage par la force de la chaleur en plein mois de février! Une véritable impression d'être entourés de ventilateurs soufflant un air chaud, un peu comme un sèche-cheveux Braun bloqué sur la température maxi.

Contraintes administratives et formulaires remplis, l’étape suivante est la recherche des sacs tous amassés les uns sur les autres dans le hall de l’aéroport, qui est d’ailleurs un tout petit bâtiment sorti de nulle part, où se croisent, comme en Mauritanie, les arrivants avec leur teint encore pâle et les sortants à la peau finement caramélisée. Le vol qui nous amène repart dans l'heure avec ceux arrivés le dimanche d'avant. Oui, un vol par semaine, et certains le ratent et sont bons pour une semaine de plus.

Pas le temps de tergiverser, nous serons automatiquement happés par Alhousseini notre guide avec son affichette « Point-Afrique, Absolu Ténéré ».
Dans la découverte, les yeux grands ouverts, l’esprit apaisé et neuf, nous entamons notre premier contact avec le monde nigérien, puis secondairement, avec le groupe; nous serons bien six, et rencontrerons André et Marie-Christine (deux habitués de déserts et d’Afrique) et Michelle qui a choisi le Niger pour ses premiers pas dans le monde du calme et de l’absolu que sont les déserts. Toujours pas de grandes brunes italiennes, non. Flûte.
Il n’empêche que Michelle, au bout de 7 jours, a complètement pété un plomb. Michelle n’était jamais allée dans le désert et a commencé par le Ténéré et pour 15 jours… L’isolement complet de ce genre d’escapade l’a atteint psychologiquement. Au bout des 15 jours, fatigue physique et mentale aidant, nous avions l’impression d’avoir devant nous le même faciès que Florence Aubenas durant sa captivité.
(Je ne déconne pas, preuve photo à l'appui…)

A la sortie de l’aéroport, des petits jeunes nous proposeront des babioles ainsi que des demandes de monnaie mais sans la même affluence qu’en Mauritanie ou au Maroc. Le Niger est encore moins touristique. Carrément: c'est le pays au PIB/habitant le moins élevé au monde.

Nous irons directement dans les 4*4 qui nous mèneront à notre point du déjeuner, le long d’un oued asséché.
Aziz, notre cuistot nous aura ramené des sandwichs, car il n’est finalement que 13h30!
Aziz sera notre cuistot durant les 15 jours. Aziz, c'est un merveilleux souvenir; celui qui fait les sauts de mains dans les dunes, celui qui nous fera rire avec ses histoires de minettes, celui pour qui sa maman est ce qu'il a de plus précieux au monde, « ma môman » comme il disait, et qui m'aura emmené en boite à Agadez le dernier soir! Une boite au Niger (qui plus est pour quelqu'un qui ne supporte pas ça) était une expérience cocasse...
Une fois les présentations faites, nous reprendrons notre route. En chemin, un check point militaire où vêtements kakis et kalachnikov nous accueilleront. Il est vrai que nous avons entendu parler que certaines zones du Niger sont encore sensibles, mais existe-t-il un seul endroit au monde où il n’y ait pas de problème? Si!! Le 7ème à Paris!!! Brrrrrr!!
Tous les autres Tours Opérateurs ont stoppé leurs circuits au Niger suite à l’assassinat d’un médecin de la croix rouge française il y a un mois et demi. Mais ce genre de drame survient partout. Oui, un médecin a pris une balle dans la tête dans l'Aïr, par un déséquilibré, connu des autorités. Le coup de pas d'bol en somme.
Quoiqu’il en soit, nous continuons notre route sur ces pistes assez cahoteuses et dans un premier temps le long d’un paysage aride où quelques arbustes et acacias émergent ça et là au gré de quelques oasis aux tons de verts superbes, avant que nous n’entrions vraiment dans le massif de l’Aïr, véritable cimetière naturel de roches basaltiques.
Ici, le reg est maître et nous rappelle la rudesse du climat.
Le vent est présent mais il nous rafraîchit malgré sa chaleur et davantage lorsque nous progressons tambour battant les fenêtres ouvertes, sur un fond en alternance entre musique touarègue et ivoirienne. C'est dans ce 4*4 que nous avons découvert Tinariwen.

Le parcours en 4*4 se prolongera jusqu’en fin d’après-midi, avant d’arriver sur le site de Aouderas, une très belle oasis aux couleurs de fin d’après-midi ressourcante. Il nous restait encore une demie journée de 4*4 à faire avant de rejoindre nos chameliers.
Ici, le camp sera installé, la table sera mise, la cuisine sera consommée après les traditionnels trois thés.
Premiers véritables échanges entre nos aventuriers, premières blagues dispensées et premier service de table by Max (mais attention hein, ce n’est que provisoire…!)
Ce soir, ce sera couscous, qui saura être apprécié avec les honneurs de l’appétit de chacun. Alou et Mohammed nous parleront du programme de ces 15 prochains jours et quelques petites anecdotes « chamelières lumineuses »… Private joke.

Très bonne première soirée, en bivouac, où aucune tente ne sera montée, l’air et l’atmosphère étant très bons. Chacun ira ensuite retrouver ses appartements, à l’ombre de cette voûte tant étoilée, si délicieuse en plein désert. La première nuit à la belle étoile est à chaque fois un vrai retour aux sources. Une nuit tant attendue, tant espérée.

La journée fut longue, le lever tôt et dur, mais au bout, il y a la récompense: nous nous retrouvons au beau milieu du désert du Sahara à bivouaquer sous le regard de Vénus, d’Orion et de leurs autres compères.
Quel bonheur de se retrouver enfin au calme, au milieu de nulle part, à s’oxygéner l’esprit (et prochainement les pattes), à n’écouter seulement que le « bruit » des étoiles filantes dans ce ciel si merveilleux!
Enfin! On y est! On se fait plaisir, on profite, on échange, on rit, on dessine, on écrit ces quelques lignes avant d’aller rejoindre ses premiers rêves étoilés du désert… Bonne nuit, à demain.




Le Ténéré est le désert qui m'a et qui nous a le plus marqué avec Maud et Seb.
Là bas, personne de croisé, en dehors de quelques nomades errants.
Là bas, à Arakao, aux portes d'un erg de plus de mille kilomètres jusqu'à la Libye, l’étendue de dunes que façonne à sa guise le vent.
Là bas, pour la première fois, la mort s’est matérialisée devant nous ;
Pour celui qui oserait fouler sans eau ce Ténéré aux rares puits.
Pour celui qui s’y aventurerait seul. Cette solitude serait psychologiquement mortelle.
Là bas, où même une eau à 30° nous rafraîchissait la gorge.

C’est là bas que nous avons vraiment appris que le désert ne se prenait pas à la légère.


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Dunes, vues d'Arakao

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Ma paire de Weston bien sûr

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Marbres de Zagado, point de départ

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Agadez, de la mosquée
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Mosquée d'Agadez



Ps: en direct là, Damien est en train de pioncer, cuvant son Gewurtz à l'appart.

Commentaires

"C'est dans ce 4*4 que nous avons découvert Tinariwen."
Ah Tinariwen...
Moi c'était au Cabaret Sauvage, c'est moins exotique...
Quoique.

Écrit par : Corynne | 15 février 2008

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