02 mai 2008
Le drame de mai
On arrive.
On repart.
On défait les cartons.
On refait les cartons.
Transportés.
Au boulot.
J’aimai bien mon ancien quartier.
Je retrouvai mon quartier d’origine en arrivant à Paris.
J’aimai bien prendre mes trois stations de métro.
Mon rituel.
Trois stations pour aller au boulot. L’idéal.
J’ai dû dire au revoir à tout cela.
A ces conversations téléphonées. Celles-ci là.
Et puis à eux aussi que j’ai appris à connaître. Ces deux-là.
A ces moments d’emploi du temps surchargés. Comme celui-ci.
Et puis à ces scènes croustillantes. Elle est là.
Et surtout à cette scène là. Inoubliable.
Mais c’est comme tout.
Toute bonne chose a une fin.
Avant d’apprécier de nouvelles bonnes choses.
Mais merde.
On était bien là bas.
A l’écart de tout.
Au calme.
Grands bureaux.
Et on se retrouve maintenant avec tout le monde.
Ceux dont les dents rayent la moquette droit sortie des stocks des 70’s du Mondial Moquette de Goussainville (oui, grande boite, donc pas de parquet).
Serrés comme des carambars dans un mug Dora l’exploratrice.
Alors oui.
Alors oui suis à deux bureaux de mon DG.
Alors oui je pisse dans le même chiotte que mon DG.
Alors oui il va falloir que j’apprenne à dire « bonjour mon DG adoré ».
Alors oui mes yeux ont remarqué davantage de stagiaires brunettes canon se trémoussant à la machine à café et riant comme Amanda Lear.
Alors oui on n’est plus à l’écart et au courant de tous les potins, même de celui où la _____ ___ s’est faite ______ par le _______ dans les toilettes pour handicapés.
Oui mais non.
Car je vis un drââââme.
Il me fallait 16 minutes avant pour rejoindre mon bureau adoré avec mes trois stations de métro fétiches.
Et il me faut maintenant 17 minutes pour venir à ce nouveau bureau.
Mais 17 minutes à pieds.
Moche.
Et ça monte en plus.
Alors en velib, hors de question.
Sauf pour repartir bien sûr.
Mais plus de métro.
C’est bien ça le drââââme.
La vie est affreuse, non ?
Maxime, éternel insatisfait…
Encore en train d’étudier la possibilité de prendre le métro…
Pour faire les 478 mètres qui le séparent de son bureau à vol d’oiseau.
Quand on aime, on ne compte pas.
Bon, ce n’est pas le tout, mais j’ai mes congés de mai à poser.
11:48 Publié dans du Paris | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : metro, boulot, montparnasse, duroc, paris
28 avril 2008
La promenade du WE
Un petit tour vite fait en 5'11 (avec bonus de fin).
(Je souligne: JE filmais à la fin hein... le norvégien est un petit joueur).
00:05 Publié dans de la vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : kamakawowe, syrie, iran, algerie, niger, maroc, chine
22 avril 2008
Polaroid
Ca remonte à l’été dernier.
Je me souviens, c’était au même moment que ça.
Un soir.
Tard.
Je rentrai à velib.
Accompagné.
Très bien accompagné.
D’ailleurs.
Je m’en souviens très bien.
C’était encore du temps des pénuries de places de velib.
Oui, nous pourrons dire à nos petits enfants que nous avons connu Paris du temps de la pénurie de places de velib.
Formidable.
Ils nous regarderont avec des yeux admiratifs.
Obligé.
«
- Waouw ! Papy Maximounet a bravé Paris du temps de la pénurie de places de velib ! ».
- Mon papy Maximounet est fort, grand n’a peur de rien sauf de la vaisselle et des factures. T’es mon héros mon papy.
»
«
- Oui mon petit descendant, ton papy a même parfois failli se prendre des prunes (oui, il faut leur parler fruits et légumes pour qu’ils comprennent à cet âge là) et il a traversé une fois les yeux fermés la place de l’Etoile (et il faut aussi leur raconter de belles histoires pour s’endormir les yeux fermés dans les étoiles).
»
Bref.
Nous marchions.
Rue de Sèvres.
Minuit.
Et à terre, sur le trottoir.
Deux polaroids.
Imaginez :
Trouver des photos d’inconnus.
Sans connaître leur histoire.
Leur vie.
Une part d’intimité inconnue qui vous est offerte.
Un peu comme cette pellicule photo que j’ai retrouvée enfouie dans le sable en Algérie.
Que doit-il y avoir à l’intérieur ?
Qui l’a oubliée ?
Est-elle ancienne ?
Que va-t-on découvrir ?
Des questions, souvent sans réponse.
Surtout quand cette pellicule reste muette une fois développée.
Mince.
Frustration.
L’auteur gardera son intimité.
Je m’égare.
Revenons à nos deux polaroids de la rue de Sèvres.
La photo semble passée.
Couleurs ternies.
Dessus, deux femmes.
Asiatiques.
Sans doute chinoises.
Sur la place des droits de l’Homme.
Au Trocadéro.
Clin d’œil d’après coup : Chine sur la place des droits de l’Homme… ça laisse perplexe.
Et cette photo elle avait une histoire.
Cette photo, nous pouvions la dater.
Pour celui à l’œil aguerri.
Car en fond, il avait la Tour.
Notre Tour Eiffel.
Avec son compteur.
Comptabilisant encore le nombre de jours avant l’an 2000.
Nous sommes en août 2007.
Nous trouvons deux polaroids sur un trottoir de la rue de Sèvres avec une chinoise posant devant la tour Eiffel sur le parvis de place des droits de l’Homme quelques jours avant l’an 2000.
Sept ans.
Sept ans plus tard.
Sept ans au Tibet, clin d’œil.
Alors elles.
Que faisaient-elles ici ?
Alors eux.
Ces polaroids.
Que faisaient-ils ici ?
Qui les a perdu ?
Qui voulait que je les trouve pour publier un post et leur redonner vie au lieu d’être oubliées au fin fond d’un tiroir ?
«
- Dis, papy Maximounet, pourquoi tu te poses autant de questions hein ? Dis pourquoi.
»
«
- Ah mais !! Finis ta glace, petit descendant bien curieux! Et on ne mange pas la bouche pleine !
»
Le plus génial, c’est qu’une photo a été prise avec l’une des deux chinoises tenant dans ses mains deux polaroids.
Donc, il y en avait un troisième.
Forcément.
Et ce troisième, je ne l’ai pas.
La collection n’est donc pas complète.
Spielberg pourrait en faire un film « A la recherche du polaroid perdu ».
Oui, Jean-Yves Spielberg, un amateur de dailymotion qui foire tous ses films avec des bandes sons de Daniel Guichard.
Mais non.
N’empêche que.
Si on se donnait vraiment les moyens, il y aurait possibilité de retrouver les propriétaires de ces deux clichés:
Sans reproduction.
Sans voyager et errer à les retrouver.
Sans internet.
Non.
Une seule possibilité.
Enfin si, voyager une fois.
Juste pour une minute, sur place, et montrer ces polaroids…
Alors?
Où et comment ?
Bon, c’est vrai, faudrait être un peu casse-cou et très malin…
«
- Mais, papy Maximounet, t’es mon héros, donc tu pourrais le faire !
»
«
- Ton papy a envie de rester ton papy mon mignon.
Et il n’a pas envie que tu le regardes sur un polaroid posé sur ta table de nuit où serait écrit « C’était mon papy Maximounet »…
»
15:14 Publié dans du Paris | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : polaroid, trocadero, pekin
14 avril 2008
1er jour, Syrie 2007
Je devais initialement partir en Iran, mais me suis heurté à un refus net de la famille...
J'ai alors opté pour la Syrie, bien que mon frère m'ait dit en ironisant "Syrie?? Arrête, c'est pire!!".
