Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Epistolaire posthume | Page d'accueil | WE famille été 07 »

05 septembre 2007

La clef

C’est mon petit jeu.
Ce matin, c’était à profusion. Jambes écartées. Comme d’habitude.
Alors on me regarde avec des yeux différents.
Certains disent « quel gamin ».
D’autres sourient.
Pourtant, parfois c’est risqué.
Me suis fait klaxonner une fois. J’ai gueulé.
En ai arrosé, une fois. J’ai filé.

J’aime rouler dans les flaques d’eau en velib’.

Ce matin en le déposant, j’ai trouvé une clef.
Une clef par terre.
Aïe.
Du coup, ce soir, quelqu’un sera embêté.
Au moins une personne dans Paris sera embêtée ce soir.
Pourtant, ça arrive tous les jours.
Combien de clefs d’appartements retrouvées par terre dans la rue en une journée ?
Au moins une vingtaine. Facilement.
Oui. Voyons plus large, une centaine.
Donc sur cinq millions de personnes transitant aujourd’hui par Paris (chiffres INSEE), il y aura cent élus trouvant une clef par terre.
Et sur cent élus, peut être un ou deux en trouvant une au pied d’une station velib’.
Voyons plus large. Deux.
Je fais donc partie de ces deux super élus parmi cinq millions de personnes. Sympathique.
Parmi ces deux super élus, lequel rapportera avec citoyenneté la clef à la mairie de l’arrondissement ?
Aucun. Ou un de temps en temps. Lui, sera alors super méga gentil élu.

Pour ma part, non. Oui je sais ce n’est pas bien. Mais flûte. J’avais mon lacet à refaire.

Alors cher vous, croyez-moi, j’en suis désolé.
Désolé si vous allez errer jusque tard dans la nuit à chercher un serrurier.
Désolé si vous allez vous prendre une rouste par votre belle.
Désolé si vous allez vous prendre une rouste par vos parents.
Désolé si vous vouliez vous changer en rentrant de votre travail avant d’aller à un rendez-vous galant et vous passer un coup de dentifrice sur les dents.
Désolé si vous allez vous prendre une rouste par votre ami qui vous avait aimablement prêté son appartement hier soir pour votre rendez-vous galant.
Désolé si vous allez vous prendre une rouste par votre rendez-vous galant de ce soir en lui disant que vous ne pouvez l’inviter chez vous ce soir car vous avez déjà remarqué que vous n’aviez pas votre clef en voulant rentrer chez vous juste avant pour vous donner un coup de blendamyl sur les dents et que vous allez devoir lui demander de vous incruster chez elle.
Désolé si vous allez ressasser jusque tard dans la nuit pour savoir si vous vous êtes fait arnaquer par le serrurier en lui donnant neuf cents euros pour ouvrir votre porte.
Désolé si vous allez vous prendre une rouste par votre supérieur au travail qui, ne vous voyant pas arriver, se demandera comment il est possible que quelqu’un arrive en retard à une réunion fatidique avec des « capital risqueurs » russes portant sur l’avenir de votre entreprise et de ses milliers de salariés.

Désolé si vous allez vous prendre une rouste pour tout ça en même temps.
Remarquez, sur cinq millions de personnes, quelle serait la probabilité que vous aviez un rendez-vous galant hier soir ou ce soir avec vos parents et que vous vouliez vous donner un coup de blendamyl sur les dents avant et que vous vous fassiez blâmer par votre boss et les russes et que vous passiez ensuite la nuit à chercher un serrurier en appelant de chez votre rendez-vous galant et que vous ressassiez toute la nuit pour savoir si vous vous êtes fait arnaquer par le serrurier ? Hein ?


Mon lacet n’attendait pas.
Et puis j’en suis sûr, vous aviez un double sur vous.




Si non, pas de bol.