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21 août 2007

Révolution

C’était début juillet.
Au début, on n’y prête pas attention.
D’ailleurs rares sont ceux qui durent la remarquer.
C’est en attendant que je l’ai vue. Elle.
Muette.
On est plus attentif en patientant. Je ne sais pas pour vous, mais moi oui.

Elle était sale. Très sale. Pire que mon torchon à poussière.
C’est ce qui m’a frappé en premier.
Elle était marquée. Très marquée.
Elle devait forcément l’être. Obligatoire. C’était marqué.
Faut dire, elle l’a cherché.

Depuis combien de temps était-elle ici ?
Venait-elle de lui ?
D’un autre ? D’une autre ?
Etait-elle importante ? Importante pour quelqu’un ?
S’est-il réalisé lui?
Bataille-t-il ?
A quoi ressemble-t-il ?

N’empêche qu’elle était là. Allongée.
Nue. Tatouée.
Son identité offerte à l’inconnu. Aux inconnus.
Mais aux inconnus curieux.
Je l'ai fixée.
Peut-être aurait-il préféré rester anonyme.
Raté.

Et si la mienne avait été à sa place ?
Bonne question.
J’en ai une. Elle est ordinaire.
J'en ai peu usées. Sauf le 30 septembre 2006.
Sans doute usées moins que lui. Nous ne sommes pas pareil. Normal.
Mais j’espère que la mienne n’a jamais été marquée. Sale.
Par omission. Par mégarde. Alors. Seule excuse.

La sienne, j’ai voulu la prendre. Pour me souvenir de lui.
De son nom.
L’écrire ici.
Mais j’ai oublié.
Il avait une particule. Ca, je n’ai pas oublié.

Génial.
Lui, à particule, piétiné par les accrocs du ballon de rouge en bleu de travail, gitanes jaunies au bec.
Là, accoudés au zinc du Chien qui Fume.
Il n’y a plus d’aristocratie.
Du moins au Chien qui Fume. Celui de rive gauche.

Comme ici, ce qui serait fort, ce serait de retomber sur elle au Chien qui Fume. Mais le deuxième. 

Celui de rive droite.
Je n’ose même pas imaginer


Piétiné, 
Cabossé.
Ignoré.
Délaissé.

Piétinée.
Cabossée.
Ignorée.
Délaissée.

Lui, il était architecte DPLG.
Elle, c’était sa carte de visite qui gisait par terre.