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06 décembre 2007

Dernier voyage, voyageur

Et pourtant.
Et pourtant ce devait être une journée ordinaire.
Et pourtant ça arrive tous les jours.
Et pourtant, lui, il avait du se réveiller comme à son habitude.
Et pourtant, il ne savait pas qu’il allait vivre sa dernière journée.
Il a croisé sa route.

Mais d’où venait-il ?
Mais qu’allait-il faire ?
Mais que lui est-il passé par la tête ?
Mais voilà.
Il a croisé sa route.

Peut-être revenait-il de courses ?
Peut-être faisait-il sa balade quotidienne ?
Peut-être suivait-il une promise ?
Peut-être venait-il juste de se réveiller ?
Il a croisé sa route.

Je ne sais pas s’il était jeune.
D’ailleurs, de touts petits, même à Paris, on n’en croise guère souvent.
Même jamais vus.
Où se cachent-ils donc ?
Vu qu’ils sont des dizaines de milliers.

L’autre a été sans pitié.
Il ne pouvait pas faire autrement.
Il ne manquerait plus que ça.
Imaginez.
Dans Paris !
Où en serait-on !

Et pourtant, ils sont très habiles.
Ils démarrent au quart de tour.
Comme lorsqu’on me parle de vacances.
Mais lui, il ne partait pas en vacances.
Il était assigné à résidence à Paris.
Je le sais.

Peut-être était-il avec des amis.
Et qu'ils s'amusaient à se défier.
Mais c'était bien risqué.
Quel jeu bête.

Les plus beaux, nous n’y faisons même plus attention.
Tellement nous sommes habitués à en croiser de sales.
Parfois même de génétiquement modifiés.
C’est la ville qui les modifie.
Encore un des pouvoirs de l’urbain.

Heureusement, sur le quai, il n’y avait pas d’enfant.
Ils auraient été choqués.
Normal.
Ils les aiment beaucoup.
Ils aiment jouer avec.
Ils les amusent.

Une fois, j’en ai vu un s’arrêter net.
Et tomber.
Comme une masse.
Un arrêt cardiaque sans doute.
Ca leur arrive aussi.
Provoquant un fracas contre une tôle.

Une autre fois, il y en a eu un qui a voulu se prendre pour Ben Laden.
Il est arrivé sans stopper.
S’est fracassé contre une vitre de l’immeuble.
Et il est tombé.
Comme une masse.
Comme son ami précédent.
Sauf que lui, il s’est relevé.
D’ailleurs, l’histoire ne dit pas que nous l’avons retrouvé.

Mais lui, il n’a pas eu cette chance.

C’était Station Jaurès.
Paradoxalement, sa liberté s’est arrêtée ici.


Lui, le pigeon qui s’est mangé le métro hier midi.