Mais c'est normal, ils tiennent au petit Maxime. Merci.
Samedi 13 octobre. 1er jour.
La tête un peu dans le pâté tout l'après-midi. Une sieste de 14h à 14h45 aura eu raison de moi et de ma fin de nuit agitée, tellement pressé, stimulé, excité pour le départ qui, peu à peu, se rapprochait: me suis levé à 7h30 et finalement, ce fut une bonne chose car encore de nombreux bouclages à terminer. "bouclages à terminer"... bon français ça hein!!
C'est le radio réveil qui aura raison de moi en ce début d'aprem... et heureusement! Je n'imagine même pas ne pas me réveiller!
Charles de Gaulle.
Petit hic: j'ai oublié ma carte FlyingBlue, et comme je voyage avec Alitalia jusque Damas via Milan, ça m'aurait rapporté des points. Tant pis, on verra et s'occupera de ça au retour. Aujourd'hui, toujours pas fait... aaaah, procrastination, quand tu nous tiens...
Voilà, je l'ai dit: Damas, Syrie.
Et cette fois-ci, seul, comme pour le Tibet. Second voyage en solo, mais première fois en solo dans un pays arabe et du Moyen-Orient qui plus est. Enfin seul dans un pays arabe.
Du beau, rien que du beau en perspective. Et ça le sera.
17h50, premiers embarquements pour la première étape milanaise. Le cliquetis des billets compostés de la porte F36 arrivent jusqu'à mes oreilles, la queue s'amincit: je m'y faufile.
Milan.
Et forcément, envie d'une clope. Alors je cherche la future porte d'embarquement et me plante.
A peine le temps de m'en griller deux vite fait et de sentir la douceur de l'atmosphère milanaise avant de remonter dare-dare, filer au duty free pour y faire les provisions de clopes, à me relire, c'est dingue quand même cette addiction!!! un sandwich et une boisson et me voici dans cette salle d'attente de l'embarquement assez froide, moche, crapouillou et qui aurait besoin d'un coup de neuf.
Il est 20h55, l'heure des hymnes nationaux pour la demie-finale de rugby France-Angleterre. Sérieux, ça, ça me fait chier de la rater! Mais bon... Bon, au final, rien perdu...
Là, j'ai l'impression que tout passe très vite, pas trop le temps de me poser et de savourer cette attente. Remarque, pour un fumeur, c'est pas plus mal. Et rebelote sur la clope...
Je sais comment va tout se passer: vais être balancé à Damas. Mais le même coup de blues du premier soir en Chine, je ne l'aurai pas, je sais. Et ce pour plusieurs raisons: suis encore plus familier avec les carnets, les aquarelles; les pays arabes, je commence à les connaître; parti seul, déjà fait; et j'ai tous mes euros sur moi... Ca, c'est la clé
Alors pourquoi la Syrie?
Initialement, ça devait être l'Iran. Sans doute une prochaine fois. Et ça l'a été, et bien passé auprès de la famille
La Syrie reste un des berceaux de notre civilisation, lieu du premier alphabet, des premières écritures, bousculée entre Mésopotamie, Babylone, les perses, les grecs, les romains, les croisés et templiers.
De vrais pans entiers d'histoire en Syrie. Et puis, Maya m'a donné l'envie aussi d'aller voir ce qu'il s'y passe. Maya est une amie syrienne vivant à Paris
Aussi, le fait que pour les femmes il y ait un mélange entre occidental et traditionnel m'a séduit.
La Syrie, j'aime déjà.
Bon, je passe à dimanche direct là, sans transition.
Normalement, je stoppe le « premier jour » ici ... mais bon, là, la journée du samedi et du dimanche se sont enchaînées direct sans pause, vol de nuit oblige. Et sur le samedi, faut dire, y'a rien eu d'intéressant de raconté. Alors continuons sur le dimanche, qui reste finalement « première journée ».
(Et comme on est le 14 avril, « Saint Maxime », alors exceptionnellement, ce sera bonus...).
Dimanche 14 octobre. 2ème jour.
Vol Milan-Damas.
Petit repas pas très élaboré et folle envie de dormir, mais mal installé. Tant pis, une petite heure de repos avant d'être brusquement réveillé par la descente sur Damas. Tant mieux, on arrive, car l'attente comme ça, ça me saoule. Suis devenu très impatient comme garçon. Bizarre que je n'ai pas écris que la clope me manquait là...
Damas.
Yeux explosés.
Douane.
Mais folle envie de pisser (oui, toujours très élégant) , donc me retrouve ainsi direct au niveau des embarquements: en fait, si j'avais voulu, j'aurai pu sortir direct, pas difficile ici d'éviter la douane, mais faut récupérer le sac.
Douane. Bizarrement, le type regardera longuement mon visa nigérien et me posera des questions. Première fois aussi long à la douane.
Sac récupéré, ouf! un "ouf" au moins à l'aller.. Je file dehors pour la clope syrienne et prends un bus direction Damas. aaah ben la voilà la fameuse clope!
Il fait bon, je suis bien. Très bien même. Manque plus qu'un "On est bien, hein, Tintin"... J'arrive à 2h à Damas. J'apprendrai une semaine après, par des belges arrivés à 3h30 le même jour qu'une fusillade a eu lieu à l'aéroport et qu'un type a été tué... Sans doute aurai-je été un brin moins serein...
Le bus me lâche dans un trou perdu en ville, avant qu'un tacos ne vienne me voir: super, comme ça, vais lui demander d'aller direct à l'hôtel Al Haramain. Et non sans mal! Petites rues, Damas de nuit me plaît.
Arrivée à l'hôtel et là... trois autres touristes dehors, à l'entrée de l'hôtel, assis... il est fermé!
Je n'ai jamais dormi dans la rue, et ben ce soir, enfin ce matin (4h), ce sera une première. Allez hop, on serre les fesses sur ces pavés durs comme... ben durs comme des pavés.
Zou! Ai envie de dormir, je ne tiens plus.
Peut-être dormi vingt minutes, mais c'est chiant ces pavés. Finalement, je me relèverai, pour marcher et dessiner cette rue. Ce sont des allemands les trois avec moi à attendre dans la rue. On trouve ça rigolo les 10 premières minutes de squatter le trottoir, mais ça devient vite relou...
A 5h15, quelqu'un entrera dans l'hôtel, le jour s'est levé. Ca me semble tôt d'ailleurs.
Finalement, un allemand me dira qu'il est plutôt 6h15... Ok... J'avais même pas capté qu'il fallait changer d'heure: le gars qui prépare vachement bien ses voyages!!!
Nous entrons dans l'hôtel, le fundunk. Le gérant dormait dans l'entrée... on aurait pu entrer depuis longtemps, car la porte n'était pas fermée, il fallait juste la pousser un peu fort... Alors ça, t'as vraiment l'air d'un con quand tu t'en rends compte!
Je laisse le sac ici et reviendrai à partir de midi pour réserver pour ce soir.
En attendant, direction la vieille-ville.
Il est 7h30, rues désertes, souks fermés, personne. Dingue.
Petite balade matinale dans les rues désertées de Damas, rues étroites, vides, limites glauques pour certaines, avant d'arriver sur la place du Palais des Omeyyades. Voilà.
Vais pouvoir me poser quelques minutes ou plutôt une bonne heure et demie à faire le dessin de la mosquée de Damas, la mosquées de l'Omeyyade. Beaucoup de plaisir pris pour ce premier vrai dessin fait au Moyen-Orient. Ce que je n'écris pas, c'est qu'à ce moment de la journée, il faisait déjà très bon dehors, et que quitter Paris dans la fraîcheur et se retrouver à se faire bercer par le soleil et la chaleur est un pur bonheur, comme celui de déguster un fondant au chocolat encore chaud...
Moment d'aller voir à l'intérieur ce qu'il s'y cache, sauf que le mot d'ordre à l'entrée sera « bassé »... j'ai compris que ça voulait dire: « fermé »... Pas d'bol, tant pis, plus tard.
Il commence à se faire faim et soif et puis j'ai déjà passé 4h à marcher dans la vieille ville, envie d'autre chose et les pieds commencent à fatiguer.
Retour vers l'hôtel car midi approche et pause falafels dans un bouiboui. Je prendrai ma chambre (vraiment pas top, mais bon...), une piaule de 6m2 à tout casser, sans fenêtre avec une affreuse odeur de pieds, mais pas encore les miens hein pause dans le patio et énorme coup de barre, presque à me demander si je repartirai, mais le soleil m'appelle, ce salopio!
Alors changement de pompes et c'est parti pour une énorme marche très monotone au début le long de grands boulevards affreux et avant de rejoindre un quartier résidentiel sympa comme tout; beaucoup d'enfants, de jeux pour enfants; bref, une splendide deuxième partie d'aprem ponctuée d'un dessin où des enfants seront me voir. Faut dire, j'étais en plein milieu d'un carrefour sur un petit par-terre d'herbes
Particularité à Damas: beaucoup de gamins ont des pistolets et mitraillettes à petites billes plastiques, ça semble une mode... étrange mode... Surtout quand je me retrouverai le lendemain matin, dans la mosquée, alors que je dessinai, avec ces pistolets et mitraillettes pointés sur moi à bout portant avec le laser. Tout simplement scandaleux!! Suis pas quelqu'un qui s'énerve facilement, mais là me suis fait violence, et dans une mosquée en plus!!Inadmissible.
Aussi, beaucoup « d'amis »: c'est à dire de garçons se tenant par la main, marque de grande affection dans les pays arabes, sans qu'ils ne soient gays (rappelons que dans la majorité des pays arabes, l'homosexualité est strictement interdite).
Ce qu'il me manquerait ici jusqu'à cet aprem, ce sont des terrasses pour se poser: rares, très rares. Oui, les terrasses sont finalement une habitude très occidentale. Comme celle-ci là, fréquentée uniquement par des jeunes, comme s'ils avaient un besoin de se retrouver, posés.
A Damas, de nombreuses femmes voilées ou déjà avec le voile sur la tête. Pas trop de voiles intégraux. Il est vrai que je m'attendais à davantage de femmes habillées à l'occidental.
Et puis... et puis certains syriens, jeunes et moins jeunes ont quand même des mines de gangsters, assez patibulaires! je rajoute: je dis bien CERTAINS...
Certains jeunes se la pètent un peu trop quand même avec leur allure rétro mêlée à des Dolce & Gabbana à tout va Oui, ils se la pétent un peu trop les loulous avec leurs fringues, ceintures, lunettes D&G.. mais s'ils savaient vraiment que Dolce et Gabbana étaient gays, sans doute eux, ne porteraient pas ces fringues et accessoires....
C'est la jeunesse syrienne qui veut plaire, c'en est flagrant. Quant aux jeunes filles, on sent qu'il ne leur en faut plus beaucoup pour définitivement abandonner le voile. D'ailleurs, en Syrie en général, 60% des femmes sont voilées, le pays reste "open": mais il suffit parfois d'être dans une ville ultra conservatrice comme Hama où 90% des femmes sont voilées et de faire 80km pour arriver sur la côte méditerranéenne et à Tartous où là, c'est 80% de femmes non voilées... un contraste saisissant!!
En revanche, dès qu'il y en a une sans voile, en jean et plutôt mignonne, elle est regardée par tous comme des alpinistes regarderaient l'Everest, le respect en moins. Ca, c'est flagrant aussi. C'est clair, être une femme non voilée la bas et habillée à l'occidentale nécessite de pouvoir supporter tous les regards, et sans gêne.
Retour vers le « Palais de la Reine », qui me sert de repère, et là, encore de nouvelles rues animée; en fait, Damas vit à partir de 16h, et de chouettes coins, des terrasses à narguilé sympas croisées, et irrésistiblement attiré par les souks en soirée, plutôt le souk Hamydié, celui qui mène à l'Omeyyades.
Impressionnant.
Enormément de monde. Oui, une des plus grande mosquée du monde Islamiste
Et des femmes. Beaucoup de femmes; des regards croisés, toujours agréable...
Damas vraiment plus sympa en fin de journée quand la ville s'anime. J'aime beaucoup. Et j'attends de voir Alep aussi, sans doute encore plus authentique et moins bétonnée. Alep est la deuxième ville de Syrie, au nord, une des plus anciennes villes du monde Islamiste.
L'impression est très bonne, l'état d'esprit aussi, me sens bien en Syrie (bon, sauf le mal de tête de ce soir et le manque cruel de sommeil).
Allez, retour à l'hôtel, prendre possession de la chambre et aussitôt repartir manger quelque chose. Et se boucher le nez car ça sentait trop les panards (toujours pas les miens à ce moment-là...)
Ce sera soirée écriture sur le carnet parallèle. Sur le carnet "secret"
Dernière balade nocturne à travers la citadelle et le souk.
J'aurai donc continué cette soirée jusqu'au bout et me faisant même dragouiller par un type qui me sortira cash « you are very good » avec un sourire malicieux... alors je lui dis en serrant les fesses « good bye » sentant que c'était vraiment pas ce qu'il attendait. Hallucinant! Même en France il ne sont pas aussi directs! Il m'a à moitié fait flipper ce con, me demandant l'hôtel où je squattais, s'il pouvait m'accompagner... non mais ho!!
Retour à l'hôtel, une bonne douche et squat de la terrasse du patio pour écrire les derniers mots de la journée. A mon avis, la nuit risque d'être assez longue...
Première journée en Syrie. Grosse journée. Complète.
Beaucoup marché, écrit et dessiné, l'état d'esprit est excellent.
J'ai appris qu'ici, pour voir de la foule, il ne faut pas être du matin. Ben ça tombe bien, ça me convient!
Que c'est bon d'être ici, à son rythme, celui des yeux et du stylo. Le rythme du plaisir. Total.
On pourrait s'y sentir mal.
Faut dire, ça a de quoi être déstabilisant, se retrouver téléporté dans un autre univers, car il s'agît bien d'un autre univers, une autre culture, un autre mode de vie, une autre mentalité. Et puis seul.
Mais j'aime. Pas forcément être seul même si ça ne me dérange pas, je sais m'occuper, avoir un emploi du temps et une organisation adaptés à un voyage en solo.
Juste, leur mode de vie me convient et me plaît bien, j'aime me sentir étranger et familier à cet étranger.
L'étranger qui se sent chez lui, où il suffit d'errer dans les allées, les souks, découvrir des endroits, même en ville, sac en bandoulière, yeux ouverts...
On est paisible, au calme, aucune contrainte, aucune pression, on se gère soi-même, on apprend aussi à se connaître en cas de coups durs, dans l'euphorie, dans la foie, le risque. Ses limites en somme.
Quand on regarde, cotoie les gens que l'on croise, on apprend. Car tout n'est toujours qu'apprentissage; apprendre à mieux agir, apprendre à ne pas agir comme certains pourraient le faire.
Ouvrir les yeux. Regarder.
Se nourrir de ce que les yeux nous relaient, de ce que les oreilles peuvent surprendre.
Apprendre, surprendre... Prendre...
Prendre ce qui est à prendre.
Le saisir.
Savoir le choisir.
Choisir ce qui est à saisir.
Et agir. Agir pour soi tant que possible.
Le voyage est un vrai investissement. Sans doute le meilleur puisqu'il balaie le court et le long terme à la fois. Récolter le fruit de cet investissement est ce qu'il y a de plus précieux.
J'avais dit "mot pour mot", mais là, je dois un poil couper...
Ca démarre excellemment bien cette petite escapade.
Une bonne nuit sous la douceur damascène, les étoiles veillent.
A demain.
La Syrie reste un merveilleux souvenir (en dehors qu'Alitalia a paumé mon sac au retour et me l'a livré une semaine après...).
Un voyage où j'ai beaucoup écrit et dessiné, aux paysages à l'image de ses habitants: très variés.
23:56 Publié dans des premiers jours | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : syrie, damas, palmyre, alep, deir es zor, hama, tartous
10 avril 2008
Qui vient avec moi pour le prochain?
Alors voici deux grands coups de cœur que j’avais envie de partager depuis longtemps.
Le premier.
Rien à dire : il est frais, vivant, rigolo, complice, enviable à souhait...
L’idée et l’état d’esprit sont excellents.
Le second.
Plus technique : des photos assemblées donnant l’impression que les deux loulous volent.
Une très bonne idée autour d’une bonne complicité.
Fil conducteur de leur tour du monde : tirer et faire tirer la langue.
Elles sont extras et très créatives toutes les deux, mais j’ai une préférence...
Et vous ?
13:40 Publié dans du voyage | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tour du monde, dailymotion, voyages
05 avril 2008
1er jour, Yemen 2007
Encore une semaine avant de partir, je ne connaissais pas la capitale, Sana'a.
Je devais partir dans le Hoggar encore 10 jours avant en groupe, mais pas assez de personnes, ça a été annulé.
Et j'ai trouvé finalement le Yemen, un bon compromis, mais pas de sable.
Plutôt des montagnes, à pic, avec un trek assez costaud d'ailleurs pfiouuuu!
Vendredi 9 mars 2007. 1er jour.
Allez, on est parti.
Rien vu venir, aucun moment pour la préparation, tout est arrivé si vite entre la fièvre d'hier et la fièvre du départ de ce soir. Oui, suis parti, j'étais encore sous anti-bio, j'avais la tête qui tournait.
Déjà, j'arrive en retard pour récupérer le billet, me paume dans les couloirs de l'aérogare, oublie de retirer de l'argent, passe un coup de fil à Seb de dernière minute... Enfin, tout ça a été plutôt speed aujourd'hui, pour quitter le boulot à 14h30 et faire la course tout l'après-midi afin de préparer l'aspect matérialiste (mais ô combien important) du voyage. L'achat des carnets et de la crême solaire, et puis 2 paquets de carambars.
Enfin bon, je me serai speedé pour partir au Yemen: Yeah men! Copyright Seb
Le plus bête et le meilleur en fait, c'est de ne pas avoir eu le temps de se poser tranquillou à l'aéroport, comme deux bonnes heures pour se préparer, se mettre dans l'ambiance du départ, dans l'excitation, dans ce moment où l'on sait qu'on va partir, sentir ce bien-être si...
Ah si, je l'ai senti en quittant le boulot hier aprem. Sortie, tout en sachant que quelques heures après, j'allais enfin fouler de mes pieds les terres du Moyen-Orient et de la péninsule arabique. Oui, première fois que j'irai au Moyen Orient. Bon, ça a un brin fait flipper mes parents, car le coiffeur de mon oncle s'était fait kidnapper là bas 6 mois auparavant...
J'ai commencé le carnet le vendredi, mais là, on est déjà samedi matin et vais peut-être faire comme en Libye, sans tenir jour par jour les étapes. Ca ne sert à rien.
Six heures de vol pour rejoindre Doha au Qatar, petite péninsule dans le golfe persique, non loin de ces petites choses comme le Barhein, Dubaï... Ces petits coins mais très riches. D'ailleurs, en survolant, voir les raffineries est impressionnant.
Dix huit degrés sont annoncés, mais en sortant, ce sont dix huit degrés d'une lourdeur et d'une humidité saisissante!
Doha.
Petit royaume du pétrole, Etat minuscule d'une richesse rare, construit à coups de béton, de vitres miroirs et de modernité. Ca sent le fric, l'oseille, le flouz, la thune, la maille, le pognon, le blé à plein nez.
L'aéroport est une vraie plate-forme de voyageurs perdus, errants des quatre coins au monde et en transit.
Illustration: un bar accepte toutes les devises... Même le dollar est accepté, dingue nan???!! Mais bon, le coca à 6 euros, on apprend à apprécier chaque bulle.
Pauses clopes (dans des endroits enfumés bien évidemment), et hop! Prêt pour la dernière ligne droite pour Sana'a, capitale du Yemen.
(A noter: les repas exceptionnels de la Qatar Airways).
Au décollage, superbes vues sur les complexes pétroliers de bord de mer, avec une mer turquoise, se mêlant directement à l'ocre du sable.
La fatigue est bien présente mais les yeux tiennent encore le coup. L'excitation était bien là.
Enfin Sana'a!
Le groupe va enfin pouvoir se former, même si certaines têtes semblent déjà avoir été repérées.
Longue attente à la douane. Et tellement longue que le groupe est parti sans moi! Le guide a confondu quelqu'un d'un autre groupe avec moi! Bref, ce sera rattrapé une fois tous arrivés à l'auberge, comme sur les photos et avec cette architecture si typique... et nous ne sommes pas encore dans l'ancienne ville! Ai failli me retrouver avec un groupe de 8 personnes à l'âge assez avancé... Au final, ce sera un groupe de 15 personnes, avec moyenne d'âge de 40 ans quand même... et je ne parle même pas du bus d'italiennes là, j'avais déjà fait le deuil et m'étais préparé en partant de Paris...
Arrivés, nous prendrons nos chambres. Je serai avec Laurence, Martine et Jacqueline au sixième et dernier étage (sans ascenseur!) dans la suite royale. Chacun peut se reposer avant d'aller faire la visite de la vieille ville. Oui, 3 nanas pour moi tout seul, mais stop, ça s'arrête là...
Terrasse superbe sur le vieux Sana'a. Tout simplement magnifiques ces bâtiments, j'en profiterai pour faire mon premier dessin au Yemen, vu de la terrasse. En regardant la vieille ville, on se croit retourner à une lointaine époque, celle de la reine de Saba, qui régna sur Sana'a.
Visite de la vieille ville.
Ici, les femmes sortent mais sont toutes voilées; on ne voit que leurs yeux et leurs regards. Croiser de somptueux regards est envoûtant. Sous le voile persiste le mystère, même si on devine que la plupart sont habillées à l'occidental. N'empêche que c'en était impressionnant; TOUTES les femmes étaient intégralement voilées de noir en dehors de leur regard, et ne masquant aucun habit ou chaussure de type occidental sous leur tunique: le premier jour, ça reste mystérieux, intriguant. Au bout de 15 jours, ça devient usant et pesant, surtout quand aucune expression n'est perceptible.
Frappant: nous ne sommes pas assaillis par les vendeurs dans les souks, on ne nous relooke pas, un sentiment de grande liberté au milieu de ce décor massif par ces maisons à hauts étages et à la décoration si belle et typique! Je me sens vraiment bien ici, très bon sentiment.
Oui, là bas, je me suis vraiment bien senti, même si une grande majorité de magasins et de voitures exposaient en grand des portraits de Saddam Hussein.
Maisons typiques décorées de chaux. Plus il y a de chaux et de couleurs, plus la famille est riche.
(Pas de chaux ni de couleurs sur la façade de mon appart à Paris hein...)
Ici, des gens très très très riches!
Des montagnes abruptes et des crêtes très très très mauvaises pour les cardiaques.
Des villages hauts perchés. On se croit revenir au Moyen Age, du temps des châteaux forts.
Là, bizarrement, je n'faisais pas mon fanfaron.
Sana'a
16:09 Publié dans des premiers jours | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : yemen, sanaa, qat
27 mars 2008
Mon Sage
A la base, ce n'était pas pour ça que j'y suis allé.
Pas pour le voir lui.
Ni eux spécialement.
Pourquoi y être allé? Ca, c'est une autre histoire.
Mais lui, il faisait partie du voyage.
Lui, il fait partie des souvenir qui m'ont le plus marqué.
Je me souviens.
C'était durant ma dernière semaine.
C'était le 8 octobre 2005.
La veille, j'étais déjà arrivé au monastère.
Nous n'étions que très peu.
Quelques pèlerins tibétains et trois japonais.
Non loin de ce monastère isolé entre le Brahmapoutre et des hauts sommets, quelques dunes étaient présentes sur une petite étendue.
J'avais trouvé ça extraordinaire, improbable : être à 4500 et pouvoir courir, se rouler dans des dunes.
Ce que je fis.
Mais pendant que je jouais avec ce sable asiatique, je vis une colline.
Une colline à taille humaine: c'est à dire que l'ascension pouvait être maîtrisable même par un fumeur.
Qui plus est, je me disais qu'une fois tout là-haut, je pourrais avoir une très jolie vue, me poser quelques heures et dessiner.
Mais ce fut dur.
Très dur.
De devoir se séparer des dunes.
Alors je me suis attaqué à cette colline.
Difficilement.
Ascension ponctuée de pauses clopes, de souffle court.
Plus haute que prévu.
Plus haute vue du pied.
Je mettrai bien trois quarts d'heure avant d'atteindre le sommet.
Plus je monte, plus je me rends compte que tout en haut il doit y avoir un petite cahute.
Oui.
Une cahute de pierres décorée de drapeaux de prières, colorée est bien là.
Un instant, je pense au mythe de l'ermite tibétain qui pourrait vivre ici seul en reclus.
L'image même du Sage tibétain que nous, occidentaux, avons en tête.
Car pourtant.
Là bas, le mythe du vieux Sage, moine, spirituel, que nous imaginons, n'existe pas.
Ou plutôt si, il existe.
Mais se cache.
Ne se montre pas à tous les coins de rue.
Au contraire, parfois on croise de jeunes moinillons.
Mais ceux-là n'ont rien de ré-incarnés.
Ou plutôt si.
Des ré-incarnés de nos jeunes branlicots boutonneux à mobylettes de nos campagnes.
Voilà. ce sont les mêmes.
Rien de Sages.
Le Sage bouddhiste, lamaïste au regard transperçant, au sourire rassurant de l'expérience, n'existe que dans les esprits des plus rêveurs.
Alors ce mythe, un instant, en m'approchant enfin de la cahute au sommet de la colline, quand même, j'y pense.
Rêveur je resterai.
Je sais.
Je m'approche.
Fais le tour.
Remarque le panorama sur le monastère 400m au dessous de moi. Là. Abrupte. Impressionnant.
Et puis.
Et puis j'entends soudainement un bruit de clochettes.
Le bruit provient de la cahute.
Je m'approche.
Limite tends l'oreille contre la porte.
Avant que celles-ci ne s'ouvrent.
La porte.
Et l'oreille.
Je me recule.
Il s'avance.
Je lui souris.
Il me dévisage.
De sa main gauche il donne un coup de clochettes.
Il me sourit.
Je lui souris.
Toujours.
De sa main droite, il me tend un paquet de biscuits.
Je lui souris.
Il me sourit.
Son visage est marqué.
Par le soleil.
Par l'altitude.
Sa peau est mate.
Sa barbe blanche est fine, courte et peu dense.
Il avoisine les soixante dix ans.
Son regard est... transperçant.
Ding ding.
Font ses clochettes.
Et il part faire le tour de la cahute.
Je le regarde faire son rituel, avant d'aller rejoindre le bord de la montagne à quelques mètres et me poser avec vue sur l'ensemble du monastère.
Ding ding.
J'entends toujours les clochettes faire le tour de la cahute.
Et puis plus rien.
Ayant sorti mon matériel à dessin, je me retourne.
Mon Sage s'était arrêté.
Il me regardait.
Il me souriait.
Avec son biscuit dans la main droite.
Je lui ai souri.
Alors il s'est approché de moi.
S'est accroupi.
Et s'est assis.
A mes côtés.
Les pieds ballants dans le vide.
Aussi.
Il a le sourire de l'enfant.
Il a le regard du Sage.
Il a son biscuit dans une main.
Et maintenant mon lecteur MP3 dans l'autre.
Et c'est comme ça, qu'un jour d'octobre 2005, un Sage tibétain a découvert le Concerto pour clarinette de Mozart.
Ding ding.
Je suis resté tout l'après-midi là-haut. Sans crème, ma joue gauche s'en souvient encore.
Je suis resté avec lui.
Assis l'un à côté de l'autre, à contempler la vallée, dessiner ou grignoter pendant deux heures.
Et jamais, à aucun moment, nous n'avons parlé.
Je lui montrais mes carnets et dessins, il me montrait ses livres de prières.
Je lui faisais écouter ma musique, il me partageais ses biscuits secs aussi durs que du pain congelé.
Je lui souriais, il me souriait.
Il me souriait, je lui souriais.
Je me souviens.
Il était beau.
Et je l'avais devant moi.
Lui.
Le fameux Sage tibétain aux rides finement taillées par le travail de la méditation.
Alors forcément.
Je n'ai jamais osé le prendre en photo.
Pas eu envie d'enfermer dans une boîte ce moment si particulier. Fort.
Et je l'ai toujours en tête.
Je le revois me proposer ses biscuits.
Je le revois s'émerveiller devant les écouteurs de mon MP3.
Je le revois me montrer ses clochettes et ses livres de prières.
Je le vois sourire.
Toujours.
Et bien souvent après, j'ai pensé à lui.
Et encore bien après, je pense à lui.
Et encore plus aujourd'hui.
21:58 Publié dans du voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tibet, samye
25 mars 2008
Mon Iran en 4'56
08:28 Publié dans de la vidéo | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : iran teheran esfahan shiraz video
11 mars 2008
Stannar
On pourrait imaginer.
On pourrait imaginer partir un week-end dans le froid.
On pourrait imaginer partir un week-end en Suède.
On pourrait imaginer partir un week-end à Stockholm.
Ou à Göteborg.
Oui, Göteborg par exemple. C'est moins courant.
Sauf celui de l'air, qui la caractériserait.
Göteborg, dans les courants d'air.
On pourrait imaginer être paumé.
Ou pas.
En arrivant, cherchant directement son auberge de jeunesse.
Hop, sac posé, contraintes terminées, en route pour la découverte.
Oui, ce serait très facile à imaginer.
On pourrait imaginer
Hurler de rire. A les entendre parler, avec leurs intonations made in Ikéa.
« Lé ektan astoglu stanna gune manda svek ».
S'étonner. A monter dans des tramways de l'ère stalinienne.
S'émerveiller. A contempler la beauté des suédoises qui, on imaginerait, ne serait pas un mythe.
S'amuser. A les regarder traverser une route sagement sur les passages piétons.
S'étonner encore. A constater que les suédois sont des personnes sages et calmes.
On pourrait imaginer.
Enormément de choses.
Déjà.
Un menu que notre regretté Gilot-Pétré aurait mieux expliqué que moi.
Que la brume prenne l'apéro en inaugurant la journée, avant que le soleil et le ciel bleu ne se partagent le plat de résistance l'après-midi et que la pluie ne se goinfre seule du dessert de la nuit tombée.
Et tout ça, arrosé de rafales de vent.
On pourrait imaginer.
Qu'un éventail d'Isis tellement riche remette en doute les préceptes d'un inconditionnel de l'Italienne.
On les imaginerait grandes, élancées, sveltes, bi-colores assorties entre blondes et brunes, très fashions, au regard tendre du viking vaincu, à la bouche invitant à l'échange culturel et linguistique, aux courbes aussi harmonieuses que les collines du Perche ou qu'une dune saharienne, aux traits aussi fins qu'une carte faite au Rotring, et au calme aussi fort que mon envie de les fixer.
Soupir.
On pourrait imaginer.
Ces rues animées en journée, qui resteraient un vrai défilé d'élégance.
Animées, mais d'un calme organisé où aucun klaxon ne viendrait entacher la douce quiétude environnante.
Où les gens seraient beaux. Tous.
Ne laissant aucune chance à celui qui aurait malgré lui un nez, un oeil, une bouche de travers.
Là bas, on n'imaginerait pas la pauvreté.
Elle ne se montrerait pas.
Car elle existerait bien.
Mais ces rues, elles me rappelleraient le désert en soirée.
En plus humide.
En moins chaleureux.
En moins étoilé.
On pourrait imaginer.
Sympathiser avec deux étudiants brésiliens en exil à Dublin qui seraient compagnons de ronflements.
Qui s'amuseraient d'être tombés sur un français leur parlant trois mots de portugais dont « lapin » et « navet ».
On pourrait les imaginer braver le souffle et la pluie un soir à la recherche d'un troquet perdu où se concentrerait un repaire de minettes suédoises sans matou à leurs bras.
Peut-être rentreraient-ils tard le soir, la tête qui tourne et criant le nom de fauteuils, de lampes, de coussins en langage Ikéa en essayant de passer inaperçus?
On pourrait imaginer.
Frauder dans un de ces mystérieux tramways staliniens.
Se faire remarquer en étant le seul à se balader avec un parapluie.
Refuser de donner des cigarettes en prétextant ne pas parler suédois. Tiens, bonne idée ça, à noter pour Paris, ça pourrait servir. Décidé: vais me mettre au suédois(e).
Se poser pendant une heure dans la gare à observer ces géants arriver. Partir.
Aller au musée des Beaux-Arts de Göteborg et ne rien comprendre aux explications de l'expo temporaire.
S'arrêter devant un restaurant français proposant des « spaghettis polonaises ».
Manger des salades qui n'ont aucun goût.
Ecrire.
On pourrait imaginer.
On pourrait imaginer prendre son café le dimanche matin, devant une pluie diluvienne, dans un « petit café » offrant des pâtisseries qui n'auraient rien à envier à nos pâtisseries de campagne.
Regardant la pluie tomber, au chaud, oeil espionnant la rue si vide, connecté au wifi de « Solberg23 », se disant vraiment que la technologie a du bon.
Et puis.
On pourrait imaginer que tout à l'heure, on serait catapulté dans un des berceaux du monde.
Tant attendu.
Je crois que je rêve trop.
En fait.
Mais j'adoooooooore.
00:08 Publié dans du voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : goteborg, suede, iran
05 mars 2008
Eux
Lui.
Je l’avais croisé il y a plus d’une année.
Pas très loin.
Au carrefour de la station Duroc.
Je me souviens.
Les velibs n’existaient pas encore.
Les troquets étaient toujours enfumés.
Il faisait beau.
Le merveilleux mois d’avril pouvait laisser présager un été où les adeptes des peaux caramélisées seraient excités comme des enfants devant un flanby.
Je me souviens.
Lui.
Il est venu vers moi.
Il était d’origine asiatique.
Cet homme d’une soixantaine d’année, déguisé d’un imperméable sombre qui cachait son costume du dimanche.
Cet homme qui arborait fièrement ses médailles de guerre sur son imperméable.
Lui.
Il m’avait abordé directement sur le trottoir.
Et commençait à me parler d’Indochine.
Et à me questionner sur le Vietnam.
A moi.
Géographe.
J’ai rebondi.
Eux.
Au même moment, un couple bras dessus bras dessous, passait devant nous et me fit en se retournant :
« Ne l’écoutez pas, il ne raconte que des histoires ».
Moi.
Dubitatif.
Devais-je les croire ?
Les velibs n’existaient pas encore, j’avais mon temps.
Il faisait le fier avec ses médailles.
Mais ces yeux n’avaient rien de fiers.
Alors je l’ai écouté.
Lui.
Il m’a raconté son histoire.
Ses combats.
Là bas, au temps de la guerre.
Ici, face à l’administration française.
Son exil.
Sa famille.
Son amour pour le Vietnam.
Son amour pour la France.
Lui.
Et moi.
Vingt bonnes minutes.
Oui, j’ai l’oreille facile.
Trop, sans doute.
M’en fiche. J’avais mes malabars dans la poche.
Mais alors.
Pourquoi se faire perdre vingt minutes pour au final demander dix euros pour aller à Roissy et accueillir sa famille arrivant de Saïgon - car dans sa mémoire, Ho Chi Minh Ville reste Saïgon –
Pourquoi prendre le temps de raconter toute cette histoire.
Parce que je l’écoute ?
Mais alors, dans l’histoire, quel est le plus dangereux ?
Lui, qui va perdre vingt minutes à ressasser son histoire et essayer de m’entourlouper?
Ou bien moi, qui vais lui prendre ses vingt minutes à l’écouter et au final ne lui proposer qu’un malabar avec un super héros en guise de tatouage?
Lui.
Durant ces vingt minutes, il m’a fait avancer.
Il m’a raconté une jolie histoire.
Moi, durant ces vingt minutes, je ne l’ai pas fait avancer.
Il n’a pas eu ses euros.
C’est surtout six mois plus tard qu’il m’a fait avancer.
Lui.
Quand il m’a recroisé.
Au même endroit.
Sous un ciel plus couvert.
Apprendre à dire non.
Je me souviens.
De la même manière.
La même histoire.
Que j’ai écourté, lui demandant s’il allait me demander dix euros pour aller accueillir sa famille à Roissy.
Il m’a regardé.
A marmonné, dans sa moustache jaunie.
Je lui ai répondu qu’il pouvait au moins changer son histoire.
Remplacer Roissy par Orly.
Non.
Aucune minute à lui consacrer.
Mon velib n’attendait pas.
C’est vraiment là que j’ai découvert.
Qu’il était atteint de schizophrénie laxative.
Et lui.
Ce midi, je l’ai recroisé sur le trottoir d’en face.
Devant le Chien qui Fume.
Galopant rue du Cherche Midi.
Le même.
La même moustache.
Le même imperméable.
Moi.
Je n’ai pas osé.
Lui demander s’il cherchait midi à quatorze heures racontait toujours la même histoire.
Il ne m’intéressait pas.
Plus.
Je l’avais bu.
Dorénavant, il m’était vide.
Et l’autre.
Ah oui, l’autre.
Il m’intéressait.
Beaucoup.
Enormément.
Je l’ai recroisé ce matin.
En revenant de l’ambassade d’Iran, visa en poche.
Ligne 6.
Au loin, j’ai reconnu sa voix.
Cette voix si singulière, que j’entendais chaque matin entre 2003 et 2005 sur la ligne 10.
Et que je n’entendais plus depuis.
J’étais heureux de l’entendre à nouveau.
Un clin d’œil.
Malgré un œil amoché.
L’autre.
Il m’a fait de la peine.
Car avant, comme tous, il demandait de l’argent. Oui.
Mais.
C’était un poète.
Il écrivait ses textes.
Aimait les jolis mots.
Les récitait avec envie.
Un peu comme lui.
Et les offrait.
« En échange d’une pièce, d’un ticket resto ou de métro, pour continuer à jouer avec les mots ».
Comme il disait.
J’aime sa voix.
Il est touchant.
Sauf que là.
Il n’avait pas de texte.
Plus.
J’étais déçu.
Embêté pour lui.
Alors pourquoi.
Alors pourquoi ne proposait-il plus de texte ?
Avait-il perdu sa plume ?
Son envie ?
Son inspiration ?
Ces années de galère l’ont-il touché davantage ?
Il n’est pas passé devant moi.
Il est sorti juste avant.
Là où je devais descendre.
Je suis allé le voir sur le quai.
Et lui ai demandé pourquoi il ne proposait plus de texte.
Et c’est là que je me suis rendu compte que notre imagination prend bien souvent le dessus.
Car il m’a répondu que la photocopieuse était en panne ce matin.
16:13 Publié dans du Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sdf, vietnam, textes, metro, duroc, velib
02 mars 2008
Virtuel
J'ai une théorie.
Simple.
J'en suis arrivé à me dire que 80% des célibataires d'Ile de France sont, ou ont au moins une fois été, inscrits sur un site de rencontres virtuelles.
Si si.
Alors on va les imaginer.
Elle et lui.
Qui traîneraient sur un site de rencontres bien connu.
Ils ont roulé leur bosse sur ce site.
Ils ont vécu des périodes olé olé ces deux petits coquins.
Chacun.
De leur côté.
Et ils en ont lu aussi.
Chacun.
De leur côté.
Elle, elle a eu des:
« Kikoo! »
« slt sa va? »
« pkoi ta pa dfoto? »
« T knon, tabite ou? C koi ton zerossiss?»
« ta l'R kool lol mdr ptdr lol //smiley »
« eh pr1cess, jte kif alor jte kiss la miss »
« G vé marché dan 1 parc tu vi1 ac moi? »
Et des romantiques à deux roubles:
« bonjour, par ta beauté tu apportes à la femme ce que Michelange a apporté à la Renaissance ».
« j'aimerai être une larme, pour naître dans tes yeux, vivre sur ta joue et mourir sur tes lèvres ».
« ton père est un voleur, il a volé les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux ».
Et puis des gigolos comme:
« salut, j'ai la dernière Renault Fuego, et deux places pour aller voir Roland Magdane en concert à la Sauvette. Après, si ça te dit, on se commande une pizza et on joue avec ton olive vite fait dans la cuisine ».
« t'es passée sur ma fiche, mais pourquoi t'as pas flashé? t'es relou, tu fais baisser mes stats ».
« t'as pas de photo, t'es peut-être une grosse laide, mais si tu me mîmes un SuperVixen, peut y avoir moyen de moyenner ».
Parfois des touchants:
« bonjour, je vis seul avec Skippy mon petit caniche, ma jambe de bois me fait de plus en plus mal et je perds la vue depuis qu'on m'a transplanté un oeil de verre. Tu veux parler un peu? Je ne mords pas (oui, j'ai arrêté depuis mon accident de mobylette qui m'a détruit le maxilaire inférieur)».
Rarement des paumés:
« c'est toi la nana qui vend des canevas de petits chiens sur ebay? Ma femme les collectionne (oooops non non, j'ai rien dit hein, je n'ai pas de femme...)»
Souvent des lourds:
« Hey, webcam hot sur msn? moi cé kiki_choduku69@hotmail.com ».
« bonsoir, belle demoiselle, ma femme et moi (ainsi que nos 9 colocataires hommes) sommes friands de plaisirs sensuels et charnels tout en douceur bien sûr. Tu es partante, j'ai vu que tu avais des yeux de coquine ? tu veux mon zero six?».
« T'es en Ile de France? Cool, on est voisins. On peut se retrouver au 4eme sous-sol du parking de Velizy2 à 23h45, on sera tranquille, je ramène les légumes ».
Bref.
Quant à lui, en général, ça restait assez soft.
En dehors d'une ou deux « rche_planQ123 » ou « brigitteM_leSex69 », riche femme au demeurant du haut de ses 57 ans et de son sixième arrondissement qui proposait une suite au Lutétia. On est classe ou on ne l'est pas.
Merci Brigitte, mais lui, ça ne l'intéressait pas.
Il a bien croisé de nombreuses « princess754 » et autres « keSeréje100toi » restées bloquées avec leur zapette et leur DVD devant « la belle au bois dormant ».
Son jeu favori: compter les annonces avec les « blablabla? alors passe ton chemin »
« Passe ton chemin ».
« Passe ton chemin ».
« Passe ton chemin ».
« Passe ton chemin ».
Ca résonnait.
Au point qu'il en rêvait la nuit.
« Passe ton chemin ».
Ah, il en a fait de la route!
Mais il s'en fiche.
Il savait que tous le mèneraient à Rome.
Elle et lui, ils en ont rencontré du monde! Les bougres!
Mais voilà.
Un soir, leurs clics se croiseraient.
«
- Ooops mince! Il va voir que j'ai visité son profil hihihi
- Tiens tiens... plutot pas mal celle-ci, voyons voir
- Hihihi, ça y est, il me visite
- Hum, intello en plus. Bon, une imperfection sur le menton mais une jolie poitrine quand même.
- Ben alors? il me « chatte » pas ce con? Pfff, encore un branleur qui pète plus haut que son cul. Et puis m'en fiche d'abord, y'a « regisfromparis75 » qui vient de m'envoyer un flash. Non mais!
- Laissons-la venir, voir si elle aurait une accroche intello et rigolote en plus de faire 1m79, 62kg, « très agréable à regarder », ce qu'elle a de plus attrirant: « ses fesses »»
Et elle retourne le voir.
Et lui aussi.
Affreusement attiré par sa poitrine.
Et elle ne cède pas.
Et lui non plus.
Sauf que.
Blasée de « regisfromparis75 » et ses "kikoo, j't'emmène dans ma twingo?", elle craquera la première.
Oui, c'est comme ça.
Point barre.
C'est elle, c'est elle.
Et on ne discute pas.
Non mais.
Et l'histoire commencerait.
Autour de compets de malabars dans le métro.
De batailles de farine et de chocolat Poulain en poudre dans la cuisine encore meurtrie par ça.
De pirouettes sous la couette.
De nutella sur le nez.
De records de feux rouges grillés en velib.
Et de polochons troués.
Et puis, au bout de trois semaines, le tournant.
Les deux compétiteurs, friands de blagues carambars, devraient passer l'étape supérieure.
La fameuse étape de confrontation des amis respectifs.
Aïe.
Ouille.
Car nos deux compères n'assument pas.
De s'être rencontrés virtuellement.
Ils auraient préféré se rencontrer lors d'une merguez ou d'une chipo Party, d'un barbecue géant où paëlla et saucisses de Morteau seraient à volonté, dans le jardin d'un manoir des Yvelines.
Sur fond de soleil couchant, les yeux dans les braises.
Echangeant leurs merguez.
S'enivrant de Banga et autre Riqulès.
La suite coulerait de source.
Ils devraient de nouveau se rencontrer.
Mais « pour de vrai » cette fois-ci.
Alors ils auraient une idée.
Alors il feraient un pacte et décideraient d'un commun accord, afin de pimenter, de n'accepter de se revoir qu'à la seule condition et soumission du hasard.
Ils ne se reverraient pas, tant que l'un et l'autre ne se seraient pas re-croisés aléatoirement dans le métro.
Les règles du jeu seraient simples:
Chaque soir, tour à tour, ils sélectionneraient une ligne de métro.
L'un indiquerait à l'autre dans quel sens il prendrait cette ligne.
Mais sans révéler à l'autre le nom de la station où le premier monterait.
Ni même la position dans la rame.
Se retrouver par le seul fruit du hasard.
Le jeu pourrait durer longtemps.
Très longtemps.
Interdiction de se revoir.
Tant qu'ils ne se seraient pas re-croisés.
Excitation.
Et puis, arriverait le moment où ils se retrouveraient.
Face à face.
Sans rien dire.
Imaginons.
Ce serait ligne 12.
Station Rennes.
Elle, installée sur un strapontin.
A côté, une personne assise et deux autres debout.
En face, une femme noyée dans son super Sudoku d’argent.
Excellent.
Parfait.
Station Sèvres-Babylone.
Il monte.
Il aperçoit de loin sa veste mauve Winnie l'Ourson d'hiver.
Il la reconnaît.
De dos.
Sa choucroute barrette sur les cheveux.
Il avance dans la voiture et s’installe sur le strapontin, face à elle.
En face en diagonale, une personne assise, deux debout.
A côté, une femme perdue dans des mots mêlés. Non, c’est un Sudoku plutôt.
Excellent. Parfait.
Scène posée.
Ca peut commencer.
On dirait qu’ils ne se connaissaient pas.
Toujours pas.
Station Rue du Bac.
Il sort son carnet magique.
Ecrit une ligne.
Miss Sudoku le remarque.
Il range son stylo dans le carnet magique.
Il referme le carnet magique.
Et il lui tend son carnet magique enstyloté.
Etonnée, amusée, elle attrape le carnet magique.
Ouvre la page.
Elle rit.
Miss Sudoku épie.
Miss Sudoku est désormais paumée dans son calcul.
Elle prend le stylo, écrit sur la page du carnet magique.
Premier monsieur debout la regarde sourire et écrire.
Miss Sudoku le regarde, lui, discrètement de côté. Et puis elle, en train d'écrire sur le carnet.
Solférino.
Elle lui tend le carnet magique.
Il attrape le carnet magique.
Il ouvre le carnet magique.
Il sourit.
Il contrôle bien son rire.
Miss Sudoku veut lire. Non. Ce n’est pas bien. Calcule plutôt toi. Grande curieuse va.
Premier monsieur debout chuchote à deuxième monsieur debout.
Deuxième monsieur debout le regarde écrire dans le carnet magique.
Miss Sudoku, premier et deuxième monsieur debout se mettent à sourire.
Tous les trois, les yeux tournés vers le carnet magique.
Ils assistent à une scène improbable ils pensent.
Mais ils aiment.
Il lui re-tend le carnet magique.
Souriante Tonygencyl, elle s’empare du carnet magique.
Assemblée Nationale.
Elle rigole. Un petit cri. Maîtrisé. Tout juste.
Main devant la bouche.
Yeux en amande. Elle rougit.
Elle relit et s’esclaffe.
Elle cherche sa respiration.
Elle rit encore de plus belle.
Il rit.
Ils rient.
Tous.
C'est gagné.
Allez. Zou.
Concorde.
Ils sortent, et ensemble cette fois-ci.
Amusés.
Yeux en croissant de lune.
Ils courent sur le quai.
Premier et deuxième monsieur debout les regardent sortir et courir avec de grands yeux.
Miss Sudoku en laisse tomber son super Sudoku d’argent.
Ils ont compris.
Qu'ils se connaissaient.
Quant à eux, ils se sont rencontrés.
De nouveau.
Réussi.
20:06 Publié dans du métro | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rencontres, metro, meetic
29 février 2008
Avant-première
Débandade.
Falguière. 9h11.
Première fois que je posais pour une photo dans le métro.
Pourtant, l’œil gauche disait merde à l’autre.
Par chance, le col de chemise était repassé.
Seulement le col, le pull cache le reste.
Pourtant me suis pris une rafale de vent en entrant.
Cheveu Jackson Five.
Mais elle a insisté.
J’ai obtempéré.
Docile.
Et elle va me suivre en plus.
La photo.
Mais c’est l’idéal pour un procrastineur :
Le personnel RATP se charge de proposer le pass NAVIGO pour ceux ne l’ayant pas encore en ce moment dans les stations.
Bref.
Falguière. 9h14.
L’Ipod n’a plus de batterie.
La rame arrive.
J’entre.
Et là, c’est l’avant-première.
Je monte avec un étalon.
Serrés comme des poules.
Une odeur de fauve.
Une jolie grande girafe à la peau tachetée.
Un quinqua avec des lunettes aux yeux de veau.
Une biche à la coiffure digne d’un concours de choucroute.
Un gros cochon terminant son pain au chocolat.
Un rapace le regardant manger avec envie.
Une vieille chèvre en train de bêler après un éléphant lui ayant marché sur le pied.
Une grosse vache avec trois centimètres de maquillage sur la peau.
Le roumain poids plume qui a réussi à se trouver une place et multipliant les canards avec son violon.
Le pigeon qui s’est fait piquer sa place par la vieille chouette.
Pasteur. 9h16.
Des bœufs montent.
Un renard qui élabore les meilleures stratégies pour son super méga Sodoku d’or. Seize cases. Attention. Il ne rigole pas le garenne.
Pas de Reese aux yeux de truites. Zut par contre.
Deux jeunes ânes jean slim révisant leurs identités remarquables.
Une marmotte aux yeux collés cachée sous son écharpe.
Une grande jument très élégante que le pigeon observe furtivement.
Une autruche hautaine qui domine tout le monde, au gloss insolent.
Une petite caille toute mignonne avec ses couettes, cachée derrière la girafe. Que le pigeon observe furtivement aussi. Ce pigeon a de vrais yeux de chat.
Un agnelet se met à crier.
Une génisse lit un « Prions ensemble ». C’est connu, les génisses ont la foi.
Un taureau encostardé aux belles cornes. Je lui conseille de surveiller sa femme.
Volontaires. 9h18.
Un bélier entre en force.
Une grosse truie pousse tout le monde pour sortir.
L’autruche bousculée est loutrée. Outrée pardon.
Un dératé court comme un lièvre pour attraper la rame.
Maître hibou, professeur de chimie, prépare ses cours.
Au fond, un dandy qui s’expose comme un paon, armé de son blackberry.
Le lapin, toujours aussi stoïque : « Attention! Ne mets pas tes mains sur la porte, tu risques de te faire pincer très fort ! ».
Deux bergers allemands se remémorent leurs anecdotes de la dernière fête de la bière à Münich.
Trois pies qui jacassent à propos d’un étrange oiseau.
Un coq, à l’oreille bien sale, les écoute.
Les vers, non, verres, pardon, du quinqua aux yeux de veau se méfient du coq.
Un chauve sourit.
Une jolie minette lovée se blottit dans les bras de son matou.
Vaugirard. 9h20.
Je fuis.
Ce matin, le salon de l’agriculture était en avant-première dans le métro.
21:01 Publié dans du métro | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : salon agriculture, fauves, metro, poule, girafe, veau, biche
27 février 2008
A l'affût
Encore plus en hiver quand le soleil se montre généreux.
Alors les gens sortent, nous sortons, je sors.
Là, c’était au jardin du Luxembourg.
Oui.
Histoire de changer…
Et la chasse est ouverte.
Pas celle que vous croyez.
La chasse à la chaise perdue est ouverte.
Seul, c’est plus facile.
Du pur pourcentage.
A deux, ça se complique.
A trois, ça commence tâche ardue.
A quatre, mieux vaut rester chez soi à regarder Drucker et son « Vivement dimanche » avec Bernard Menez en guest star et éventuellement penser à ne sortir que son clébard pendant Stade 2.
Alors seul, je cherche tout de même la place de choix, ne nous bradons pas.
On est exigeant avec soi-même ou on ne l’est pas.
Ce n’est qu’une fois installé que le spectacle peut commencer.
Ce n’est qu’une fois installé que les acteurs entrent en scène.
Ils sont à l’affût.
Certains stationnent bien dix minutes, assis sur le rebord de la marre.
Celle où les enfants s’amusent à jouer les Kersauson et autres Joyon.
Ils observent.
Guettent.
Se lèvent et se rassoient.
Car n’ont pas été assez rapides.
D’autres stationnent debout.
Un peu comme à la cantoch, quand on n’a pas de place.
Ils pressent ceux déjà installés en fin de dégustation de leur flan pour leur montrer qu’ils attendent.
Ici, c’est la même chose.
Et bien souvent, les Echos, l















